Ma chère Nelly,
Au cours de mon dernier voyage en Italie et en Allemagne, je me suis
amusée à noter pour mes prochaines lettres, tous les incidents qui me
revenaient à la mémoire, comme susceptibles de vous intéresser, et
maintenant que me voici encore une fois de retour, je m'amuserai pendant
les longues et tristes soirées, à vous écrire une autre série de
lettres. Et je commence de suite.
Quand je quittai l'école, mes tuteurs me confièrent aux soins de Mlle
Fosse, et nous fûmes bientôt installées dans une de mes maisons, située
dans la banlieue ouest de Londres. Demeuraient avec nous deux, Jane,
l'ancienne servante de mon grand-père, qui nous servait de femme de
chambre, une cuisinière appelée Margaret et deux bonnes, Mary et Polly;
un jeune frère de Jane appelé Charlie, remplissait l'office de groom.
Mes tuteurs jugèrent que jusqu'à ma majorité, je pouvais me dispenser de
cocher et de valet de pied, n'ayant qu'à louer, pour faire mes visites,
mes emplettes ou aller au théâtre, une voiture chaque fois que j'en
aurais besoin. On m'accorda mille livres par an, dont je déduisis
libéralement deux cents livres pour Mlle Fosse, et jamais je ne lui
diminuai cette allocation élevée, car elle fut toujours pour moi une
charmante compagne, se mettant en quatre pour favoriser mes amusements
et me préserver des dangers possibles.
Ma chambre à coucher et celle de Mademoiselle communiquaient ensemble,
de sorte que nous pouvions, la nuit comme le jour, jouir de notre tête à
tête si cela nous faisait plaisir. La cuisinière et Mary occupaient une
chambre en haut de la maison, le page avait un petit cabinet sur le même
palier que nos chambres. Jane et Polly, que nous appelions ainsi pour
les distinguer de l'autre Mary, occupaient une chambre également au même
étage, où se trouvaient d'autres pièces libres pour nos invitées
éventuelles. Il y avait en haut des salles inoccupées, dont une très
spacieuse. Après m'être consultée avec Mademoiselle, je décidai de
l'organiser en salle de punition, car j'avais résolu de maintenir sous
une discipline sévère tout mon personnel. On y fixa des poulies au
plafond, on la meubla d'échelles, de blocs, de crochets, d'un poste à
fouetter, et aussi d'une sorte de pilori, permettant de fixer la
pénitente en exposant seulement ses jambes et ses fesses et en
l'empêchant de voir par qui elle était fouettée.
Mademoiselle et moi, prenions grand plaisir à nos «soirées lubriques»,
comme elle avait baptisé nos séances de flagellation. De temps à autre,
pour les corser, nous faisions venir Jane et nous la fessions dans nos
chambres, ou bien elle aidait l'une de nous à fouetter l'autre, car je
m'étais tout à fait adonnée aux plaisirs du fouet, et j'éprouvais, de
son application, un bonheur tout spécial. Néanmoins, ces petites
débauches n'avaient pas la même saveur que lorsque la victime ignore
l'emploi de la verge et en tâte pour la première fois. Aussi,
désirions-nous ardemment trouver quelque coupable remplissant ces
conditions et que nous puissions sacrifier à notre ardent désir.
Notre jardinier, M. White était un homme de confiance qui avait dépassé
la quarantaine. Sa femme était une fort accorte gaillarde d'environ
trente ans. Ils avaient deux jolies petites filles de neuf et dix ans.
Ils logeaient dans un cottage situé à l'extrémité de notre jardin, qui
était très vaste.
Mme White aimait un peu trop la toilette, et les gages de son mari
n'étant pas suffisants pour lui permettre de se passer ses fantaisies,
elle trouva tout naturel de se procurer l'argent nécessaire en vendant
pour son propre compte, à des voisins, moins bien pourvus que nous, les
fruits et les légumes dont ils pouvaient avoir besoin, et qui,
pensait-elle, eussent été perdus sans cela. Son mari n'y vit pas grand
mal, car, ainsi qu'il nous le dit plus tard, Miss Coote était très bonne
et très généreuse et ne se préoccupait jamais de ce qu'ils prenaient
pour eux-mêmes.
Les deux fillettes, Minnie et Lucy étaient chargées par leurs parents de
porter ces fruits et ces légumes à la porte du fond du jardin. Mais, un
beau jour, de grand matin, Jane les aperçut et vint tout aussitôt me
faire son rapport.
J'avais, depuis longtemps, un désir irrésistible de fesser les deux
mignonnes, mais ne pouvais le faire sans motif; aussi, la découverte de
Jane me causa-t-elle la plus vive satisfaction.
Le lendemain matin, en compagnie de mademoiselle, je fus, par une allée
extérieure, me poster à la sortie du jardin et nous nous plaçâmes de
façon à voir tout ce qui se passerait. Nous fûmes bientôt dédommagées de
notre dérangement, en voyant les petites filles apporter plusieurs
paniers de fruits dans la maisonnette de leur mère.
Ayant bien et dûment constaté le délit, je retournai à la maison et fis
porter au jardinier l'ordre de comparaître devant moi avec sa femme et
ses filles.
En compagnie de Mademoiselle, je les reçus dans le salon. White et sa
femme tenant chacun une fillette par la main, s'enquirent
respectueusement du motif pour lequel je les faisais venir.
--Ne vous en doutez-vous pas un peu, malgré votre air innocent? leur
dis-je, pourquoi donc vos enfants vont-ils tous les matins cueillir des
paniers de fruits dans le jardin?
White rougit très fort et répondit d'un air embarrassé: «Elles en
apportent quelques-uns pour notre dessert, miss.
--Allons, vous ne faites qu'aggraver le vol par le mensonge; est-ce avec
vos gages que votre femme se paye tous les colifichets qu'elle achète?
ripostai-je d'un ton sévère.
--Oh! Sally! fit-il à sa femme, réponds, je ne comprends pas ce que
Mademoiselle veut dire.
Rouge de honte, Mme White fondit en larmes: «Oh! fit-elle, c'est ma
faute! William n'a jamais su que je vendais vos fruits, et les pauvres
petites sont innocentes. Ah! je vous en prie, pardonnez-moi, Miss Coote!
--Vous me croyez donc bien naïve? répondis-je durement, votre mari
n'ignore rien de vos agissements, et quant à vos fillettes, vous les
dressez au vol.
A ces mots, White, sa femme et les deux petites tombèrent à genoux, me
suppliant de leur pardonner et m'affirmant qu'ils n'avaient rien vendu.
--Allons donc! répartis-je, vous valez encore moins que je ne le
pensais, car je sais, moi, qu'il y a déjà longtemps que dure ce manège.
Et maintenant, choisissez: ou que je vous punisse sévèrement, moi-même,
ou que je vous dénonce à la justice, auquel cas votre affaire est
claire.
Tout en demandant grâce, White et sa femme me disent qu'ils préfèrent
être punis par moi comme je le jugerai convenable, mais me supplient
d'épargner les fillettes qui n'ont fait que ce qu'ils leur ordonnaient.
--Vous prenez le parti le plus sage, leur dis-je alors, car, si je puis
avoir quelque indulgence, la justice n'en aurait pas pour des gueux
comme vous. Vous, White, comme vous êtes un homme, je ne sais comment
vous punir, aussi je vous tiens quitte, et j'espère que vous serez
honnête dans l'avenir. Mais votre femme et vos filles seront fouettées
comme elles le méritent. Qu'elles m'attendent dans ce salon, ce soir, à
sept heures, et qu'elles mettent leurs vêtements des dimanches; c'est
compris? Je les guérirai à tout jamais de l'envie de voler ou je ne
m'appelle pas Rosa Coote.
Le pauvre White et sa femme se retirent, l'oreille bien basse.
Lorsqu'ils sont partis, nous nous félicitons joyeusement, Mademoiselle
et moi, d'avoir pu nous procurer de pareilles victimes.
Le soir même, je suis, à l'heure fixée, dans la salle de punitions,
attendant l'arrivée des coupables. Elles font leur entrée, l'air piteux,
quoique coquettement habillées à la dernière mode villageoise, un
bouquet à leur ceinture.
Pour la clarté du récit, je me désignerai par mon nom, comme les autres
acteurs de cette scène piquante, et ainsi que je l'ai déjà fait dans mes
lettres précédentes.
_Miss Coote._--Je suis heureuse pour vous, madame White, que vous m'ayez
laissé le soin de vous punir, car j'espère qu'après cela vous
apprécierez les avantages de l'honnêteté. Mademoiselle Fosse, aidez
Jane, je vous prie, à préparer Minnie pour la verge. Attendez! attachez
d'abord Mme White à l'échelle, sans quoi ses sentiments maternels la
pousseraient à intervenir. Vous préparerez également Lucy. Si elles ne
portent pas de pantalons, il faut en trouver un pour chacune.
_Mme White_, les larmes aux yeux.--Oh! Miss Coote, ma bonne demoiselle!
Ne soyez pas trop sévère pour ces pauvres petites. J'aime mieux être
trois fois plus maltraitée moi-même.
Elle est bientôt fixée par les poignets à l'échelle, mais sans que l'on
ait touché à ses vêtements. Mes deux aides déshabillent alors Minnie et
Lucy et exposent à nos regards leurs formes rondelettes. Mademoiselle
prend Lucy, je me charge de la plus jeune, Minnie. Les pauvres petites
sont pourpres de honte, surtout quand nous les étendons le derrière en
l'air sur nos genoux; elles n'ont évidemment pas l'habitude d'être
examinées ainsi.
_Miss Coote_, à Minnie.--Comme vous rougissez, ma petite! Est-ce de peur
ou de honte? Ah! dame! vous allez être bien fessée! Quel joli petit cul!
Est-ce que votre maman le fouette souvent?
Je lui donne quelques bonnes claques qui amènent le rouge sur les
blanches rondeurs, et font gigoter de façon comique la pauvre petite,
qui n'apprécie nullement ce préambule: «Oh! oh! assez, je vous en prie,
vous me faites trop mal, Miss Coote! Je ne puis pas endurer cela!
crie-t-elle, en commençant à pleurer.
_Mademoiselle._--Ainsi, petites polissonnes, vous alliez vendre le fruit
pour votre mère? Répondez, Lucy.
_Lucy._--C'est papa qui nous le donnait pour le porter chez nous.
_Mademoiselle._--La vieille histoire d'Adam et Ève; l'un a tenté
l'autre. Alors, c'est votre papa le coupable? Votre mère, tout à fait
innocente, hein?
_Miss Coote._--Je crois qu'il ne me sera pas difficile de faire raconter
à Minnie une autre histoire, Mademoiselle Fosse, ce sont de petites
menteuses aussi bien que de petites voleuses. Essayez ma méthode,
Mademoiselle.
De la main ouverte, j'applique une forte claque, bientôt suivie de
plusieurs autres, sur les fesses de Minnie, qui braille et gigote
éperdument. Mademoiselle traite Lucy de la même manière et bientôt, les
fesses claquées sont roses comme des pêches. Les deux fillettes pleurent
et crient à qui mieux mieux, rejetant les torts d'abord sur leur père,
puis sur leur mère, lorsqu'elles voient qu'il ne sert à rien de mentir.
Je dis alors à Jane de nous apporter à chacune une verge légère. Puis,
je lui ordonne d'attacher au poteau de punition les deux petites
victimes et de leur passer un pantalon pour abriter leurs petites fesses
rouges.
Jane exécute l'ordre et les attache côte à côte par les poignets, les
bras tendus au dessus de leur tête, la pointe de leurs pieds atteignant
juste le parquet. Elle étale ensuite deux petits pantalons de très fine
batiste, presque aussi transparente que de la mousseline, de sorte que
la chair rose est visible au travers. Ces pantalons avaient été choisis
par elle, un peu trop petits; ils plaquent sur les formes d'autant mieux
que les juvéniles postérieurs sont très développés pour leur âge. La
fente laisse, par derrière, un espace vide de six pouces de large qui
démasque un exquis morceau de chair rouge des deux côtés de la raie des
fesses. Comme préliminaires des plaisirs que la fessée va me procurer,
je me délecte du manège de Jane qui, pour les préparer à la séance,
dispose la chemise dans le pantalon, leur fait lever les jambes l'une
après l'autre, leur fait prendre des postures variées, et prend
consciencieusement son temps pour faire durer le plus possible cette
délicieuse opération.
Je dis alors à Mademoiselle de m'aider à leur donner le fouet tandis que
je leur ferai la morale.
La mère est si terrifiée de voir ses deux filles attachées pour la
fessée, qu'elle veut se jeter à genoux, bien que ses poignets fixés
au-dessus de sa tête le lui interdisent, «Oh! oh! Miss Coote! Pitié pour
mes pauvres petites!! crie-t-elle alors. Et dire que c'est moi qui leur
vaut cela!» Et la malheureuse essaye de joindre les deux mains comme
elle a voulu se jeter à genoux.
_Miss Coote._--Faites-nous grâce de vos pleurnicheries, vilaine femme!
Nous ne faisons que commencer. Qu'est-ce que vous dites de ça, Minnie,
et vous, Lucy? Recommencerez-vous à me voler mon fruit, petites
coquines? Réchauffez-leur bien les fesses, Mademoiselle, chassez-moi
l'instinct du vol de leur derrière.
Les verges accomplissent leur piquante besogne et cinglent les jolies
rondeurs, dessinant sur la peau de fines marques rouges. Les victimes
poussent des cris aigus; leurs faces sont pourpres; les larmes
ruissellent sur leurs joues; elles supplient qu'on leur pardonne,
promettant de ne plus jamais recommencer, etc, etc.
Mon amie et moi, nous sommes dans le ravissement. La scène nous
électrise, le sang bout dans nos veines; nos instincts sensuels
s'exaspèrent; les cris de douleur sont pour nos oreilles une musique
délicieuse; nous cinglons sans ménagement les pauvres petits culs
jusqu'à ce que le sang perle sur les chairs boursouflées. La vue de la
pauvre mère éplorée est un autre régal pour nous, car, bien qu'elle ne
soit encore que spectatrice, elle tressaille à chaque coup de verge
comme si elle le recevait elle-même; elle crie et sanglote à fendre
l'âme.
_Mademoiselle._--Voyez un peu cette grosse sotte! Tenez, madame White,
c'est maintenant que vous allez pouvoir pleurer!
Ce qui reste des minces pantalons est déchiré et arraché, et nous nous
ruons de nouveau à coups de verges sur les petites victimes pantelantes
et nous ne nous serions pas arrêtées, si Jane ne nous avait fait
remarquer que Minnie était évanouie et que Lucy ne valait guère mieux.
Où les détache, on leur bassine les fesses et la figure avec de l'eau
fraîche, on leur fait respirer des sels et on les ranime. Puis on leur
fait boire, ainsi qu'à leur mère, du champagne additionné d'un énergique
cordial.
Mme White, qui a été aussi délivrée, berce ses filles sur ses genoux;
elle les couvre de caresses et de baisers, se lamente et pleure
nerveusement à la vue de leurs petits culs écorchés: «Pauvres trésors!
crie-t-elle, Ah! Miss Coote! comme vous avez été barbare avec ces
pauvres innocentes!
_Miss Coote._--Je vous conseille de les appeler innocentes, quand c'est
vous-même qui leur avez appris à voler! Attendez un peu, ça va bientôt
être votre tour de vous confesser.
_Mme White_, d'une voix tremblante.--Excusez-moi, je ne sais pas ce que
je dis, mon coeur de mère saigne de voir leurs pauvres derrières.
_Miss Coote._--Lâchez-les! Mary va les panser et elle reviendra nous
aider à ranimer leur maman qui m'a l'air terriblement déprimée.
Un éclat de rire accompagne cette ironique remarque. Jane revient
bientôt et se met en devoir de disposer Mme White pour la correction qui
l'attend.
_Miss Coote._--Écartelez-la bien sur l'échelle; c'est la plus coupable
de la bande, elle a entraîné son mari et elle a obligé ses enfants à
participer au vol.
_Mme White._--Mais je ne pensais pas que vous vouliez garder le trop
plein du jardin, il aurait été perdu!
_Miss Coote._--Alors pourquoi votre mari ne m'a-t-il pas demandé ce
qu'il fallait en faire? N'avez-vous pas employé cet argent à vous
acheter des rubans et des parures?
La pauvre femme, très honteuse, pousse de gros soupirs et n'essaie pas
de se défendre. Jane et Mademoiselle lui enlèvent sa belle robe bleue et
découvrent une jolie paire d'épaules bien blanches, contrastant avec la
rougeur que la scène précédente a semée sur sa figure et sur son cou.
C'est une jolie femme aux cheveux brun fauve, aux yeux noirs; elle a des
bras bien ronds et des mains fraîches qui dénotent qu'elle ne se livre
pas à la maison à des travaux trop pénibles. Ses vêtements ne sont pas
luxueux, mais très propres et coquettement ornés de dentelles à bon
marché. On la dépouille de tout et elle reste comme ses filles, sans
culotte. Elle rougit jusqu'aux oreilles en voyant ses charmes abondants
exposés tout nus à nos regards. Son mont de Vénus, très proéminent, est
ombragé d'une large toison bouclée de la teinte de ses cheveux.
_Miss Coote._--En vérité, Madame White, comment osez-vous venir vous
faire fouetter sans avoir rien pour cacher votre modestie. C'est tout à
fait inconvenant, vous blessez notre pudeur. Comment allons-nous faire?
_Mademoiselle._--Je me doutais de la chose. Je me suis amusée, avant le
dîner, à lui confectionner un véritable tablier de feuilles de figuier.
Voyez comme cela fera bien sur elle et fera ressortir la teinte de sa
chair.
La pauvre femme pleure d'humiliation à nos remarques railleuses et à nos
plaisanteries sur les deux jolis gigots qu'elle possède et la manière
dont nous allons les faire cuire. On lui ajuste adroitement le tablier
autour des reins et on m'apporte une superbe verge de longs brins
fraîchement coupés, élégamment ornementés de rubans de couleur. On la
fait mettre à genoux pour embrasser l'instrument et, répétant les mots
que Jane lui souffle à l'oreille, elle balbutie: «Ma chère... Miss
Coote... Oh! ff... fouettez-moi... je vous en prie... bien... bien
fort... car j'ai été très... indélicate... oui... oh! pardon! pardon! ne
soyez pas trop sévère!
Ces derniers mots, nullement dictés par Jane, lui échappent malgré elle.
Terrorisée d'avance, les larmes ruissellent sur ses joues lorsqu'on la
relève pour l'étendre sur l'échelle très inclinée; les bras et les
jambes sont écartés autant qu'il est possible, on la ficelle
étroitement, si bien qu'elle peut à peine remuer les jambes ou tortiller
les fesses.
_Miss Coote._--Vous n'avez qu'à moitié avoué votre culpabilité, mais
votre cul, bien échauffé, réveillera vos souvenirs.
La verge siffle dans l'air autour de la victime qui frémit dans
l'appréhension du coup.
Soudain, vzz! vzz! vzz! Trois fois l'instrument s'abat sur le gros
derrière où il marque son passage par des raies rouges entrecroisées,
les feuilles vertes volent dans toutes les directions. Rudement touchée,
la victime manifeste sa souffrance par des cris aigus: «Hola! ah! oh! ça
fait trop mal! je n'en peux plus! Épargnez-moi!» Les muscles de son dos
et de ses reins montrent par leur tension la sensation de souffrance
qu'aggrave encore sa position écartelée.
_Miss Coote._--Quoi! vous criez déjà? où donc est votre courage? Vos
filles sont moins douillettes que vous! Au fait, criez si vous voulez,
cela vous empêchera peut-être de sentir mes coups. Je ne fais que
commencer et ne suis pas encore bien en train. Allons! Je continue!
Vzz! vzz! vzz! la verge reprend son office et s'abat lentement et
méthodiquement, pendant deux longues minutes.
_La victime._--Ah! de pareilles souffrances sont-elles possibles! Si
vous devez continuer, j'aime mieux mourir de suite.
_Miss Coote._--Taisez-vous, grosse éhontée! Volerez-vous encore?
Élèverez-vous vos enfants dans l'honnêteté, maintenant? Que dites-vous
de cette distribution de coups de verges? Je suis sûre que cela vous
réchauffera les fesses!
Les coups se succèdent, les brindilles se brisent au contact des fesses,
non sans dégâts pour celles-ci. Mme White hurle sa souffrance aux échos
de la salle: «Ahh! atroce! atroce! Ce sont des fers rouges que vous
m'enfoncez dans la chair! oui! j'avoue! je l'ai mérité! assez! assez!
pitié! jamais je ne recommencerai.»
Impassible, la fouetteuse poursuit son oeuvre; le sang coule de la chair
tuméfiée; la large surface des reins, des fesses, des cuisses, des
hanches, pas le plus petit coin n'est resté indemne. S'enroulant autour
des hanches, les brindilles atteignent le ventre, arrachant des poils à
la sombre toison. Elles visitent l'intérieur des cuisses, et au sommet
de celles-ci, la fente mystérieuse n'est pas davantage épargnée, et sur
ses lèvres rebondies, pointent de fines gouttes de sang!
Des feuilles de figuier déchiquetées et éparpillées, il ne reste que les
fils qui les assemblaient, et qui pendent maintenant sur ses fesses et
ses cuisses se collant à la peau à vif. On dirait l'armature d'un feu
d'artifice tiré.
Calme au début, Miss Coote semble avoir perdu toute mesure. Elle est en
proie à une véritable frénésie et frappe à tort et à travers avec une
énergie furibonde. Elle sermonne la victime, lui enjoint d'envoyer
régulièrement ses filles à l'église le dimanche, d'observer le septième
commandement: «Tu ne déroberas pas le bien de ton prochain!»
Comme on le pense, Mme White n'entend pas la moitié de ces objurgations.
Elle n'a plus la force de crier. Elle balbutie: «Oh! mon Dieu! Je
m'évanouis! Que je meure pardonnée! Tu ne voleras pas! Tu ne voleras
pas! Mon Dieu! Comme je suis punie! Enfin elle s'évanouit et la verge la
mutile encore, alors qu'elle ne peut plus sentir les coups!
Jane et Mademoiselle ont suivi la scène d'un bout à l'autre avec un
plaisir indescriptible.
La malheureuse est débarrassée de ses liens. Les traces profondes des
cordes à ses poignets et à ses chevilles sont un cruel témoignage des
tortures que sa position distendue a dû lui causer. Quant à son
derrière, à ses reins et à ses cuisses, ce n'est plus qu'un vaste champ
de chair à vif, de cloques, de sillons rouges et bleus; les gouttes de
sang ornent d'étoiles rouges la toison qui garnit le bas du ventre et
celle qui encadre le réduit d'amour.
Jane, Mary et Polly épongent la pauvre femme et la soulagent de leur
mieux. On la ranime par des aspersions d'eau froide; puis, lorsqu'elle
peut se tenir debout, on lui fait boire plusieurs verres de champagne et
on la reconduit chez elle.
Le jour suivant, me promenant dans le jardin avec ma chère Mademoiselle,
nous demandâmes à White si sa femme s'était longtemps ressentie de la
fessée. Peu habitué à manier les périphrases et sans s'inquiéter de
savoir s'il ne choquait pas nos chastes oreilles, voici ce qu'il nous
répondit:
--Le diable m'emporte, Mademoiselle, si j'avais jamais eu pareille nuit
auparavant! J'étais au lit et dormais quand elle est rentrée avec les
enfants. Mais elle était si échauffée qu'elle les a laissées se coucher
elles-mêmes et a grimpé sur moi comme vous voyez quelquefois la vache
faire au taureau quand elle en a besoin. Elle ne s'est pas inquiétée si
j'étais fatigué d'avoir pioché toute la journée. La nuit entière, il a
fallu que je lui fasse la bonne chose. Je ne sais pas pourquoi elle
était en chaleur comme ça, car d'habitude, nous réservons cela pour les
jours de repos comme le dimanche. Elle prétendait que ça n'avait jamais
été aussi bon! Et c'est vrai qu'elle ne m'avait pas encore fait jouir
comme ça. Seulement, je veux être pendu si après avoir été arrosée comme
elle l'a été, elle ne me donne pas deux jumeaux et peut-être bien trois
ou quatre!