(3 avril 1793)
Dans la séance permanente de la Convention, commencée le mercredi 3
avril, au matin, Isnard proposa, au nom du Comité de défense générale,
la création d'un nouveau comité d'exécution composé de neuf membres
chargés de remplir les fonctions qui étaient attribuées au Conseil
exécutif, et de prendre toutes les mesures de défense générale que
pouvaient nécessiter les circonstances. Danton, tout en adoptant le
principe, en fit renvoyer le projet de décret au lendemain. Dans sa
séance du vendredi 5 avril, la Convention élut les neuf membres de ce
premier Comité de Salut public: Barère, Delmas, Bréard, Cambon, Jean
Debry, Danton, Guyton, Treilhard, Lacroix (_Moniteur_, no. 98).
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Je demande aussi la parole pour une motion d'ordre.
Quelle qu'ait été la divergence des opinions, il n'en est pas moins
vrai que la majorité de la Convention veut la République. Nous voulons
repousser et anéantir la conjuration des rois; nous sentons que telle
est la nature des circonstances, telle est la grandeur du péril qui
nous menace, qu'il nous faut un développement extraordinaire de forces
et de mesures de salut public; nous cherchons à établir une agence
funeste pour les rois; nous sentons que, pour créer des armées,
trouver de nouveaux chefs, il faut un pouvoir nouveau toujours dans la
main de la Convention, et qu'elle puisse anéantir à volonté; mais je
pense que ce plan doit être médité, approfondi. Je crois qu'une
République, tout en proscrivant les dictateurs et les triumvirs, n'en
a pas moins le pouvoir et même le devoir de créer une autorité
terrible. Telle est la violence de la tempête qui agite le vaisseau de
l'État, qu'il est impossible pour le sauver, d'agir avec les seuls
principes de l'art. Écartons toute idée d'usurpation. Eh! qui donc
pourrait être usurpateur? Vous voyez que cet homme qui avait remporté
quelques victoires va appeler contre lui toutes les forces des
Français. Déjà le département où il est né demande sa tête.
Rapprochons-nous, rapprochons-nous fraternellement; il y va du salut
de tous. Si la conjuration triomphe, elle proscrira tout ce qui aura
porté le nom de patriote, quelles qu'ai en été les nuances. Je demande
le renvoi du projet de décret, et l'ajournement à demain.