O dame de mes pensées, quand brilla le jour béni où la nature te
produisit, elle t'abandonna la clef des immenses trésors qu'elle
tient en réserve, tu y pris la grâce qui seule t'était octoyée,
pillant les beautés sans nombre qu'elle a en sa possession, tu te
les appropriais au point que, si fière qu'elle soit de son œuvre,
elle-même parfois en est étonnée. Quand à ta satisfaction tu fus
ainsi parée, pour compléter son œuvre, elle t'offrit encore cette
terre où nous sommes; tu n'en pris rien, mais en toi-même tu en
souris, te sentant bien suffisamment pourvue pour y être reine de
tous nos cœurs.