I
Après Machiavel, nous avons vu ce qu'était devenu le royaume de
Naples.
Après Machiavel, voyons d'un coup d'oeil le reste de l'Italie
jusqu'à nos jours.
Rome se présente la première: les papes, tantôt inspirés par le
génie de leur pontificat, tantôt égarés par une ambition mondaine et
en disproportion avec leur puissance italienne, tantôt asservis à la
pression armée de Naples, de l'Espagne, de l'Autriche, de Venise, de
la Toscane, de la France, continuent de régner à Rome: s'ils en sont
momentanément dépossédés, ils y reviennent après de courtes
éclipses. Rome les proscrit quelquefois et les rappelle toujours.
Cette capitale grande et vide de l'Italie antique se fait peur à
elle-même de sa grandeur et de sa viduité, quand elle cesse d'être
remplie par l'ombre sacrée d'une république ou d'une monarchie
universelle. Il faut, pour ne pas tomber en ruine, qu'elle soit la
capitale de quelque chose de grand; ce quelque chose, c'est la
papauté.