De la chèvre il ne me souvient guère, mais de l'âne j'ai meilleure
mémoire. Il se peut, ainsi qu'on l'a dit, que j'aie brouillé les deux
proverbes. De cela je n'ai nul souci. Je me levai et parlai à peu près
de la sorte:
«L'âne hache les raves comme il sait. À son exemple, vous hachez sans
discernement, le lendemain de même que la veille, ignorant ce qu'il
convient de détruire et ce qu'il convient de respecter. Mais sachez que
je n'ai tant souffert et combattu que pour vivre dans ma ville. Je la
défendrai donc et mourrai, s'il le faut, l'épée à la main.»
Je n'en dis pas davantage et je sortis. Ils coururent sur mes pas et,
s'efforçant de m'apaiser par leurs prières, ils jurèrent de respecter
Florence.