Et, en effet, personne ne le valait, car personne ne put l'arrêter dans
ses débordements.
Et quand les vieillards lui adressaient des reproches:
«O Mansour, celui qui prend Satan pour compagnon choisit un mauvais
voisin de route», ou bien: «Un jour viendra où l'opprobre s'étendra
comme une tente au-dessus de ta tête.»
Enflé d'orgueil ainsi qu'Eblis le Maudit[2], il répondait: «Je lèverai
la tête et je crèverai l'opprobre, car je ne suis pas de ceux qui
courbent le front.»
[Note 2: Le diable.]
Alors ils lui disaient: «Prends garde! Il sera trop tard quand tu
crieras: Je me repens. Implorerais-tu le pardon soixante-dix fois, comme
il est écrit dans le Livre; invoquerais-tu Dieu par ses
quatre-vingt-dix-neuf noms, ce sera trop tard.»
Et ils ajoutaient: «Souviens-toi des paroles du Prophète: «Ame pour âme,
oeil pour oeil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent.» La
justice du talion est la saine justice.»