A l’extrême Nord, les Allemands résistent toujours à leur frontière,
sur le chemin de fer de Pétrograd; dans la région lacustre de la
Mazurie, ils défendent pas à pas les passages entre les lacs, mais
sont refoulés par l’armée russe qui a pris Lyck.
En Pologne, les Allemands s’étaient portés avec une extrême rapidité
dans la direction de Varsovie et d’Ivangorod, dans l’espoir d’enlever
ces deux forteresses par une attaque brusquée et de franchir le
fleuve.
Les Russes ne se sont pas opposés à la marche de l’ennemi; ils
attendaient celui-ci aux abords du grand cours d’eau. Ils ont répondu
à l’attaque par une vigoureuse contre-offensive. Dès le 13, les
attaques contre les deux villes ont été victorieusement repoussées;
les Austro-Allemands éprouvèrent des pertes terribles. Depuis lors,
ayant subi sous Varsovie et dans la région de la Piliza――voir la carte
de _L’Illustration_ du 17 octobre――de graves échecs, ils battent en
retraite, à travers un pays hostile, abandonnant convois et canons,
laissant des fuyards dans tous les bois.
La lutte se poursuit en amont de la Vistule jusqu’au confluent du San,
rivière que les Autrichiens reformés tentent en vain de franchir, dans
l’espoir qu’un succès aiderait à la levée du siège de Przemysl, mais
ils n’ont pu arrêter les progrès des Russes devant cette grande place
dont les forts tombent un à un.