--A votre guise!... Vous êtes maître de vos actes... Pourtant,
reconnaissez...
--Je ne reconnais rien! glapit, du couloir, Lahonce.
On entendait ses pas descendre lourdement à tâtons l'escalier noir,
descendre, descendre encore.
--Charlie! ordonna d'une voix étouffée M. Brodin... Charlie, rattrape
vite ton père... jette-toi à ses genoux!... Ramène-le à tout prix!...
J'ai peur d'un malheur...
Le jeune homme s'élança dans le couloir. M. Brodin, la main en cornet
contre son oreille, l'écoutait dévaler le long des marches. Mais tout
à coup un sourd fracas ébranla le sol, fit résonner toute la maison.
C'était la porte de l'hôtel qui se refermait dans un vacarme de
détonation lointaine.
Une minute après, Charlie reparut, tout essoufflé, tout pâle.
--Parti? demanda M. Brodin qui suffoquait.
--Oui! fit Charlie.
Il y eut un temps. M. Brodin considérait d'un œil fixe la flamme de
la bougie qui brûlait sur la table.
Il saisit enfin le chandelier et levant la main en une attitude de
désespoir:
--Ah! mon enfant!... Qu'est-ce que tu as fait là?... Dieu veuille que
tu ne t'en repentes pas!...
Sur le seuil il se retournait, semblait questionner le plafond:
--Où peut-il être allé, ce pauvre homme?...
Charlie et lui se regardèrent tous deux, puis subitement ils
baissèrent la tête. Car, dans leurs yeux, ils avaient lu même
irrévérente et rassurante réponse: chez sa maîtresse, chez Warner.