ROMAGNY, puis MAURICE VILLERS
ROMAGNY
Pauvre petite! Jamais je ne pourrai me séparer d'elle...
JULIA, à la cantonade
Oui, oui, Monsieur est seul.
ROMAGNY, se tournant vers la porte
Le voici.
VILLERS, entrant
Monsieur.
ROMAGNY, s'inclinant
Monsieur.
VILLERS
C'est à Monsieur Paul Romagny que j'ai l'honneur de parler.
ROMAGNY
A lui-même... Monsieur Mauriec Villers sans doute?
VILLERS
Oui, monsieur...
ROMAGNY, désignant un siège
Veuillez vous asseoir, je vous prie.
VILLERS
Merci. Vous avez reçu ma lettre?
ROMAGNY
Oui, ce matin... je vous attendais.
VILLERS
Alors, vous savez...
ROMAGNY
Quelle est votre intention? Parfaitement.
VILLERS
Je veux reprendre ma fille auprès de moi.
ROMAGNY
Vous me l'avez écrit, mais...
VILLERS
C'est mon plus vif désir.
ROMAGNY
J'ai cru le comprendre. Cependant, j'avoue que ce désir si vite exprimé
m'a un peu surpris.
VILLERS, simplement
Pourquoi? C'est tout naturel que je reprenne ma fille puisque sa mère
est morte...
Je dois même m'excuser auprès de vous d'avoir attendu jusqu'à ce jour
pour régler la situation... J'étais loin, il y a trois mois... en
Egypte. Je n'ai appris la mort de madame Romagny que six semaines après
l'événement. Je me suis mis en route aussitôt et me voici... Je suis à
Paris depuis deux jours seulement. Pardonnez-moi donc ce retard
absolument involontaire.
ROMAGNY
Oh, monsieur!
VILLERS
Vous aviez peut-être pensé que je me désintéressais du sort de Lucienne?
ROMAGNY
Je n'ai pas supposé un instant...
VILLERS
Le doute était possible. Mon silence, mon absence permettaient toutes
les suppositions... Enfin me voici! Il me reste à vous remercier
d'avoir bien voulu garder ma fille jusqu'à ce jour.
ROMAGNY
Ne me remerciez pas! Je considère Lucienne comme ma propre fille. Ici,
auprès de moi, elle est chez elle, et elle peut y rester aussi
longtemps qu'il lui plaira.
VILLERS, un peu embarrassé
Je suis vivement touché, monsieur...
ROMAGNY, un temps. Changeant de ton
Ainsi vous comptez la reprendre? Votre intention est bien arrêtée.
VILLERS
Sans doute... C'est tout indiqué! Tant que la mère a vécu, par
délicatesse, pour racheter quelques-uns des torts que j'ai eus
vis-à-vis d'elle, j'ai pu accepter de vivre complètement séparé de mon
enfant. Mais à présent, rien ne s'oppose plus à ce que je goûte enfin,
aux joies de la paternité.
ROMAGNY
Je comprends vos sentiments. Pourtant, avez-vous réfléchi aux
difficultés que votre décision allait soulever?
VILLERS, surpris
Quelles difficultés?
ROMAGNY
Lucienne ne vous connaît pas.
VILLERS
Elle apprendra à me connaître et j'espère à m'aimer.
ROMAGNY
A son âge, un nouveau visage...
VILLERS
Elle n'est plus une enfant: elle prend seize ans aujourd'hui.
(Gaiement). Je ne pense pas qu'elle voit en moi un croquemitaine
disposé à la dévorer.
ROMAGNY, hochant la tête
Elle a ses habitudes: ce changement va bouleverser sa vie.
VILLERS, un peu étonné
Mon Dieu, je ne vois pas. Elle va être comme tous les enfants élevés
loin de leurs parents. A un certain âge, on les retire de pension. Je
n'ai jamais entendu dire qu'aucun d'eux ait souffert de ce changement
d'habitudes.
ROMAGNY, arpentant la scène
Ce n'est pas tout à fait la même chose. Il ne s'agit pas pour elle de
quitter une pension étroite où l'on étouffe entre les murs... C'est le
foyer où elle a été élevée, où elle a grandi, c'est la vie large et
facile qu'elle y a trouvée, qu'il lui faudra abandonner...
Pardonnez-moi d'entrer dans ces détails, mais vous devez comprendre...
le bonheur de Lucienne m'oblige à toucher certaines questions...
VILLERS
N'insistez pas, j'ai compris! Vous voulez parler de ma situation
modeste relativement à la vôtre.
ROMAGNY
Justement.
VILLERS
Je n'ai jamais fait l'injure à ma fille de croire qu'elle pouvait
rougir de se trouver chez son père dans une position plus précaire que
celle où elle a vécu jusqu'ici.
ROMAGNY, vivement
Vous m'avez mal compris. Loin de moi, l'idée d'une pareille
insinuation. Lucienne est trop droite, trop bonne et trop fière pour
ressentir un sentiment aussi bas.
VILLERS
Je l'espère bien.
ROMAGNY
En évoquant ce sujet, c'était à vous, à vos sentiments paternels que je
faisais appel... Avant votre propre satisfaction, vous cherchez surtout
le bonheur de votre fille?
VILLERS
Sans doute.
ROMAGNY
Or, la richesse ne le donne pas toujours mais elle est tout au moins un
puissant auxiliaire.
VILLERS
Ce qui veut dire?
ROMAGNY, appuyant
Que tant que Lucienne vivra au près de moi, sa situation, son avenir,
seront complètement assurés. (Après un temps, changeant de ton) Votre
intention est de la reprendre. Vous voulez qu'elle vive à vos côtés,
qu'elle partage votre existence, mais avez-vous réfléchi à toutes les
conséquences, aux devoirs, aux charges que vous assumiez du même coup?
En un mot, pouvez-vous lui donner une situation équivalente à celle que
vous allez lui faire perdre.
VILLERS, froissé
Monsieur, cette insistance...
ROMAGNY, vivement
Serait très indiscrète et très maladroite s'il ne s'agissait pas du
bonheur de Lucienne. (S'excusant). Avant de commencer, je vous ai prié
de m'excuser si je touchais certains sujets... Il faut bien que nous
envisagions la question sous toutes ses faces... (Le priant). C'est moi
qui ai élevé l'enfant, vous ne pouvez me refuser aujourd'hui le droit
de savoir ce qu'elle va devenir?
VILLERS
Soit... Je comprends les sentiments qui vous guident et je veux bien y
faire droit.
ROMAGNY
Eh bien?
VILLERS
Rassurez-vous! ma fille peut me suivre sans inquiétude. Je ne la
reprends pas pour la voir souffrir ni pour la rendre malheureuse et
j'espère qu'auprès de moi, elle continuera d'ignorer la gêne.
ROMAGNY
Comment ferez-vous? Vous êtes sans fortune.
VILLERS, un peu gêné
Mais pas complètement... j'ai des ressources.
ROMAGNY
Aucune. Inutile de chercher... Je me suis renseigné et je sais quelle
est exactement votre situation... Vous comptiez beaucoup sur vos
chemins de fer égyptiens. Mais vous avez été trompé, volé plutôt, comme
vous avez pu vous en rendre compte, vous-même, en allant là-bas... Pour
sauver votre signature de certaines promiscuités, vous avez dû
sacrifier tout ce qui vous restait. Vos terres de Blagny elles-mêmes,
sont hypothéquées pour une somme supérieure à leur réelle valeur.
VILLERS, amèrement
Vous êtes bien renseigné!
ROMAGNY
C'est pourquoi je m'étonne que vous cherchiez à reprendre Lucienne...
Le moment pour vous est plutôt mal choisi.
VILLERS
Ce n'est pas moi qui ai dirigé les événements... Je regrette que la
mort de madame Romagny corresponde avec les pertes d'argent que je
viens de subir, mais mes droits et mes devoirs de père n'en sont pas
diminués pour ça. (Un temps. Doucement) A mes côtés, ma fille ne
manquera de rien. Je me priverai plutôt du nécessaire pour satisfaire
tous ses désirs.
ROMAGNY
Mais son avenir? Avez-vous réfléchi à son avenir.
VILLERS
Son avenir? je l'assurerai.
ROMAGNY
Comment?
VILLERS
Par mon travail.
ROMAGNY, haussant les épaules
Travailler! A votre âge! Vous n'avez jamais rien fait!
VILLERS
Parce que ma vie n'avait pas de but, parce que j'étais seul monde
jusqu'ici. (Avec feu) Ah, vous vous étonnez que je veuille reprendre
mon enfant alors que dans ma situation, mes sentiments paternels sont
presque un luxe! Mais ne comprenez-vous donc pas que c'est justement
parce que je suis malheureux qu'il me faut Lucienne. Elle sera ma
richesse comme elle sera tout mon courage et tout mon espoir!...
Travailler pour moi seul? oui, vous avez raison, j'en suis incapable.
(Avec force) Mais travailler pour elle, pour la rendre heureuse, pour
assurer son avenir! Ah, cela c'est autre chose!... Elle sera ma force,
mon but, le talisman qui me donnera le courage de persévérer et de
vaincre, l'aimant qui me guidera vers le succès final.
ROAGNY
Prenez garde de ne trop vous illusionner. Vous courez après un mirage,
car ce gain que vous envisagez, cette richesse future que vous espérez
sont tellement problématiques!... Dans toutes les entreprises on
escompte toujours la réussite: il serait beaucoup plus sage de prévoir
le contraire.
VILLERS, un peu ironique
Alors, vous pouvez tout aussi bien redouter pour vous la ruine
matérielle.
ROMAGNY, souriant
Mes chances de misère sont moins grandes que vos chances d'insuccès. La
situation que je ferai à Lucienne si elle reste avec moi, est moins
aléatoire que celle que vous comptez lui donner, voyons?
VILLERS
J'en conviens.
ROMAGNY, changeant de ton
Tenez... jouons franchement, cartes sur table. (Un temps) Vous ne
connaissez pas Lucienne... ou si peu! Vous voulez la reprendre parce
que, surtout, vous espérez puiser à ses côtés, le courage qui vous
manque pour recommencer tout seul votre vie... (Avec une émotion
grandissante) Moi, j'ai élevé l'enfant, je l'ai vue grandir, pendant
treize ans, j'ai vécu de sa vie, formant son intelligence et pétrissant
son coeur. Je l'aime autant que si elle était vraiment ma fille. La
pensée de la perdre me cause un déchirement profond. Ce m'est atroce de
songer que je puis cesser de la voir... Je ne sais si vous comprenez
tout mon affolement. Vous avez vécu seul, vous ignorez ce que c'est que
d'avoir toujours eu un être chéri auprès de soi... Mais moi!... (il
regarde le portrait tristement) En trois mois, perdre la mère, perdre
l'enfant... C'est ma vie complètement brisée.
VILLERS, gêné du désespoir qu'il cause
Vous saviez bien que Lucienne n'était pas réellement votre fille...
vous n'ignoriez pas mon existence... ce qui arrive aujourd'hui était
prévu.
ROMAGNY, même air
Non, je n'avais pas prévu!... Votre long silence... vous vous êtes si
peu occupé de Lucienne jusque-là... J'avais fini par vous oublier...
(Un temps. S'animant) Mais, voyons! il doit y avoir un moyen... Je suis
riche, très riche! Outre le bonheur de votre fille, je puis aussi faire
le vôtre... Votre fortune est compromise, je puis vous fournir les
moyens de la rétablir et vous assurer une nouvelle existence sans
soucis matériels.
VILLERS, sans comprendre
M'assurer une nouvelle existence?
ROMAGNY, fébrilement
Oui, vous faire riche, tout de suite... un chèque... cent mille francs!
Deux cent mille francs, tenez! Avec cette somme, vous payez vos
créanciers et vous vous remettez à flot. C'est la vie large et facile,
à la minute même, comprenez bien!... C'est plus sûr que votre travail
cela! (Il va à son bureau, prend un carnet de chèques dans un tiroir et
vivement, en griffonne une page). Vous acceptez, n'est-ce pas?...
(Villers le regarde agir sans répondre) Deux cent mille francs. Il vous
faudrait plusieurs années pour gagner cette somme en admettant que vous
réussissiez... (cessant d'écrire) Tenez, c'est fait!... (Il revient
vers Villers) Vous n'avez plus qu'à me signer un reçu... Lisez...
(Villers lit, puis fixe longuement Romagny).
VILLERS, très calme
Vous voulez?... Quoi?...
ROMAGNY, nettement
Je veux garder Lucienne.
VILLERS
Et moi?
ROMAGNY, avec brusquerie
Vous aurez les deux cent mille francs, vous! C'est bien payé, il me
semble!
VILLERS, secoue lentement la tête, puis dépose le chèque sur le
guéridon.
Simplement.
Votre chagrin vous égare, monsieur; autrement, je m'expliquerais mal
votre offre injurieuse.
ROMAGNY, décontenancé
Vous refuser?... Comment!... C'est la fortune que je vous donne.
VILLERS, sourire hautain
Je ne vous demande que ma fille.
ROMAGNY, suppliant
Mais puisque pour moi, elle est tout... que vous ne la connaissez pas,
vous!
VILLERS
Je n'en suis pas moins son père.
ROMAGNY, s'énervant
Vous ne l'aimez pas comme moi!
VILLERS, vivement
Qu'est-ce qui vous fait croire que je n'aime pas mon enfant?
ROMAGNY, même ton
Votre indifférence depuis treize ans.
VILLERS, calme
Je vous ai déjà donné les motifs qui ont dicté ma conduite jusqu'à ce
jour.
Faut-il vous les répéter?
ROMAGNY, avec rage
Comment vous croire, avec la vie que vous avez toujours menée!
VILLERS, froidement
Je pourrais vous répondre, monsieur, que ma conduite passée ne regarde
que moi. Mais tout à l'heure, comme beau-père de Lucienne, je vous ai
reconnu certains droits. Je prendrai donc la peine, sinon de me
disculper, du moins de remettre les choses au point. (S'échauffant)
Parce que j'ai mené jusqu'ici une vie joyeuse de plaisirs, de fêtes,
d'aventures, parce qu'en un mot, j'ai fait la noce, pour me servir de
l'expression courante, s'ensuit-il que je sois incapable de ressentir
les mêmes sentiments qu'un autre mortel plus sage et plus calme que
moi?... d'après vous, le rire exclurait les larmes, le bonheur
ignorerait l'inquiétude et les soirs de folies ne seraient jamais
suivis d'amertumes matinales! A l'homme rangé, seulement, les
sensations du coeur et le pouvoir d'aimer; aux autres, la froideur, la
sécheresse et l'indifférence, alors!!... (plus doucement) Non,
l'humanité n'est pas si compliquée que ça: elle pleure quand elle
souffre, elle rit quand elle est heureuse. Dans tous les coeurs, il y a
place pour ces deux sentiments: la joie et la tristesse, qu'on soit
léger, volage, sérieux ou grave. (Un temps. Il réfléchit, puis a un
rire nerveux) Ah! ah! j'ignore ce que c'est que d'avoir eu toujours un
être chéri auprès de moi! Mais vous, monsieur, avez-vous connu la
tristesse de la solitude?
ROMAGNY, amèrement
Je vais l'apprendre si vous m'enlevez Lucienne.
VILLERS
Vous ignorerez quand même l'intime et indicible mélancolie de ceux dont
le foyer a été brisé par leur faute, de ceux qui, après avoir connu les
joies de la famille, sentent le vide de l'abandon moral autour d'eux...
(Avec ironie et avec tristesse) On est jeune et le plus souvent
orgueilleux; on ne veut pas avouer sa souffrance, et pour la cacher ou
ne pas la sentir, on rit, on joue, on fait la noce... comme moi!... La
pente est dangereuse quand aucune main amie n'est là pour vous
retenir... Ca va vite! On commence pour s'étourdir, pour oublier, et
c'est par faiblesse qu'on continue... Mais la nature ne perd pas ses
droits pour ça et le moi intérieur n'en est pas émoussé au point de
rester neutre lorsqu'il s'agit de son enfant, de sa race... (Emu, à
mi-voix) Sous le sourire railleur du blasé, se cache une âme qui se
souvient, qui pense... et quand on a quitté le masque, de commande, que
nul témoin ne nous observe, on soupire, on regrette et parfois, on
pleure... (Après un temps, il reprend le chèque, le froisse légèrement,
puis le rejette. Assez brusquement:) Comment avez-vous osé m'offrir de
l'argent pour que j'abdique mes droits de père, pour que je renonce à
la douceur d'être aimé de ma fille?
ROMAGNY, embarrassé
J'espérais... Je ne m'attendais pas à votre révolte paternelle...
VILLERS, avec force
Parce que je suis ruiné vous me supposiez capable de toutes les
bassesses!
ROMAGNY
Non, non! ne croyez pas!... Ce n'est pas ça... (tristement) Si vous
saviez combien j'aime Lucienne! Pour la conserver près de moi, il me
semblait que tous les moyens étaient bons... Vous m'auriez demandé la
moitié de ma fortune, je vous l'aurais donnée... (Il s'accoude la tête
dans ses mains) Vous venez de m'enlever mon dernier espoir... Ne plus
voir ma fille autour de moi!... après treize ans!... Pauvre petite...
comme elle va pleurer...
VILLERS, inquiet
Lucienne va pleurer?
ROMAGNY
Hélas!
VILLERS
Sait-elle que je veux la reprendre avec moi?
ROMAGNY
Oui. Je le lui ai appris.
VILLERS, hésitant
Alors... que dit-elle?
ROMAGNY
Elle ne veut pas (vivement) Elle ne nous connaît pas, c'est un peu
naturel.
VILLERS, amèrement
Je lui fais peur... A ses yeux, je suis un étranger qui veut troubler
sa vie.
ROMAGNY
Mon Dieu!... Il ne faut pas lui en vouloir. Elle ne m'a jamais quitté,
n'est-ce pas...
VILLERS, réfléchissant
Elle va pleurer... Je ne voulais pas la faire pleurer... Pourtant.
ROMAGNY
Voulez-vous la voir?
VILLERS
Volontiers.
ROMAGNY
Vous pourrez lui expliquer...
VILLERS
Lui expliquer?... Non! C'est vous qui lui parlerez... je préfère.
ROMAGNY
Qu'est-ce que je lui dirai?
VILLERS
Vous lui direz.. que... (Il réfléchit, puis tristement:) Tenez, vous
lui direz que je la laisse libre. C'est elle qui choisira entre nous
deux.
ROMAGNY, joyeusement
Oh, merci!... Je n'osais pas vous le demander, mais il faut bien que la
volonté de la petite compte un peu pour quelque chose. (il sonne).
VILLERS, soupirant
Votre joie me fait pressentir ma défaite.
ROMAGNY, gravement
Je vous donne ma parole, monsieur, que je ne vais pas influencer
Lucienne... Avant votre arrivée, je lui ai dit seulement mon vif désir
de ne pas me séparer d'elle, mais le choix qu'elle va faire tout à
l'heure, sera librement consenti. Je vous l'affirme.
VILLERS
Je vous crois.
(La bonne entre).