«Londres, le 7 avril 1834.
»Mon cher duc,
»Rien n'est si honorable que votre retraite; cette pensée ne saurait
cependant être suffisante que pour vous; elle laisse chez nous
grande place aux regrets, et ceux qu'éprouve le ministère anglais, _en
totalité_, s'expriment ou se montrent de toutes manières. Vous ne
sauriez douter des miens en particulier, ainsi que de mon amitié bien
dévouée. Veuillez offrir mes tendres et respectueux hommages à madame
de Broglie.
»Adieu...»
«Londres, le 10 avril 1834.
»Mon cher duc,
»Si votre excellente lettre du 6 a encore augmenté le regret que me
cause votre retraite actuelle des affaires, elle a cependant été pour
moi l'occasion d'un grand plaisir, celui de la faire lire à lord Grey,
à lord Brougham, à lord Holland, et de voir l'impression vive et
profonde qu'elle leur a faite. Ils y ont tous trouvé de nouveaux
motifs pour vous honorer et pour bien accueillir le nom de M. de
Rigny, déjà fort considéré et fort apprécié ici. Ils ont vu avec
plaisir ce que vous me mandez sur l'invariabilité du système, des
sentiments et des principes de notre gouvernement. Voilà, mon cher
duc, ce que, pour le bien général, comme pour votre satisfaction
personnelle, vous serez aussi aise d'apprendre, que je le suis de vous
en assurer. Ne cessez pas tout à fait de m'écrire, et en me donnant de
vos nouvelles de me parler quelquefois de la France. Vos lettres
peuvent m'être très utiles: je les demande à vos moments de loisir.
»Mille bien tendres amitiés.
»_P.-S._--Gardez ce que je vais vous dire pour _vous_. Votre
excellente et _utile_ lettre a été à Windsor et y a produit, sous tous
les rapports, un effet excellent.»