[Note 179: Ce billet n'a pas été cité par M. Cousin.]
Ce mardy.
Vous devés me haïr de ne vous avoir pas escrit, dès hier au matin que
Madame[180] m'a commandé expressement de vous faire des compliments
de sa part, et de vous dire que si elle ne fust point sortie si tard
des Carmélites, elle auroit esté vous faire une vissitte. Je lui dis
tout ce que vous m'aviés ordonné. Madame de Saint-Loup[181] ne luy
avoit point parlé de vostre grande lettre ny de vostre billet; voilà,
ce me semble, ce que vous m'aviés ordonné de sçavoir. Si vous me
commandiés autre chose, vous verriés avec quelle exactitude je vous
obéirois.
[Note 180: Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans,
dans l'intimité de laquelle madame de La Fayette vécut
long-temps, et dont elle a écrit la vie.]
[Note 181: C'étoit une demoiselle de La Rocheposay, qui
avoit épousé le partisan Le Page, et qui s'étoit appelée
madame de Saint-Loup, d'une terre achetée en son nom, par
son mari, dans le Poitou. Elle étoit de la cour d'Henriette
d'Angleterre, et fort galante. M. de Vardes fut son premier
attachement, puis vint le tour de Candale. «Mais, dit un
jour celui-ci à Saint-Evremont, qui nous l'a rapporté,
elle avoit été aimée et avoit aimé, et, comme sa tendresse
s'étoit épuisée dans ses premiers amours, elle n'avoit
plus de passion véritable. Ses affaires n'étoient plus
qu'un intérêt de galanterie, qu'elle conduisoit avec un
grand art, d'autant plus qu'elle paroissoit naturelle, et
faisoit passer la facilité de son esprit pour une naïveté
de sentiment.»Saint-Evremont, _Oeuvres_, 1806, in-8º, t.
II, p. 309.--Elle finit par se convertir en de curieuses
circonstances qu'a racontées Tallemant. Edit. P. Paris, t.
III, p. 44, 141.]
* * * * *