(5 avril 1793)
Sur la proposition de Lacroix (de l'Eure) la Convention décida, dans
sa séance du vendredi 5 avril, de ne plus admettre aucun ci-devant
privilégié, soit comme officier, soit comme volontaire, dans les
armées révolutionnaires. Danton demanda la création d'une garde
nationale payée par la nation, comme suite logique du précédent
décret. A cette proposition il ajouta celle de l'abaissement du prix
du pain. "Ces deux propositions, dit le Moniteur (n° 99), sont
adoptées au milieu des applaudissements de toute l'Assemblée."
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Le décret que vous venez de rendre annoncera à la nation et à
l'univers entier quel est le grand moyen d'éterniser la République;
c'est d'appeler le peuple à sa défense. Vous allez avoir une armée de
sans-culottes; mais ce n'est pas assez; il faut que, tandis que vous
irez combattre les ennemis de l'extérieur, les aristocrates de
l'intérieur soient mis sous la pique des sans-culottes. Je demande
qu'il soit créé une garde du peuple qui sera salariée par la nation.
Nous serons bien défendus, quand nous le serons par les sans-culottes.
J'ai une autre proposition à faire; il faut que dans toute la France
le prix du pain soit dans une juste proportion avec le salaire du
pauvre: ce qui excédera sera payé par le riche (_On applaudit_). Par
ce seul décret, vous assurerez au peuple et son existence et sa
dignité; vous l'attacherez à la révolution; vous acquerrez son estime
et son amour. Il dira: nos représentants nous ont donné du pain; ils
ont plus fait qu'aucun de nos anciens rois. Je demande que vous
mettiez aux voix les deux propositions que j'ai faites, et qu'elles
soient renvoyées au Comité pour vous en présenter la rédaction.