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C'est ainsi, selon nous, qu'aurait parlé le sage et profond patriote

italien Machiavel, si son esprit avait pu être évoqué dans un comice

italien, la veille des annexions de Gênes, de Milan, de la

Lombardie, des Romagnes, de Florence, de la Toscane, de la Sicile,

et bientôt de Rome et de Naples! Si l'on en doute, qu'on relise

Machiavel, comme je viens de le relire: on retrouvera partout en

lui cette pensée de l'inviolabilité des groupes nationaux qui

composent l'Italie, et de l'équilibre entre ces nationalités reliées

par le lien fédératif; c'est l'homme de la _ligue italique_.

Machiavel, comme Montesquieu, voyait de loin et voyait juste. Si

l'Italie l'avait écouté, elle serait libre; si elle ne l'est pas,

que la responsabilité de ses réactions futures ne retombe pas sur la

France, qui a versé son sang pour les Italiens; mais que cette

responsabilité retombe sur le radicalisme d'annexion du cabinet de

Turin, et sur l'impulsion intéressée du cabinet de Londres, qui

pousse le Piémont aux abîmes, au lieu de guider, comme nous,

l'Italie à la régénération et à la liberté.

L'intervention de la France ne peut pas aboutir ainsi à une

agitation sanglante et stérile; la volonté de la France n'est pas un

de ces boulets à demi-portée qui font des victimes sur leur trajet

et qui n'arrivent pas au but. Le but, c'est la régénération de

l'Italie. La régénération de l'Italie est dans une confédération

italique sous l'alliance naturelle et éternelle de la France.

Italiens! que d'autres vous flattent et vous perdent. Le premier

hommage qu'on doit à un grand peuple, c'est la vérité. Vous êtes

dignes de l'entendre, vous êtes capables de l'accomplir!

Affranchissez-vous, ne vous aliénez pas; soyez libres, mais soyez

vous-mêmes! Votre nom est trop beau, n'en changez pas!

Cours familier de Littérature - Volume 09 · 第 214 / 215 题