Voici un peu plus de quatre ans qu'Ernest Reyer s'est éteint au
Lavandou, cette petite station maritime du Var, abritée du mistral dans
le golfe d'Hyères, où, sur ses vieux jours, le célèbre compositeur, ami
d'une studieuse retraite, avait coutume de prendre ses quartiers
d'hiver. L'idée devait tout naturellement venir à ses admirateurs, à ses
amis, de lui élever un monument dans ce joli coin de Provence qu'il
favorisait d'une prédilection particulière, et qui reste, désormais,
attaché, si l'on peut dire, à sa gloire.
Le soin de faire revivre dans le bronze la belle figure d'Ernest Reyer,
si fin d'esprit et de coeur sous ses dehors de militaire bourru, à la
rude moustache, a été confié au sculpteur Denys Puech, de l'Institut: il
a exprimé avec bonheur ce que cette mâle apparence cachait de naturelle
bonté. Le buste est placé sur un piédestal carré en pierre grise, qui
porte, au-dessus d'une lyre traversée d'une palme, une simple dédicace.
[Illustration: Le monument d'Ernest Reyer au Lavandou. _Phot. M. Bar._]
Situé dans un joli cadre de verdure, le monument, qu'on a bien voulu
dévoiler un instant pour permettre la photographie que nous en donnons,
est tout prêt à être inauguré: la cérémonie officielle a été fixée au 16
février.
Le 4e article illustré de L. Sabattier: «Un mois à Pékin», comprendra
quatre pages en couleurs et paraîtra dans le prochain numéro.
[Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous
ont pas été fournis.]