FIN.

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_In editione latina hæc omissa fuerant._

Area sed foelix potiusque hæc aucupis illex

Quod fecisse alium narrat plebecula tota,

Urbis qui quandoque in diversoria nota

Venerat, ingressus conclave relinquere fuerat

Ut multi legerent non ferme plura quaternis

Versiculis, titulo charta minioque notata.

En liber historiæ jam quartus in ordine Gallæ,

Quis neget hunc nullo foelicem quæso labore.

Bis duo cui totidem peperere volumina versus?

Monstrari hinc digito, scriptorque hinc dicier esse

Gallorum historiæ, atque hinc maxima premia ferre[199].

[Note 199: Ces vers, dont l'avant-dernier paragraphe de

la pièce françoise est la traduction, ne se trouvent pas

dans les éditions de du Bellay, non plus que le reste de

l'épître latine.]

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_Le Poëte courtisan._

Je ne veulx point icy du maistre d'Alexandre

Touchant l'art poëtiq' les preceptes t'apprendre;

Tu n'apprendras de moy comment joüer il fault

Les misères des roys dessus un eschafault[200];

Je ne t'enseigne l'art de l'humble comoedie

Ni du Mëonien la muse plus hardie;

Bref, je ne montre icy d'un vers Horatien

Les vices et vertuz du poëme ancien,

Je ne depeins aussi le poëte du vide.

La court est mon autheur, mon exemple et ma guide[201];

Je te veulx peindre icy comme un bon artisan

De toutes ses couleurs l'Apollon courtisan,

Où la longueur surtout il convient que je fuye,

Car de tout long ouvraige à la court on s'ennuye.

Celuy donc qui est né (car il se fault tenter

Premier que l'on se vienne à la court presenter)

A ce gentil mestier, il fault que de jeunesse

Aux ruses et façons de la court il se dresse;

Ce precepte est commun, car qui veult s'avancer

A la court, de bonne heure il convient commencer.

Je ne veulx que longtemps à l'estude il pallisse,

Je ne veulx que resveur sur le livre il vieillisse,

Fueilletant studieux tous les soirs et matins

Les exemplaires grecs et les autheurs latins.

Ces exercices là font l'homme peu habile,

Le rendent catareux, maladif et debile,

Solitaire, facheux, taciturne et songeard;

Mais nostre courtisan est beaucoup plus gaillard.

Pour un vers allonger ses ongles il ne ronge,

Il ne frappe sa table, il ne resve, il ne songe,

Se brouillant le cerveau de pensemens divers

Pour tirer de sa teste un miserable vers,

Qui ne rapporte, ingrat, qu'une longue risée

Partout où l'ignorance est plus authorisée.

Toy donc qui as choisi le chemin le plus court

Pour estre mis au ranc des sçavants de la court,

Sans macher le laurier, ny sans prendre la peine

De songer en Parnasse, et boire à la fontaine

Que le cheval volant de son pied fist saillir,

Faisant ce que je dy, tu ne pourras faillir.

Je veulx en premier lieu que sans suivre la trace

(Comme font quelques uns) d'un Pindare et Horace,

Et sans vouloir comme eux voler si haultement,

Ton simple naturel tu suives seulement.

Ce procès tant mené, et qui encore dure,

Lequel des deux vault mieulx, ou l'art, ou la nature,

En matière de vers à la court est vuidé:

Car il suffit icy que tu soyes guidé

Par le seul naturel, sans art et sans doctrine,

Fors cet art qui apprend à faire bonne mine;

Car un petit sonnet, qui n'ha rien que le son,

Un dixain à propos, ou bien une chanson,

Un rondeau bien troussé, avec une ballade

(Du temps qu'elle couroit[202]), vaut mieux qu'une Iliade.

Laisse-moy donques là ces Latins et Gregeoys

Qui ne servent de rien au poëte françois,

Et soit la seule court ton Virgile et Homère,

Puis qu'elle est (comme on dict) des bons esprits la mère.

La court te fournira d'arguments suffisants,

Et seras estimé entre les mieulx disants,

Non comme ces resveurs qui rougissent de honte,

Fors entre les sçavants des quelz on ne fait compte.

Or, si les grands seigneurs tu veulx gratifier,

Arguments[203] à propoz il te fault espier.

Comme quelque victoire, ou quelque ville prise,

Quelque nopce, ou festin, ou bien quelque entreprise

De masque, ou de tournoy: avoir force desseings,

Des quelz à ceste fin tes coffres seront pleins.

Je veulx qu'aux grands seigneurs tu donnes des devises[204]

Je veulx que les chansons en musique soient mises;

Et à fin que les grands parlent souvent de toy,

Je veulx que l'on les chante en la chambre du roy.

Un sonnet à propoz, un petit épigramme

En faveur d'un grand prince ou de quelque grand'dame,

Ne sera pas mauvais; mais garde-toy d'user

De mots durs ou nouveaulx qui puissent amuser

Tant soit peu le lisant: car la doulceur du stile

Fait que l'indocte vers aux oreilles distille,

Et ne fault s'enquerir s'il est bien ou mal fait,

Car le vers plus coulant est le vers plus parfaict.

Quelque nouveau poëte à la court se presente:

Je veulx qu'à l'aborder finement on le tente;

Car s'il est ignorant, tu sçauras bien choisir

Lieu et temps à propoz pour en donner plaisir;

Tu produiras partout ceste beste, et en somme

Aux despens d'un tel sot tu seras galland homme.

S'il est homme sçavant, il te fault dextrement

Le mener par le nez, le loüer sobrement,

Et d'un petit soubriz et branlement de teste

Devant les grands seigneurs luy faire quelque feste,

Le presenter au roy, et dire qu'il fait bien

Et qu'il a mérité qu'on luy face du bien.

Ainsi, tenant tousjours ce pauvre homme soubz bride,

Tu te feras valoir en luy servant de guide;

Et, combien que tu sois d'envie époinçonné,

Tu ne seras pour tel toutefois soubsonné.

Je te veulx enseigner un aultre poinct notable,

Pour ce que de la court l'eschole c'est la table[205];

Si tu veulx promptement en honneur parvenir,

C'est où plus saigement il te fault maintenir.

Il fault avoir tousjours le petit mot pour rire;

Il fault des lieux communs qu'à tout propoz on tire

Passer ce qu'on ne sçait, et se montrer sçavant

En ce que l'on ha leu deux ou trois soirs devant.

Mais qui des grands seigneurs veult acquerir la grace

Il ne fault que les vers seulement il embrasse,

Il fault d'aultres propoz son stile déguiser,

Et ne leur fault tousjours des lettres deviser.

Bref, pour estre en cest art des premiers de ton age,

Si tu veulx finement joüer ton personnage,

Entre les courtisans du sçavant tu feras,

Et entre les sçavants courtisan tu seras.

Pour ce te fault choisir matière convenable

Qui rende son autheur aux lecteurs agreable,

Et qui de leur plaisir t'apporte quelque fruict.

Encores pourras tu faire courir le bruit

Que, si tu n'en avois commandement du prince,

Tu ne l'exposerois aux yeulx de ta province,

Ains te contenterois de le tenir secret,

Car ce que tu en fais est à ton grand regret.

Et, à la verité, la ruse coustumière,

Et la meilleure, c'est ne rien mettre en lumière,

Ains, jugeant librement des oeuvres d'un chacun,

Ne se rendre subject au jugement d'aulcun,

De peur que quelque fol te rende la pareille,

S'il gaigne comme toy des grands princes l'oreille.

Tel estoit de son temps le premier estimé,

Duquel si on eust leu quelque ouvraige imprimé,

Il eust renouvelé peut-estre la risée

De la montaigne enceinte; et sa Muse prisée

Si hault auparavant eust perdu (comme on dict)

La reputation qu'on luy donne à credit.

Retien donques ce point, et si tu m'en veulx croire,

Au jugement commun ne hasarde ta gloire;

Mais, saige, sois content du jugement de ceulx

Lesquelz trouvent tout bon, auxquelz plaire tu veux,

Qui peuvent t'avancer en estats et offices,

Qui te peuvent donner les riches benefices,

Non ce vent populaire et ce frivole bruit

Qui de beaucoup de peine apporte peu de fruict.

Ce faisant, tu tiendras le lieu d'un Aristarque,

Et entre les sçavants seras comme un monarque.

Tu seras bien venu entre les grands seigneurs,

Des quelz tu recevras les biens et les honneurs,

Et non la pauvreté, des Muses l'héritage,

Laquelle est à ceulx-là reservée en partage,

Qui, dedaignant la court, facheux et malplaisans,

Pour allonger leur gloire accourcissent leurs ans.

[Note 200: Dans le sens de théâtre. C'étoit celui qu'il

avoit alors le plus communément. «Ces provinces, dit

Nicolas Pasquier, _liv. VIII_, _lettre 2_, serviront d'un

échafaud tout public et sanglant, ou se joueront tous les

actes de cette grande tragédie.»]

[Note 201: Le mot _guide_ étoit alors du féminin dans

toutes ses acceptions, comme il l'est encore dans le sens

de _rêne_ pour conduire les chevaux. V. t. I, p. 75.]

[Note 202: Le genre de la _ballade_, qui commençoit à

n'être plus en faveur, eut une sorte de réveil au XVIIe

siècle; mais Trissotin toutefois pouvoit dire avec raison à

Vadius:

Variétés Historiques et Littéraires (10/10) Recueil de pièces volantes rares et curieuses en prose et en vers · 第 37 / 88 题