XXV

Louis XIV, à son tour, fait bombarder Gênes, avec autant de cruauté

que d'injustice, pour avoir interdit la contrebande du sel par les

Français dans les ports. Quatorze mille bombes écrasent ou brûlent

la moitié des palais et des églises de la plus belle ville maritime

de l'Occident.

Sous le règne suivant, les Génois poursuivent la conquête pied à

pied de la Corse, et rendent enfin l'île à la France.

La révolution française, en débordant en Italie, attaque ou défend

tour à tour Gênes dans des siéges mémorables.

Les traités de Vienne, infidèles à leur plan général, qui était le

rétablissement des trônes et des États violés par Napoléon, excluent

la république de Gênes du droit public, et la donnent violemment au

roi de Sardaigne.

Gênes s'agite longtemps sous ce sceptre étranger et ne rentre dans

son repos que sous le canon des Piémontais. C'est, avec Venise, la

seule république italienne qui ait le droit de s'indigner contre ces

traités de 1815, traités qui rendent le trône aux princes de la

maison de Savoie, et qui, au nom de la légitimité des rois et des

peuples, confisquent au profit de cette maison de Savoie une

république illustre qu'ils n'ont pas même la peine de conquérir!

L'Italie s'affligera et la France se repentira d'avoir laissé

enlever ce peuple héroïque, ce port indépendant et cette marine

presque française à l'indépendance et à la politique. L'extinction

de la nationalité génoise sera un deuil pour l'Italie et un reproche

éternel à l'équité du congrès de Vienne.

Descendons au Piémont, jusque-là bien moins illustre, et surtout

bien moins italien que la république des Médicis, des Adorno, des

Frégose et des Doria.

Cours familier de Littérature - Volume 09 · 第 167 / 215 题