Parfois, las de me désespérer, Amour de quelque bien rafraîchit mon
mal, flatte en mon cœur demi-mort sa plaie languissante, nourrit
ma souffrance et lui fait reprendre haleine; alors je conçois
quelque vaine espérance. Mais, si tôt que ce dur tyran sent mon
espoir reprendre avec plus de force encore, pour l'étouffer, de cent
tourments il m'accable. En ce moment même, je le vois me blâmant
d'être à ma douleur rebelle: Vive, ô dieux, le mal qui me dévore!
vive à son gré mon tourment rigoureux! heureux, mille fois heureux
celui qui, sans relâche, est toujours malheureux.