Ma chère amie,
Les novices ne montraient pas beaucoup d'empressement à poser leur
candidature au Lady Rodney's Club. Pourtant, trois semaines après la
séance décrite dans me dernière lettre, Lucrétia vint me voir, très
affairée, pour m'annoncer que Maria Aubrey, la soeur de son amant,
désirait se joindre à nous; elle me demanda de fixer le jour de son
admission.
Comme la postulante n'était pas de mince importance, qu'elle appartenait
à une très aristocratique famille, je ne fis pas d'objections;
j'exprimai ma satisfaction de cette recrue pour notre confrérie, et
fixai à huitaine le jour de son admission.
Quand je fis part de la chose à Lady Clara, lui demandant si elle
connaissait la jeune personne, elle me répondit que non, car celle-ci
avait été pendant plusieurs années dans une pension en Allemagne et
venait seulement de rentrer dans sa famille.
Je ne vis pas Lucrétia jusqu'au jour fixé; elle arriva exactement à sept
heures avec sa protégée; celle-ci était un peu plus grande qu'elle,
assez mince; elle avait de beaux yeux bleus; pour la circonstance, elle
était habillée tout de blanc. C'était, dans l'ensemble, une jolie fille,
à l'aspect tranquille, si ce n'est l'expression singulièrement mobile de
ses yeux qui regardaient partout et semblaient s'intéresser à tout.
Nous étions toutes présentes. J'occupais, comme d'habitude, mon siège de
présidente, entourée des autres dames. Lady Lucrétia, présentant
aussitôt la novice, la prit par la main, la conduisit devant moi, et,
après que toutes deux se furent inclinées, elle dit: «Permettez-moi,
chère Miss Coote, et vous, mesdames, de vous présenter Miss Maria
Aubrey, une de mes bonnes amies, qui désire faire partie de notre
société.»
J'ouvris la séance et voici comment se passa la cérémonie:
_La Présidente._--Miss Maria Aubrey, consentez-vous à vous soumettre à
nos formalités d'initiation et jurez-vous de vous conformer au règlement
institué par l'unanimité de nos membres.
_Maria._--Oui, je désire vivement être admise. On reçoit tellement la
verge en Allemagne que je suis devenue fanatique de son emploi.
_La Présidente._--Nous enregistrons votre adhésion et maintenant, il
faut vous déshabiller et prendre l'uniforme de rigueur que nous vous
avons préparé.
La novice rougit et semble ne plus savoir que dire. Lucrétia paraît
jouir énormément de son embarras. Elle murmure quelque chose à l'oreille
de Clara qui le transmet à Mlle Fosse, qui m'en fait part: Notre novice
n'est pas Maria Aubrey, mais bien son frère Frank, l'amant de Lucrétia,
à qui elle a conseillé de se faire passer pour sa soeur, mais sans lui
dire ce qui allait arriver, de sorte que celui-ci était stupéfait
d'avoir à se déshabiller devant nous.
J'avoue que je fus furieuse en apprenant cette invention de Lucrétia,
mais sur le conseil que me glissa à voix basse Mlle Fosse, je continuai
comme si de rien n'était. Venez, soeur Maria, lui fis-je, commencez à
vous déshabiller. Jane et Mary, assistez mademoiselle.
_Maria._--Oh! non! non! je ne veux pas que l'on me déshabille,
j'ignorais que cela fût obligatoire; donnez-moi les vêtements si vous
voulez, je me retirerai dans une autre pièce pour les mettre, mais pas
devant vous, je ne veux pas.
Et, rougissant de plus en plus, elle repousse les deux servantes qui
s'avançaient vers elle.
_La Présidente._--Vous violez déjà le règlement! Déshabillez-vous de
suite, ou vous allez recevoir la verge sans miséricorde, et nous verrons
si vous l'aimez tant que cela.
_Maria._--Ah! excusez-moi! mais... mais... vous comprendrez facilement
que je n'ose pas me déshabiller devant tant de monde.
Je prends alors une formidable verge, formée d'une bonne poignée de
brins longs et souples, solidement réunis par d'élégants rubans bleus et
rouges. Je fais un signe. Jane et Mary, assistées par quatre ou cinq
dames foncent sur la victime, la poussent vers l'échelle, et, en dépit
de ses secousses désespérées, lui lient chevilles et poignets avec des
cordes qui sont fixées à l'échelle. Miss Maria se trouve ainsi
complètement à notre merci, avant même qu'elle se soit rendu compte de
ce qui lui arrive.
_La Présidente_, s'avançant, verge en main vers la victime: «Ah! ah!
vous êtes, je le vois, une obstinée! Allons, mesdames, dépouillez-la de
suite de son costume, enlevez-lui ses jupons; plus vite nous
commencerons à l'initier, mieux cela vaudra.»
Tout le monde se met à l'ouvrage. Écarlate de honte, la victime crie:
«Ah! oh! je vous en prie, ne me déshabillez pas! J'ai été trompé! Je ne
suis pas du tout une demoiselle! ne me mettez pas nu!» Et des larmes de
mortification coulent le long de ses joues.
_La Présidente_, d'un ton impératif: «Arrêtez! qu'est-ce que vous êtes,
alors? un homme ou une hermaphrodite?»
Un éclat de rire général accueille cette question. Voyant que
l'interpellé reste muet de confusion, tout le monde s'écarte. «Allez,
Miss Coote, allez! donnez à cet impudent gaillard un avant-goût de votre
verge. Il faut qu'il avoue tout et jure de garder le secret ou on le
fouettera jusqu'à ce que mort s'ensuive.
_Le Prisonnier._--Mon Dieu! dans quel guêpier suis-je tombé! Ces
monstres de femmes vont m'assassiner! Ah! lâchez-moi et je jure de ne
jamais rien raconter!
_La Présidente._--Nous avons le temps de causer de cela. Ne croyez pas
vous tirer à si bon compte de votre impudent complot avec Lady Lucrétia!
Chacun de vous va être bien fouetté sous les yeux de l'autre. Vous ne
serez point choqués de voir réciproquement vos fesses; nous savons que
ce n'est pas la première fois que vous vous les montrerez. Jane,
préparez soeur Lucrétia pour la punition. Il verra ainsi ce qui l'attend
lui-même.
_Lucrétia._--Ah! non! j'ai voulu seulement lui faire une petite
plaisanterie. Vous savez que j'avais très envie de le fouetter et je
n'avais pas d'autre moyen de m'y prendre!
_La Présidente._--C'est possible, Miss! Nous aurons égard à cela, et
peut-être vous permettra-t-on de donner vous-même le coup de grâce à ses
fesses. En attendant, Jane, mettez le derrière de miss Lucrétia dans le
pilori à traverses.
Abandonnant le jeune homme étroitement ligoté à l'échelle, les dames se
saisissent de son amante qui juge toute résistance inutile. Quelques
instants après, Frank a le plaisir de contempler son derrière rose et
joufflu et ses cuisses nerveuses émergeant des deux traverses de bois
dans lesquelles elle est fixée de telle sorte que seule la partie
inférieure de sa personne est visible.
_La Présidente._--Mademoiselle Fosse, veuillez administrer à notre
collègue le châtiment qu'elle a mérité pour l'offense grave faite au
club en y introduisant un homme.
_Mlle Fosse_ (armée d'une forte verge fraîchement cueillie).--Je ne
crois pas que cette impudente pécore ait été assez fessée lors de son
admission, sans quoi l'endolorissement de son derrière lui aurait donné
à réfléchir.
Alors, vzz! vzz! vzz! vzz! quatre coups lentement et énergiquement
appliqués ponctuent ces paroles, et Mlle Fosse poursuit: «Comment
trouvez-vous cela? Mon bras est-il plus ou moins vigoureux que celui de
Miss Coote?»
Comme les coups continuent à lui marbrer les fesses avec une vigueur et
une précision remarquables, Lucrétia saute sur une jambe et sur l'autre
et pousse des cris perçants: «Oh! oh! arrêtez! je demande pardon!
dit-elle, je croyais réellement qu'un jeune homme serait une précieuse
recrue pour le club. Oh! ah! pas si fort! vous m'écorchez vive! c'est
atroce!
Ces plaintes n'ont rien d'excessif, car de longues marques rouges
sillonnent les fesses meurtries.
_Mlle Fosse._--Il faut que je me dépêche, car cela prendra un certain
temps pour punir maître Frank. Je pense qu'il se délecte du tableau de
votre châtiment. Est-ce que c'est aussi bon que la dernière fois? Vous
nous ferez savoir quand vous ressentirez ces sensations voluptueuses que
vous avez éprouvées ce jour-là.
Tout en parlant, elle cingle sans trêve Lucrétia sur toute la surface
des fesses étalées; elle fait pénétrer la pointe des verges en dedans
des cuisses écartées et sur le minet à découvert. Et pendant ce temps,
Frank dévore des yeux le postérieur de sa maîtresse; chaque coup qui
vient marbrer les fesses semble se communiquer à lui et le fait
frissonner, il n'a jamais éprouvé pareille sensation; c'est un délicieux
régal pour sa sensualité.
Mlle Fosse continue à s'en donner à coeur joie et applique si fort la
verge que le sang commence bientôt à pointer sur les fesses et les
cuisses de Lucrétia. La pauvre fille se plaint douloureusement et pousse
des cris nerveux: «Oh! oh! je m'évanouis! je succombe!» etc. Ses cuisses
et ses fesses se contorsionnent en même temps de la plus bizarre façon.
Alors la Présidente intervient, verge en mains et dit: «Je suppose que
maître Frank a hâte de goûter à son tour aux délices de la verge.
Épinglez-lui sa chemise aussi décemment que possible, je désire
seulement découvrir son derrière et je ne tiens pas à ce que le devant
soit exposé à notre vue.»
Frank était si absorbé à contempler l'intéressant tableau de Lucrétia
fouettée qu'il ne s'aperçut pas qu'on épinglait sa chemise à ses
épaules. Un formidable coup de verge sur les fesses le rappela soudain
au sentiment de sa propre situation. Il sursauta et se mordit les
lèvres. Les larmes lui montèrent aux yeux et son visage devint
brusquement écarlate. Vigoureusement maniée, la verge retomba
successivement dix fois; les coups résonnèrent sur sa chair, mais aucun
cri ne trahit sa souffrance et la rougeur de sa figure témoigna
seulement de l'intense humiliation qu'il éprouvait.
_La Présidente._--Je vous ferai bien demander pardon, monsieur.
Oserez-vous nous insulter encore en vous glissant parmi nous déguisé en
femme?
Un formidable coup, qui amène le sang aux fesses accompagne cette
question.
Frank, qui aurait honte de crier devant cette assistance féminine,
s'efforce de supporter courageusement l'épreuve; il serre les fesses et
se mord les lèvres jusqu'au sang.
_La Présidente._--Vous êtes têtu! tant mieux! Cela n'en sera que plus
drôle pour nous, mon garçon. Voulez-vous demander pardon et jurer de ne
jamais raconter cette équipée à personne?
La verge s'abat en même temps à toute volée, lacérant la chair.
_Frank._--Ah! ah! au secours! c'est horrible!! Ah! mesdames, ne
m'assassinez pas! Ahh!
_La Présidente_, sans lui laisser un instant de répit et frappant d'un
bras inlassable: Reviendrez-vous encore, mauvais garnement? Allez-vous
nous jurer le secret?
Les cris de Frank, les sanglots de Lucrétia, la vue de ces deux paires
de fesses piteusement accommodées, excitent les assistantes au-delà de
toute expression. Chacune s'empare d'une verge, et la Présidente et
Mademoiselle s'étant retirées, elles apaisent à tour de rôle leur
excitation sur le fessier des deux victimes.
Elles s'aperçoivent bientôt que Lucrétia défaille et paraît insensible à
la souffrance, en proie à une sorte de stupeur léthargique. Elles la
délivrent de ses liens, la réconfortent et la raniment peu à peu.
Quant à Frank, qui, depuis plusieurs minutes, a imploré son pardon et
demande à grands cris de prêter le serment exigé, on reçoit bien son
serment, mais les conjurées éclatent d'un rire sardonique quand il
demande piteusement qu'on le délivre et qu'on lui permette de s'en
aller: «Ha!! ha!» lui fait-on de toutes parts! Il pensait en être déjà
quitte! Il devrait pourtant être content de passer par les mains de
Lucrétia, aussitôt qu'elle sera remise!
_Frank._--Tout ce qui arrive est de sa faute. Je ne serais jamais venu,
si elle ne m'avait assuré d'une chaleureuse réception.
_La Présidente._--Précisément! Vous ne pouvez pas dire que vous n'en
avez pas eu une! Mais elle sera encore plus chaude avant que vous ne
vous en alliez!
Après avoir avalé un cordial énergique, Lucrétia, les yeux brillants,
déclare qu'elle est prête à exécuter ce qu'on attend d'elle. On lui tend
une belle verge et elle se met en position pour fouetter son amant,
selon la méthode de Louise Van Tromp. Elle fait siffler la verge
au-dessus de la tête de Frank et lui crie d'un air indigné: «Alors, vous
osez insinuer que c'est moi qui vous ai engagé à venir ici?»
_Frank._--Oh! Lucrétia! Aurez-vous le coeur de prolonger mes tortures,
maintenant que j'ai juré tout ce qu'on a voulu?
Lucrétia baisse son bras levé, et la verge s'abat avec force sur le
derrière de Frank qui se tortille de façon comique. «Vous maintenez
cette insinuation! crie-t-elle, alors, tenez! tenez! tenez!»
Les coups se succèdent avec une violence croissante. Lucrétia s'excite à
frapper; il semble que le sang bouillonne dans ses veines: «Direz-vous
aussi, continue-t-elle, que ce n'est pas vous qui m'avez séduite? Toutes
ces dames sont fixées sur votre infâme conduite envers moi!
_Frank._--Oh! oh! Cela ne finira donc pas! Ah! que je sois pendu si
j'avoue cela! Voyons, vous savez pourtant bien que c'est vous qui avez
pris dans votre main mon... ma...
_Lucrétia._--Ne nommez pas cet objet répugnant! Et surveillez votre
langue de vipère; si vous m'échauffez la bile, tant pis pour vous!
La verge va des épaules aux fesses que Lucrétia examine après chaque
coup pour voir les nouveaux ravages qu'elle a causés.
Le pauvre Frank, qui a perdu sa perruque en se démenant trop fort, a
l'air un peu plus viril, c'est un très joli garçon, bien membré, mais
son derrière n'est naturellement pas aussi rebondi que celui d'une femme
de sa corpulence.
Excitée, échauffée par la flagellation qu'elle a eu elle-même à subir,
Lucrétia frappe comme une furie: «Voyez! voyez! crie-t-elle, cette
horrible chose que je ne veux pas nommer est toute raide et fait une
énorme bosse sous sa chemise, devant son ventre; c'est impossible de
cacher cette saleté.
Au lieu de la cacher, il semble que Lucrétia cherche à la faire voir,
car, en frappant sans merci, elle s'arrange pour déranger la chemise et
la retrousser si bien que l'assistance aperçoit à tout instant le
formidable engin long de six à sept pouces, qui se dresse au bas du
ventre, émergeant d'une touffe de poils noirs et bouclés. Saisi d'une
sorte de frénésie érotique, le jeune homme roule des yeux blancs, et, à
chaque coup, tortille les fesses et pousse le ventre en avant;
évidemment la honte et la souffrance s'effacent sous l'acuité de ses
sensations voluptueuses. La fouetteuse n'est pas moins troublée que lui.
La vue des fesses écorchées se trémoussant de façon lubrique, accroît
son ardeur: «Ah! crie-t-elle, non seulement il essaie de me rendre plus
inconvenante que lui, mais voyez de quelle façon cynique il s'expose à
nous!»
Pour mieux ponctuer sa remarque, elle cingle d'un coup vif le membre
indécemment dressé et elle recommence à plusieurs reprises sans lui
faire perdre de sa rigidité; mais sous cette cinglade affreusement
piquante, le malheureux Frank rugit: «Oh! mon Dieu! mon membre va
éclater, c'est effroyable et cela me procure une délicieuse sensation.
Ah! ahh! ahh!! c'est trop!» Et il reste les yeux levés au ciel, les
lèvres tremblantes, saisi d'on ne sait quelle troublante émotion.
Lucrétia a suspendu quelques instants la correction; mais soudain, elle
rappelle son amant à la question par deux ou trois terribles cinglées
sur ses fesses à vif: «Ne vous endormez pas, monsieur et causons, s'il
vous plaît! Je pense que vous allez retirer vos honteuses insinuations
contre moi! Avez-vous, oui ou non, profité de mon trouble quand je vous
ai vu étalant votre membre dans le jardin? Mais répondez donc! Une
demi-douzaine de coups de verge suit cette question; le sang commence à
couler des fesses sur les cuisses du malheureux.
Revenu à lui, celui-ci, tout confus de savoir que l'assistance a vu son
membre viril en pleine érection, se tord sous les coups et répond d'une
voix entrecoupée de larmes: «Ah! démon! abominable créature! Elle m'a
prodigué les plus voluptueuses caresses, elle m'a juré un éternel amour
et aujourd'hui, elle se délecte à me martyriser. Ah! Miss Coote!!
mesdames! délivrez-moi de ses griffes! Ayez pitié de moi!
_Lucrétia._--Pas encore! Infâme suborneur! retirez vos honteuses
allégations sur mon compte, ou je vous enlève la peau du derrière!
_Frank._--Comme c'est mal à vous, Lucrétia, de me forcer à dire un
mensonge! Oh! mon Dieu! quoi faire? Ah! que se passe-t-il en moi?
Sous l'averse de cinglades dont sa maîtresse lui lacérait le postérieur,
le jeune homme retrouvait évidemment le trouble lascif qu'il avait déjà
éprouvé.
_Lucrétia._--Vos cris sont délicieux! Je m'en délecte d'autant plus que
nous nous adorons l'un et l'autre. Allez-vous... allez-vous...
allez-vous... avouer que... vous avez... menti? ah! vous me faites
passer auprès de ces dames pour un monstre d'indécence! Etes-vous donc
sourd? Attendez, je vais vous faire entendre.
Et la verge se dirige juste dans la raie des fesses atteignant les
parties les plus sensibles et les plus délicates.
_Frank_ semble sur le point de s'évanouir sous cette nouvelle torture et
s'écrie: «Oh! oh! mon Dieu! tuez-moi tout de suite, je souffre trop!»
_Lucrétia._--Tant pis pour vous. Pourquoi vous obstinez-vous à me
refuser la satisfaction que vous me devez? Pourquoi prétendez-vous que
je veux vous imposer un mensonge, vilain gredin? Je vous ferai mourir
sous la verge si vous ne rétractez pas vos infâmes calomnies.
Et la verge marche toujours, s'abattant dans les recoins les plus
délicats.
_Frank._--Ah! atroce! que faut-il donc que je dise? ah! oui! toutes ces
histoires sur notre compte sont fausses. Nous n'avons jamais rien fait
d'inconvenant ni l'un ni l'autre.
Le malheureux a proféré ces paroles sans savoir ce qu'il dit et dans le
seul but de mettre un terme à son supplice. Mais Lucrétia n'est pas
satisfaite et manifeste son mécontentement par un coup formidable, qui
arrache aux fesses de nouvelles gouttes de sang. «Que nous chantez-vous
là, monsieur? s'écrie-t-elle. Qui vous demande d'aller d'un extrême à
l'autre? Avouez simplement que vous avez abusé de mon trouble et de ma
frayeur. Vous ne savez donc plus ce que vous dites? Ma parole, je ne
comprends pas qu'après vous avoir si bien attiré le sang aux fesses, il
vous monte encore à la tête!
_Frank._--Ah! oui! ah! oui! je me souviens, maintenant! J'ai fourré mes
mains sous vos vêtements alors que vous étiez toute tremblante et que
vous ne pouviez me résister! Voilà la vérité! Laissez-moi, maintenant!
Vous n'avez pas à craindre que j'aille dévoiler moi-même comme j'ai été
maltraité et mortifié?
Ces derniers mots sont dits d'une voix mourante. Lucrétia jette alors sa
verge, qui n'est plus qu'un tronçon; des larmes de compassion perlent
dans le coin de ses grands yeux voluptueux et elle s'écrie: «Mon pauvre
chéri, pourquoi avez-vous été aussi obstiné?»
_La Présidente._--Qu'on le détache, qu'il s'agenouille devant moi et
nous demande pardon du scandale qu'il a causé en s'introduisant parmi
nous, car je vois, mesdames, à l'agitation de vos poitrines, quelle
pénible émotion ce spectacle vous a occasionnée.
Mis en liberté, Frank se prosterne humblement, il déplore d'avoir voulu
s'immiscer dans nos entretiens intimes et jure de nouveau, de garder le
secret. Mais il demande, les larmes aux yeux, que sa terrible initiation
lui serve au moins à quelque chose et qu'on lui permette de faire
désormais partie de notre confrérie.
L'assemblée se montra favorable à sa requête et je découvris bientôt que
Lady Clara était à la tête d'un mouvement ayant pour but l'introduction
de messieurs parmi nous.
Je me hâtai de lever la séance et je ne sus jamais combien de temps le
postérieur de maître Frank mit pour revenir à son état normal. Mais le
lendemain, sur le conseil de Mlle Fosse, je signifiai à toutes mes
collègues la dissolution du Club, car il m'était impossible d'autoriser
dans ma propre maison des séances de flagellation qui, par l'adjonction
de l'élément masculin eussent vite dégénéré en orgies.
Ma prochaine et dernière lettre vous entretiendra de faits qui me sont
plus strictement personnels.
Votre affectionnée,
Rosa BELINDA COOTE.