A ÉDOUARD VUILLARD

_En vous dédiant ce livre, cher Vuillard, j’ai cédé avant tout au

désir d’orner cette première page du nom d’un peintre que j’admire.

Et j’offre également cet ouvrage à l’ami parfait que vous êtes, en

souvenir de ces entretiens heureux, de ces bonnes parties de chasse à

la poursuite de la vérité, où l’on se stimulait mutuellement, où l’on

se menait le train l’un à l’autre._

_Ce livre est dédié encore au chauffeur Édouard Vuillard, compagnon de

cent ballades en auto, dont la plupart sont évoquées dans les pages

suivantes._

_Enfin ce livre est dédié à Édouard Vuillard zouave. Et si je vous

appelle ainsi, Édouard, ce n’est pas seulement parce que vous portez

la belle barbe fauve et carrée du zouave qui «ne fume que le Nil», mais

aussi parce que j’aime bien vos élans de fougue et de générosité. Si

l’on vous a toujours vu au premier rang des avant-gardes, c’est que

vous y avez été porté non par nihilisme systématique ou par scepticisme

préconçu, mais par votre franchise d’idées, votre besoin de justice._

_Oh! mais je crois qu’il faut s’arrêter là, car il me semble que nous

en venons aux grands mots... Vous ne les aimez pas, et ils feraient

peur au lecteur._

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Les veillées du chauffeur · 第 10 / 94 题