Theoph. p. 34.]

Tel est le portrait que les histoires les plus détaillées nous ont

laissé du gouvernement de Gallus. Julien l'excuse; il attribue la

dureté de son caractère aux mauvais traitements qu'il avait essuyés

pendant sa première jeunesse. Zosime est trop zélé partisan de Julien

pour le démentir: il prétend que la disgrace de Gallus ne fut qu'un

effet de la malice des courtisans et des eunuques. Les écrivains

ecclésiastiques s'accordent presque tous sur les louanges de ce prince;

ils lui font honneur de plusieurs succès qu'il eut contre les Perses,

dont ils ne donnent cependant aucun détail; ils lui supposent une

ame vraiment royale; ils relèvent sa piété. Mais quelque respectable

que soit le témoignage de quelques-uns de ces auteurs, des éloges

vagues et destitués de preuves, ne me semblent pas devoir l'emporter

sur l'autorité d'Ammien Marcellin, historien fidèle, désintéressé,

témoin lui-même de tout ce qu'il raconte, et qui peint le caractère de

Gallus par des faits circonstanciés. La translation des reliques de

saint Babylas, la destruction de l'idolâtrie à Daphné, le contraste

qu'on était bien aise de faire valoir entre Gallus et Julien, lorsque

celui-ci eut renoncé à la religion chrétienne un extérieur de piété et

quelques pratiques religieuses, qui ne sont vraiment louables que quand

elles sont le fruit et non pas seulement l'écorce de la vertu, n'ont

pas manqué de prévenir les auteurs chrétiens en faveur de ce prince.

C'est pour les mêmes raisons qu'ils prodiguent quelquefois les plus

grands éloges à Constance. Il est vrai que Gallus malgré tant de vices

resta toujours attaché au christianisme. Nous avons la lettre qu'il

écrivit à Julien pour le détourner de l'apostasie: elle respire le zèle

et l'amour de la religion; mais elle porte l'empreinte de l'arianisme.

[Note latérale: XIV. Histoire d'Aëtius.

Epiph. hær. 76, t. 1, p. 192-193.

Greg. Nyss. l. 1, contra Eunom. t. 2, p. 292.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 75 / 331 题