[Note 226: Ambassadeur de France à Lisbonne.]
«Paris, le 22 juin 1824.
«Vous aurez sans doute appris ma destitution. Il ne me reste qu'à
vous dire combien j'étais heureux d'avoir avec vous des
relations que l'on vient de briser. Continuez, monsieur et ancien
ami, à rendre des services à votre pays, mais ne comptez pas trop
sur la reconnaissance, et ne croyez pas que vos succès soient une
raison pour vous maintenir au poste où vous vous faites tant
d'honneur.
«Je vous souhaite, monsieur, tout le bonheur que vous méritez, et
je vous embrasse.
«P.-S.--Je reçois à l'instant votre lettre du 5 de ce mois, où
vous m'apprenez l'arrivée de M. de Mérona. Je vous remercie de
votre bonne amitié; soyez sûr que je n'ai cherché que cela dans
vos lettres.
«CHATEAUBRIAND[227].»
[Note 227: Un an plus tard, le 3 juillet 1825, le baron Hyde
de Neuville annonçait à son tour à son ami Chateaubriand que
son ambassade venait de lui être enlevée:
«Mon noble ami,
«Vous m'avez annoncé votre sortie du ministère. Je
vous fais savoir à mon tour que je ne suis plus
ambassadeur.
«On me frappe parce que je vous ai suivi. Tant mieux,
cela doit resserrer nos liens d'amitié; que Dieu soit
loué, le Roi béni!
«_The king can do wrong._
«Tout à vous,
«HYDE DE NEUVILLE.»
Il reçut la réponse suivante:
«Bravo! mon cher ami, qu'ils s'en prennent à des
hommes comme vous, et ils n'iront pas loin. Je ne puis
vous offrir par quartiers les cinq mille francs que
vous aviez mis à ma disposition; mais j'ai encore
quelques assiettes de porcelaine à votre service, et
si vous en avez besoin, nous les vendrons.
«Pauvre France! À vous plus que jamais.
«CHATEAUBRIAND.»]
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