SCENE IV

ROMAGNY, puis MAURICE VILLERS

ROMAGNY

Pauvre petite! Jamais je ne pourrai me séparer d'elle...

JULIA, à la cantonade

Oui, oui, Monsieur est seul.

ROMAGNY, se tournant vers la porte

Le voici.

VILLERS, entrant

Monsieur.

ROMAGNY, s'inclinant

Monsieur.

VILLERS

C'est à Monsieur Paul Romagny que j'ai l'honneur de parler.

ROMAGNY

A lui-même... Monsieur Mauriec Villers sans doute?

VILLERS

Oui, monsieur...

ROMAGNY, désignant un siège

Veuillez vous asseoir, je vous prie.

VILLERS

Merci. Vous avez reçu ma lettre?

ROMAGNY

Oui, ce matin... je vous attendais.

VILLERS

Alors, vous savez...

ROMAGNY

Quelle est votre intention? Parfaitement.

VILLERS

Je veux reprendre ma fille auprès de moi.

ROMAGNY

Vous me l'avez écrit, mais...

VILLERS

C'est mon plus vif désir.

ROMAGNY

J'ai cru le comprendre. Cependant, j'avoue que ce désir si vite exprimé

m'a un peu surpris.

VILLERS, simplement

Pourquoi? C'est tout naturel que je reprenne ma fille puisque sa mère

est morte...

Je dois même m'excuser auprès de vous d'avoir attendu jusqu'à ce jour

pour régler la situation... J'étais loin, il y a trois mois... en

Egypte. Je n'ai appris la mort de madame Romagny que six semaines après

l'événement. Je me suis mis en route aussitôt et me voici... Je suis à

Paris depuis deux jours seulement. Pardonnez-moi donc ce retard

absolument involontaire.

ROMAGNY

Oh, monsieur!

VILLERS

Vous aviez peut-être pensé que je me désintéressais du sort de Lucienne?

ROMAGNY

Je n'ai pas supposé un instant...

VILLERS

Le doute était possible. Mon silence, mon absence permettaient toutes

les suppositions... Enfin me voici! Il me reste à vous remercier

d'avoir bien voulu garder ma fille jusqu'à ce jour.

ROMAGNY

Ne me remerciez pas! Je considère Lucienne comme ma propre fille. Ici,

auprès de moi, elle est chez elle, et elle peut y rester aussi

longtemps qu'il lui plaira.

VILLERS, un peu embarrassé

Je suis vivement touché, monsieur...

ROMAGNY, un temps. Changeant de ton

Ainsi vous comptez la reprendre? Votre intention est bien arrêtée.

VILLERS

Sans doute... C'est tout indiqué! Tant que la mère a vécu, par

délicatesse, pour racheter quelques-uns des torts que j'ai eus

vis-à-vis d'elle, j'ai pu accepter de vivre complètement séparé de mon

enfant. Mais à présent, rien ne s'oppose plus à ce que je goûte enfin,

aux joies de la paternité.

ROMAGNY

Je comprends vos sentiments. Pourtant, avez-vous réfléchi aux

difficultés que votre décision allait soulever?

VILLERS, surpris

Quelles difficultés?

ROMAGNY

Lucienne ne vous connaît pas.

VILLERS

Elle apprendra à me connaître et j'espère à m'aimer.

ROMAGNY

A son âge, un nouveau visage...

VILLERS

Elle n'est plus une enfant: elle prend seize ans aujourd'hui.

(Gaiement). Je ne pense pas qu'elle voit en moi un croquemitaine

disposé à la dévorer.

ROMAGNY, hochant la tête

Elle a ses habitudes: ce changement va bouleverser sa vie.

VILLERS, un peu étonné

Mon Dieu, je ne vois pas. Elle va être comme tous les enfants élevés

loin de leurs parents. A un certain âge, on les retire de pension. Je

n'ai jamais entendu dire qu'aucun d'eux ait souffert de ce changement

d'habitudes.

ROMAGNY, arpentant la scène

Ce n'est pas tout à fait la même chose. Il ne s'agit pas pour elle de

quitter une pension étroite où l'on étouffe entre les murs... C'est le

foyer où elle a été élevée, où elle a grandi, c'est la vie large et

facile qu'elle y a trouvée, qu'il lui faudra abandonner...

Pardonnez-moi d'entrer dans ces détails, mais vous devez comprendre...

le bonheur de Lucienne m'oblige à toucher certaines questions...

VILLERS

N'insistez pas, j'ai compris! Vous voulez parler de ma situation

modeste relativement à la vôtre.

ROMAGNY

Justement.

VILLERS

Je n'ai jamais fait l'injure à ma fille de croire qu'elle pouvait

rougir de se trouver chez son père dans une position plus précaire que

celle où elle a vécu jusqu'ici.

ROMAGNY, vivement

Vous m'avez mal compris. Loin de moi, l'idée d'une pareille

insinuation. Lucienne est trop droite, trop bonne et trop fière pour

ressentir un sentiment aussi bas.

VILLERS

Je l'espère bien.

ROMAGNY

En évoquant ce sujet, c'était à vous, à vos sentiments paternels que je

faisais appel... Avant votre propre satisfaction, vous cherchez surtout

le bonheur de votre fille?

VILLERS

Sans doute.

ROMAGNY

Or, la richesse ne le donne pas toujours mais elle est tout au moins un

puissant auxiliaire.

VILLERS

Ce qui veut dire?

ROMAGNY, appuyant

Que tant que Lucienne vivra au près de moi, sa situation, son avenir,

seront complètement assurés. (Après un temps, changeant de ton) Votre

intention est de la reprendre. Vous voulez qu'elle vive à vos côtés,

qu'elle partage votre existence, mais avez-vous réfléchi à toutes les

conséquences, aux devoirs, aux charges que vous assumiez du même coup?

En un mot, pouvez-vous lui donner une situation équivalente à celle que

vous allez lui faire perdre.

VILLERS, froissé

Monsieur, cette insistance...

ROMAGNY, vivement

Serait très indiscrète et très maladroite s'il ne s'agissait pas du

bonheur de Lucienne. (S'excusant). Avant de commencer, je vous ai prié

de m'excuser si je touchais certains sujets... Il faut bien que nous

envisagions la question sous toutes ses faces... (Le priant). C'est moi

qui ai élevé l'enfant, vous ne pouvez me refuser aujourd'hui le droit

de savoir ce qu'elle va devenir?

VILLERS

Soit... Je comprends les sentiments qui vous guident et je veux bien y

faire droit.

ROMAGNY

Eh bien?

VILLERS

Rassurez-vous! ma fille peut me suivre sans inquiétude. Je ne la

reprends pas pour la voir souffrir ni pour la rendre malheureuse et

j'espère qu'auprès de moi, elle continuera d'ignorer la gêne.

ROMAGNY

Comment ferez-vous? Vous êtes sans fortune.

VILLERS, un peu gêné

Mais pas complètement... j'ai des ressources.

ROMAGNY

Aucune. Inutile de chercher... Je me suis renseigné et je sais quelle

est exactement votre situation... Vous comptiez beaucoup sur vos

chemins de fer égyptiens. Mais vous avez été trompé, volé plutôt, comme

vous avez pu vous en rendre compte, vous-même, en allant là-bas... Pour

sauver votre signature de certaines promiscuités, vous avez dû

sacrifier tout ce qui vous restait. Vos terres de Blagny elles-mêmes,

sont hypothéquées pour une somme supérieure à leur réelle valeur.

VILLERS, amèrement

Vous êtes bien renseigné!

ROMAGNY

C'est pourquoi je m'étonne que vous cherchiez à reprendre Lucienne...

Le moment pour vous est plutôt mal choisi.

VILLERS

Ce n'est pas moi qui ai dirigé les événements... Je regrette que la

mort de madame Romagny corresponde avec les pertes d'argent que je

viens de subir, mais mes droits et mes devoirs de père n'en sont pas

diminués pour ça. (Un temps. Doucement) A mes côtés, ma fille ne

manquera de rien. Je me priverai plutôt du nécessaire pour satisfaire

tous ses désirs.

ROMAGNY

Mais son avenir? Avez-vous réfléchi à son avenir.

VILLERS

Son avenir? je l'assurerai.

ROMAGNY

Comment?

VILLERS

Par mon travail.

ROMAGNY, haussant les épaules

Travailler! A votre âge! Vous n'avez jamais rien fait!

VILLERS

Parce que ma vie n'avait pas de but, parce que j'étais seul monde

jusqu'ici. (Avec feu) Ah, vous vous étonnez que je veuille reprendre

mon enfant alors que dans ma situation, mes sentiments paternels sont

presque un luxe! Mais ne comprenez-vous donc pas que c'est justement

parce que je suis malheureux qu'il me faut Lucienne. Elle sera ma

richesse comme elle sera tout mon courage et tout mon espoir!...

Travailler pour moi seul? oui, vous avez raison, j'en suis incapable.

(Avec force) Mais travailler pour elle, pour la rendre heureuse, pour

assurer son avenir! Ah, cela c'est autre chose!... Elle sera ma force,

mon but, le talisman qui me donnera le courage de persévérer et de

vaincre, l'aimant qui me guidera vers le succès final.

ROAGNY

Prenez garde de ne trop vous illusionner. Vous courez après un mirage,

car ce gain que vous envisagez, cette richesse future que vous espérez

sont tellement problématiques!... Dans toutes les entreprises on

escompte toujours la réussite: il serait beaucoup plus sage de prévoir

le contraire.

VILLERS, un peu ironique

Alors, vous pouvez tout aussi bien redouter pour vous la ruine

matérielle.

ROMAGNY, souriant

Mes chances de misère sont moins grandes que vos chances d'insuccès. La

situation que je ferai à Lucienne si elle reste avec moi, est moins

aléatoire que celle que vous comptez lui donner, voyons?

VILLERS

J'en conviens.

ROMAGNY, changeant de ton

Tenez... jouons franchement, cartes sur table. (Un temps) Vous ne

connaissez pas Lucienne... ou si peu! Vous voulez la reprendre parce

que, surtout, vous espérez puiser à ses côtés, le courage qui vous

manque pour recommencer tout seul votre vie... (Avec une émotion

grandissante) Moi, j'ai élevé l'enfant, je l'ai vue grandir, pendant

treize ans, j'ai vécu de sa vie, formant son intelligence et pétrissant

son coeur. Je l'aime autant que si elle était vraiment ma fille. La

pensée de la perdre me cause un déchirement profond. Ce m'est atroce de

songer que je puis cesser de la voir... Je ne sais si vous comprenez

tout mon affolement. Vous avez vécu seul, vous ignorez ce que c'est que

d'avoir toujours eu un être chéri auprès de soi... Mais moi!... (il

regarde le portrait tristement) En trois mois, perdre la mère, perdre

l'enfant... C'est ma vie complètement brisée.

VILLERS, gêné du désespoir qu'il cause

Vous saviez bien que Lucienne n'était pas réellement votre fille...

vous n'ignoriez pas mon existence... ce qui arrive aujourd'hui était

prévu.

ROMAGNY, même air

Non, je n'avais pas prévu!... Votre long silence... vous vous êtes si

peu occupé de Lucienne jusque-là... J'avais fini par vous oublier...

(Un temps. S'animant) Mais, voyons! il doit y avoir un moyen... Je suis

riche, très riche! Outre le bonheur de votre fille, je puis aussi faire

le vôtre... Votre fortune est compromise, je puis vous fournir les

moyens de la rétablir et vous assurer une nouvelle existence sans

soucis matériels.

VILLERS, sans comprendre

M'assurer une nouvelle existence?

ROMAGNY, fébrilement

Oui, vous faire riche, tout de suite... un chèque... cent mille francs!

Deux cent mille francs, tenez! Avec cette somme, vous payez vos

créanciers et vous vous remettez à flot. C'est la vie large et facile,

à la minute même, comprenez bien!... C'est plus sûr que votre travail

cela! (Il va à son bureau, prend un carnet de chèques dans un tiroir et

vivement, en griffonne une page). Vous acceptez, n'est-ce pas?...

(Villers le regarde agir sans répondre) Deux cent mille francs. Il vous

faudrait plusieurs années pour gagner cette somme en admettant que vous

réussissiez... (cessant d'écrire) Tenez, c'est fait!... (Il revient

vers Villers) Vous n'avez plus qu'à me signer un reçu... Lisez...

(Villers lit, puis fixe longuement Romagny).

VILLERS, très calme

Vous voulez?... Quoi?...

ROMAGNY, nettement

Je veux garder Lucienne.

VILLERS

Et moi?

ROMAGNY, avec brusquerie

Vous aurez les deux cent mille francs, vous! C'est bien payé, il me

semble!

VILLERS, secoue lentement la tête, puis dépose le chèque sur le

guéridon.

Simplement.

Votre chagrin vous égare, monsieur; autrement, je m'expliquerais mal

votre offre injurieuse.

ROMAGNY, décontenancé

Vous refuser?... Comment!... C'est la fortune que je vous donne.

VILLERS, sourire hautain

Je ne vous demande que ma fille.

ROMAGNY, suppliant

Mais puisque pour moi, elle est tout... que vous ne la connaissez pas,

vous!

VILLERS

Je n'en suis pas moins son père.

ROMAGNY, s'énervant

Vous ne l'aimez pas comme moi!

VILLERS, vivement

Qu'est-ce qui vous fait croire que je n'aime pas mon enfant?

ROMAGNY, même ton

Votre indifférence depuis treize ans.

VILLERS, calme

Je vous ai déjà donné les motifs qui ont dicté ma conduite jusqu'à ce

jour.

Faut-il vous les répéter?

ROMAGNY, avec rage

Comment vous croire, avec la vie que vous avez toujours menée!

VILLERS, froidement

Je pourrais vous répondre, monsieur, que ma conduite passée ne regarde

que moi. Mais tout à l'heure, comme beau-père de Lucienne, je vous ai

reconnu certains droits. Je prendrai donc la peine, sinon de me

disculper, du moins de remettre les choses au point. (S'échauffant)

Parce que j'ai mené jusqu'ici une vie joyeuse de plaisirs, de fêtes,

d'aventures, parce qu'en un mot, j'ai fait la noce, pour me servir de

l'expression courante, s'ensuit-il que je sois incapable de ressentir

les mêmes sentiments qu'un autre mortel plus sage et plus calme que

moi?... d'après vous, le rire exclurait les larmes, le bonheur

ignorerait l'inquiétude et les soirs de folies ne seraient jamais

suivis d'amertumes matinales! A l'homme rangé, seulement, les

sensations du coeur et le pouvoir d'aimer; aux autres, la froideur, la

sécheresse et l'indifférence, alors!!... (plus doucement) Non,

l'humanité n'est pas si compliquée que ça: elle pleure quand elle

souffre, elle rit quand elle est heureuse. Dans tous les coeurs, il y a

place pour ces deux sentiments: la joie et la tristesse, qu'on soit

léger, volage, sérieux ou grave. (Un temps. Il réfléchit, puis a un

rire nerveux) Ah! ah! j'ignore ce que c'est que d'avoir eu toujours un

être chéri auprès de moi! Mais vous, monsieur, avez-vous connu la

tristesse de la solitude?

ROMAGNY, amèrement

Je vais l'apprendre si vous m'enlevez Lucienne.

VILLERS

Vous ignorerez quand même l'intime et indicible mélancolie de ceux dont

le foyer a été brisé par leur faute, de ceux qui, après avoir connu les

joies de la famille, sentent le vide de l'abandon moral autour d'eux...

(Avec ironie et avec tristesse) On est jeune et le plus souvent

orgueilleux; on ne veut pas avouer sa souffrance, et pour la cacher ou

ne pas la sentir, on rit, on joue, on fait la noce... comme moi!... La

pente est dangereuse quand aucune main amie n'est là pour vous

retenir... Ca va vite! On commence pour s'étourdir, pour oublier, et

c'est par faiblesse qu'on continue... Mais la nature ne perd pas ses

droits pour ça et le moi intérieur n'en est pas émoussé au point de

rester neutre lorsqu'il s'agit de son enfant, de sa race... (Emu, à

mi-voix) Sous le sourire railleur du blasé, se cache une âme qui se

souvient, qui pense... et quand on a quitté le masque, de commande, que

nul témoin ne nous observe, on soupire, on regrette et parfois, on

pleure... (Après un temps, il reprend le chèque, le froisse légèrement,

puis le rejette. Assez brusquement:) Comment avez-vous osé m'offrir de

l'argent pour que j'abdique mes droits de père, pour que je renonce à

la douceur d'être aimé de ma fille?

ROMAGNY, embarrassé

J'espérais... Je ne m'attendais pas à votre révolte paternelle...

VILLERS, avec force

Parce que je suis ruiné vous me supposiez capable de toutes les

bassesses!

ROMAGNY

Non, non! ne croyez pas!... Ce n'est pas ça... (tristement) Si vous

saviez combien j'aime Lucienne! Pour la conserver près de moi, il me

semblait que tous les moyens étaient bons... Vous m'auriez demandé la

moitié de ma fortune, je vous l'aurais donnée... (Il s'accoude la tête

dans ses mains) Vous venez de m'enlever mon dernier espoir... Ne plus

voir ma fille autour de moi!... après treize ans!... Pauvre petite...

comme elle va pleurer...

VILLERS, inquiet

Lucienne va pleurer?

ROMAGNY

Hélas!

VILLERS

Sait-elle que je veux la reprendre avec moi?

ROMAGNY

Oui. Je le lui ai appris.

VILLERS, hésitant

Alors... que dit-elle?

ROMAGNY

Elle ne veut pas (vivement) Elle ne nous connaît pas, c'est un peu

naturel.

VILLERS, amèrement

Je lui fais peur... A ses yeux, je suis un étranger qui veut troubler

sa vie.

ROMAGNY

Mon Dieu!... Il ne faut pas lui en vouloir. Elle ne m'a jamais quitté,

n'est-ce pas...

VILLERS, réfléchissant

Elle va pleurer... Je ne voulais pas la faire pleurer... Pourtant.

ROMAGNY

Voulez-vous la voir?

VILLERS

Volontiers.

ROMAGNY

Vous pourrez lui expliquer...

VILLERS

Lui expliquer?... Non! C'est vous qui lui parlerez... je préfère.

ROMAGNY

Qu'est-ce que je lui dirai?

VILLERS

Vous lui direz.. que... (Il réfléchit, puis tristement:) Tenez, vous

lui direz que je la laisse libre. C'est elle qui choisira entre nous

deux.

ROMAGNY, joyeusement

Oh, merci!... Je n'osais pas vous le demander, mais il faut bien que la

volonté de la petite compte un peu pour quelque chose. (il sonne).

VILLERS, soupirant

Votre joie me fait pressentir ma défaite.

ROMAGNY, gravement

Je vous donne ma parole, monsieur, que je ne vais pas influencer

Lucienne... Avant votre arrivée, je lui ai dit seulement mon vif désir

de ne pas me séparer d'elle, mais le choix qu'elle va faire tout à

l'heure, sera librement consenti. Je vous l'affirme.

VILLERS

Je vous crois.

(La bonne entre).

Paternité · 第 3 / 5 章