(12 août 1793)
Les Assemblées primaires envoyèrent à la Convention nationale une
pétition que celle-ci accueillit dans sa séance du 12 août.
L'arrestation des suspects y était demandée sur tout le territoire de
la République. Danton appuya la demande et proposa, en outre, de
conférer aux commissaires des assemblées primaires le droit de mettre
en réquisition 400.000 hommes contre les ennemis du Nord.
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Les députés des assemblées primaires viennent d'exercer parmi nous
l'initiative de la terreur contre les ennemis de l'intérieur.
Répondons à leurs voeux; non, pas d'amnistie à aucun traître. L'homme
juste ne fait point de grâce au méchant. Signalons la vengeance
populaire par le glaive de la loi sur les conspirateurs de
l'intérieur; mais sachons donc mettre à profit cette mémorable
journée. On vous a dit qu'il fallait se lever en masse; oui, sans
doute, mais il faut que ce soit avec ordre.
C'est une belle idée que celle que Barère vient de nous donner, quand
il vous a dit que les commissaires des assemblées primaires devaient
être des espèces de représentants du peuple, chargés d'exciter
l'énergie des citoyens pour la défense de la constitution. Si chacun
d'eux pousse à l'ennemi vingt hommes armés, et ils doivent être à peu
près huit mille commissaires, la patrie est sauvée. Je demande qu'on
les investisse de la qualité nécessaire pour faire cet appel au
peuple; que, de concert avec les autorités constituées et les bons
citoyens, ils soient chargés de faire l'inventaire des grains, des
armes, la réquisition des hommes, et que le Comité de salut public
dirige ce sublime mouvement. C'est à coups de canon qu'il faut
signifier la constitution à nos ennemis. J'ai bien remarqué l'énergie
des hommes que les sections nationales nous ont envoyés, j'ai la
conviction qu'ils vont tous jurer de donner, en retournant dans leurs
foyers, cette impulsion à leurs concitoyens.
Je demande donc qu'on mette en état d'arrestation tous les hommes
vraiment suspects; mais que cette mesure s'exécute avec plus
d'intelligence que jusqu'à présent, où, au lien de saisir les grands
scélérats, les vrais conspirateurs, on a arrêté des hommes plus
qu'insignifiants. Ne demandez pas qu'on les mène à l'ennemi, ils
seraient dans nos armées plus dangereux qu'utiles. Enfermons-les, ils
seront nos otages. Je demande que la Convention nationale, qui doit
être maintenant pénétrée de toute sa dignité, car elle vient d'être
revêtue de toute la force nationale, je demande qu'elle décrète
qu'elle investit les commissaires des assemblées primaires du droit de
dresser l'état des armes, des subsistances, des munitions, et de
mettre en réquisition 400.000 hommes contre nos ennemis du Nord.