O entre tes beautez, que ta constance est belle.
C'est ce cœur asseuré, ce courage constant,
C'est parmy tes vertus, ce que l'on prise tant:
Aussi qu'est-il plus beau, qu'vne amitié fidelle?
Or ne charge donc rien de ta sœur infidele,
De Vesere ta sœur: elle va s'escartant
Tousiours flotant mal seure en son cours inconstant.
Voy tu comme à leur gré les vens se ioüent d'elle?
Et ne te repens point pour droict de ton aisnage
D'auoir des-ia choisi la constance en partage.
Mesme race porta l'amitié souueraine
Des bons iumeaux, desquels l'vn à l'autre despart
Du ciel et de l'enfer la moitié de sa part,
Et l'amour diffamé de la trop belle Heleine.
X
Ie voy bien, ma Dourdouigne encore humble tu vas:
De te monstrer Gasconne en France, tu as honte.
Si du ruisseau de Sorgue, on fait ores grand conte,
Si a il bien esté quelquefois aussi bas.
Voys tu le petit Loir comme il haste le pas?
Comme des-ia parmy les plus grands il se conte?
Comme il marche hautain d'vne course plus prompte
Tout à costé du Mince, et il ne s'en plaint pas?
Un seul Oliuier d'Arne enté au bord de Loire,
Le faict courir plus braue et luy donne sa gloire.
Laisse, laisse moy faire. Et vn iour ma Dourdouigne,
Si ie deuine bien, on te cognoistra mieux:
Et Garonne, et le Rhone, et ces autres grands Dieux
En auront quelque enuie, et possible vergoigne.