(28 août 1792)
Dans la séance du 28 août de la Législative, Danton, ministre de la
Justice, monta à la tribune pour exposer les mesures révolutionnaires
qu'il semblait important de prendre. Merlin (de Thionville) convertit
la proposition en motion que la Législative vota et qui, le lendemain,
fut mise à exécution. Les barrières furent fermées à 2 heures, et les
visites domiciliaires durèrent jusqu'à l'aube.
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Le pouvoir exécutif provisoire m'a chargé d'entretenir l'Assemblée
nationale des mesures qu'il a prises pour le salut de l'Empire. Je
motiverai ces mesures en ministre du peuple, en ministre
révolutionnaire. L'ennemi menace le royaume, mais l'ennemi n'a pris
que Longwy. Si les commissaires de l'Assemblée n'avaient pas contrarié
par erreur les opérations du pouvoir exécutif, déjà l'armée remise à
Kellermann se serait concertée avec celle de Dumouriez. Vous voyez que
nos dangers sont exagérés.
Il faut que l'armée se montré digne de la nation. C'est par une
convulsion que nous avons renversé le despotisme; c'est par une grande
convulsion nationale que nous ferons rétrograder les despotes.
Jusqu'ici nous n'avons fait que la guerre simulée de Lafayette, il
faut faire une guerre plus terrible. Il est temps de dire an peuple
qu'il doit se précipiter en masse sur les ennemis.
Telle est notre situation que tout ce qui peut matériellement servir a
notre salut doit y concourir. Le pouvoir exécutif va nommer des
commissaires pour aller exercer dans les départements l'influence de
l'opinion. Il a pensé que vous deviez en nommer aussi pour les
accompagner, afin que la réunion des représentants des deux pouvoirs
produise un effet plus salutaire et plus prompt.
Nous vous proposons de déclarer que chaque municipalité sera autorisée
à prendre l'élite des hommes bien équipés qu'elle possède. On a
jusqu'à ce moment fermé les portes de la capitale et on a eu raison;
il était important de se saisir des traîtres; mais, y en eût-il 30.000
à arrêter, il faut qu'ils soient arrêtés demain, et que demain Paris
communique avec la France entière. Nous demandons que vous nous
autorisiez à faire faire des visites domiciliaires.
Il doit y avoir dans Paris 80.000 fusils en état. Eh bien! il faut que
ceux qui sont armés volent aux frontières. Comment les peuples qui ont
conquis la liberté l'ont-ils conservée? Ils ont volé à l'ennemi, ils
ne l'ont point attendu. Que dirait la France, si Paris dans la stupeur
attendait l'arrivée des ennemis? Le peuple français a voulu être
libre; il le sera. Bientôt des forces nombreuses seront rendues ici.
On mettra a la disposition des municipalités tout ce qui sera
nécessaire, en prenant l'engagement d'indemniser les possesseurs. Tout
appartient à la patrie, quand la patrie est en danger.