[1: Ceci répond à une lettre reçue de Paris.]
[2: _Voir_ le portrait des Russes, lettre trente-deuxième, Moscou.]
[3: _Voyez_ l'épigraphe tome Ier et la conclusion tome IV.]
[4: Les Russes, superficiels en tout, ne sont profonds que dans l'art de
feindre.]
[5: _Voyez_ la description de Moscou.]
[6: Voyez _la Russie, la Pologne et la Finlande_, par M. J. H.
Schnitzler. Paris, chez Jules Renouard, 1835, p. 193.--Je dois dire une
fois pour toutes que ce bon et utile ouvrage, protégé à Pétersbourg, est
extrêmement partial, du moins dans la forme du langage, condition
nécessaire si l'on veut faire tolérer en Russie ce qu'on écrit touchant
ce pays.]
[7: _Voyez_ pour les nomenclatures, les mesures, les monuments et pour
toute la partie technique de la description des lieux, la statistique de
Schnitzler, page 200.]
[8: _Voyez_ tome III, la lettre vingt-troisième.]
[9: _Voyez_ dans l'Appendice, tome IV, l'histoire de l'emprisonnement
d'un Français, de M. Pernet, à Moscou.]
[10: _Voir_ lettre dix-huitième la description du costume de Fedor par
le prince *** dans l'histoire de Thelenef.]
[11: _Voyez_ l'histoire de Thelenef dans la lettre dix-huitième.]
[12: «Pierre Ier, en joignant par un canal la Msta à la Twer, avait
établi une communication entre la mer Caspienne et le lac Ladoga,
c'est-à-dire entre les rivages de la Perse et ceux de la mer Baltique;
mais le lac, souvent orageux, est hérissé d'écueils, sur lesquels la
Russie perdait chaque année un grand nombre de bâtiments. L'Empereur
Pierre Ier conçut le projet d'épargner au commerce ce passage funeste en
réunissant, par un nouveau canal, le Volkof à la Néva. Il commença les
travaux; mais il fut mal secondé. Les ingénieurs qui obtinrent sa
confiance se trompèrent et le trompèrent lui-même; les nivellements
furent mal pris, et cet ouvrage utile ne fut terminé que sous le règne
de Pierre II.»
(_Histoire de Russie et des principales nations de l'Empire russe_, par
Pierre Charles l'Évêque, 4e édition, publiée par Malte-Brun, Depping.)
Si j'insère ici cet extrait, c'est par un sentiment d'équité. Je juge
Pierre Ier d'une manière différente de la plupart des écrivains, et j'ai
trouvé juste de citer, à propos des travaux qui font honneur aux règnes
suivants, un trait propre à mettre en relief la sagacité d'esprit du
fondateur de l'Empire russe moderne. Il s'est trompé en général dans la
direction de sa politique intérieure, mais il apportait un jugement sûr,
un tact fin dans les détails de l'administration.]
[13: _Voyez_ tome II. treizième lettre, conversation de l'Empereur.]
[14: À quoi servent les institutions dans un pays où le gouvernement est
au-dessus des lois, où le peuple languit dans l'oppression à côté de la
justice, qui lui est montrée de loin comme on présente un morceau friand
à un chien qu'on bat s'il ose en approcher, comme une curiosité qui
subsiste à condition que personne n'y touche. On croit rêver quand sous
un régime aussi cruellement arbitraire, on lit dans la brochure de M. J.
Tolstoï, intitulée: _Coup d'oeil sur la législature russe_, suivi d'un
léger aperçu sur l'administration de ce pays, ces paroles dérisoires:
«C'est elle (l'Impératrice Élisabeth) qui décréta l'abolition de la
peine de mort; cette question si difficile à résoudre, que les
publicistes les plus éclairés, les criminalistes et les jurisconsultes
de nos jours ont examinée, controversée et débattue sous toutes ses
faces sans parvenir à en trouver la solution, Élisabeth l'a résolue il y
a environ un siècle dans un pays qu'on ne cesse de représenter comme une
terre barbare.» Ce chant de triomphe exécuté d'un air si délibéré nous
donne un échantillon de la manière dont les Russes comprennent la
civilisation. En fait de progrès politique et législatif, la Russie
jusqu'à présent s'est contentée du mot; à la manière dont les lois sont
observées dans ce pays on ne risque rien de les faire douces. C'est
ainsi que par un système opposé on les faisait sévères dans l'Europe
occidentale du moyen âge et avec tout aussi peu de succès! On devrait
dire aux Russes: commencez par décréter la permission de vivre, vous
raffinerez ensuite sur le code pénal.
En 1836, la soeur d'un M. Pawlof, employé dans je ne sais quelle
administration, avait été séduite par un jeune homme qui refusait de
l'épouser, malgré les sommations du frère. Celui-ci apprenant que le
séducteur allait épouser une autre femme, attend le fiancé à la porte de
sa maison au moment où le cortége revient de la messe et il poignarde le
marié. Le lendemain, Pawlof fut dégradé, il allait subir la peine légale
de l'exil, lorsque l'Empereur, mieux informé, casse l'arrêt de
l'Empereur mal informé!... Le surlendemain, l'assassin est réhabilité.
Lors de l'affaire d'Alibaud, un Russe, qui n'est pas un paysan puisqu'il
est le neveu d'un des grands seigneurs les plus spirituels de la Russie,
déclamait contre le gouvernement français: quel pays, s'écriait-il;
juger un pareil monstre!... que ne l'exécutait-on le lendemain de
son attentat!!...
Voilà l'idée que les Russes se font du respect qu'on doit à la justice
et au monarque.
La courte brochure de M. J. Tolstoï n'est qu'un hymne en prose en
l'honneur du despotisme, qu'il confond sans cesse, soit à dessein, soit
naïvement, avec la monarchie tempérée; cet ouvrage est précieux par les
aveux qui s'y trouvent renfermés sous la forme de louanges: il a
d'ailleurs un caractère officiel comme tout ce que publient les Russes
qui veulent continuer de vivre dans leur pays. Voici quelques exemples
de cette flatterie innocente qui ailleurs s'appellerait insulte; mais
ici l'encens n'est pas raffiné. L'auteur loue l'Empereur Nicolas des
réformes introduites par ce prince dans le code des lois russes: grâce à
ces améliorations, dit-il, _aucun noble ne pourra désormais être mis aux
fers quelle que soit sa condamnation_. Ce titre de gloire du
législateur, rapproché des actes de l'Empereur, et particulièrement des
faits que vous venez de lire, vous donne la mesure de la confiance que
vous pouvez accorder aux lois de ce pays et à ceux qui
s'enorgueillissent tantôt de leur douceur, tantôt de leur efficacité.
Ailleurs le même courtisan..., j'allais dire écrivain, poursuit son
cours de louanges et nous exalte en ces termes ce qu'il prend pour la
constitution de son malheureux pays: «En Russie, la loi qui émane
directement du souverain, acquiert plus de force que les lois qui
proviennent des assemblées délibérantes par la raison qu'il y a un
_sentiment religieux_ attaché à tout ce qui dérive de ce principe,
l'Empereur _étant le chef-né de la religion du pays_; et le peuple que
des doctrines _déicides_ n'ont pas encore entamé, considère comme sacré
tout ce qui découle de cette source.»
La sécurité avec laquelle cette flatterie est dispensée rend toute
remarque superflue, nulle satire ne pourrait porter coup après de tels
éloges. Le choix du point de vue de l'écrivain, homme du monde, homme
d'esprit, homme d'affaires, vous en apprend plus sur la législation de
son pays, ou plutôt sur la confusion religieuse, politique et juridique
qu'on appelle l'ordre social en Russie, sur la vie civile, sur l'esprit,
les opinions et les moeurs des Russes que tout ce que j'essaierais de
vous développer dans des volumes de réflexions.]
[15: Je n'ai pas cette crainte en publiant mon voyage, car ayant écrit
librement mon opinion sur toutes choses, je ne puis être soupçonné de
parler, en cette circonstance, à la prière d'une famille ou d'une
personne.]
[16: Je pensais, non sans fondement, que ces flatteries circonstanciées
saisies à la frontière assureraient ma tranquillité pendant le reste de
mon voyage.]
[17: _Voir_ pour la description de ce qui reste de cette ville célèbre
la relation écrite au retour de Moscou.]
[18: Il y a un peu plus de cent ans que les femmes russes vivaient
renfermées.]
[19: Il n'y a rien qu'un Empereur de Russie ne puisse mettre à la mode
dans son pays; à Milan, si le vice-roi protége un artiste, celui-ci est
perdu de réputation et sifflé impitoyablement.]
[20:
Milan, ce 1er janvier 1842.
Trois années ne se sont pas encore écoulées depuis le jour que cette
lettre fut écrite, et madame la comtesse O'Donnell à qui elle était
adressée, n'existe plus; à peine arrivée jusqu'au milieu de la vie, elle
est morte, quasi subitement, sans presque avoir été malade, sans pouvoir
préparer sa famille, ses amis à la douleur de la perdre.
Nous qui comptions sur ses soins ingénieux pour nous consoler dans les
inévitables chagrins de la vieillesse, faut-il que nous l'ayons vue,
jeune encore, aimée, entourée, nous devancer sur cette pente que nous
descendrons vieux et délaissés en regrettant à chaque pas l'appui que
nous promettait son coeur généreux, son charmant esprit?
Hélas! sans craindre désormais de la compromettre en lui adressant mes
jugements sur le singulier pays que je décris, je mets ici son nom à
l'abri du tombeau. Aussi ce nom paraîtra-t-il seul cette fois parmi les
lettres que je publierai.
C'est celui d'une des femmes les plus aimables, les plus spirituelles
que j'aie connues; elle était en même temps l'une des plus dignes
d'inspirer, comme des plus capables d'éprouver une amitié véritable.
Elle savait à la fois diriger hardiment et doucement embellir la vie de
ses amis; sa raison courageuse lui inspirait les conseils les plus
sages, son coeur lui dictait les résolutions les plus nobles, les plus
fortes; et la gaieté de son esprit rendait l'existence facile aux plus
malheureux; comment désespérer de l'avenir quand on rit du présent?
C'était un caractère sérieux, un esprit léger, piquant, aussi prompt à
la réplique, qu'indépendant dans ses aperçus; esprit plein de ressort,
esprit imprévu comme les circonstances qui provoquaient ses saillies;
esprit toujours prêt à répondre au besoin qu'on avait de lui, et qu'il
avait de lui-même, car ses reparties étaient parfois une défense
terrible.
Ennemie éclairée de toute affectation, elle compatissait à la faiblesse;
elle usait avec discernement des armes que lui fournissait sa
pénétration naturelle; équitable jusque dans ses plaisanteries, juste
même dans ses vivacités, elle ne frappait que sur les ridicules
évitables; douée d'un jugement droit et en même temps exempte de toute
pédanterie, elle rectifiait les préjugés des autres avec une adresse
d'autant plus efficace qu'elle était mieux cachée; sans la sincérité du
sentiment qui la guidait dans ce travail bienfaisant, on aurait pris son
habile instinct, son goût sûr et délicat pour de l'art, tant elle
réussissait à corriger les défauts, et même à redresser les torts sans
blesser les personnes. Mais cet art était de la bonté. Sa finesse ne lui
a jamais servi qu'à réaliser les désirs bienveillants de son coeur.
Lorsqu'elle croyait de son devoir d'éclairer la raison d'un ami elle
disait des vérités sévères sans irriter l'amour-propre, car sa franchise
était une preuve d'intérêt, et rien n'était plus flatteur que de
l'intéresser, parce qu'elle avait l'âme trop noble pour n'être pas
indépendante; exclusive dans ses affections, elle jugeait ce qu'elle
aimait; car elle avait l'esprit d'une rare justesse, qualité sans
laquelle toutes les autres sont perdues.
Ce qu'elle montrait de son caractère était agréable, ce qu'elle en
cachait était attachant; elle avait toujours l'envie de faire du bien,
mais elle n'avouait ordinairement que celle d'amuser et de plaire.
D'autant plus ingénu, plus élégant, plus libre dans ses allures qu'il
s'appliquait moins à produire, son esprit aimait à se jeter par la
fenêtre comme l'or des riches. Elle disait qu'elle jouissait mieux du
talent des autres, parce qu'elle ne possédait que celui de l'apprécier.
La vie de famille lui avait fourni d'abord plus qu'à personne les
exemples nécessaires et les occasions favorables au développement de
cette aimable disposition innée à jouir sincèrement des productions
d'autrui[21], faculté qu'elle sut exercer ensuite d'une manière
gracieuse au profit de tout le monde.
Toutefois, on se serait trompé si l'on eût pris au mot sa modestie
naturelle: un esprit si fécond en aperçus fins, en expressions
originales et pittoresques, brillant parmi les plus brillants,
prime-sautier, comme dirait Montaigne, équivaut bien au talent; c'était
l'esprit de conversation de la société parisienne au meilleur temps,
mais appliqué à juger notre époque qu'elle comprenait comme un
philosophe, et peignait comme un miroir. Tant de qualités diverses, tant
de solidité de caractère, de bonté de coeur, de mouvement d'esprit, un si
heureux mélange de raison et de gaieté faisait d'elle un des types de
ces femmes françaises, qui avec leur énergie cachée sous des grâces dont
elles seules ont le secret sont selon les temps des coquettes
séduisantes ou des héros. Les révolutions éprouvent le fond des coeurs et
mettent au jour les vertus ignorées.
Naturellement obligeante, elle était heureuse du bien qu'elle faisait
plus que des services qu'on lui rendait et pourtant... faculté rare!...
elle avait poussé la délicatesse de l'amitié au point d'apprendre à
recevoir aussi bien qu'à donner; c'est avoir atteint la perfection du
sentiment.
Veillant de près et de loin sur ses amis, sans jamais les importuner de
sa sollicitude; toujours sincère avec elle-même et patiente envers les
autres; résignée à leurs imperfections comme à la nécessité, cachant
avec un soin contraire à celui que prennent les femmes ordinaires, une
sagesse profonde sous la légèreté du discours, elle voyait les hommes
comme ils sont, et les choses du côté consolant. Ceux qui l'ont connue,
savent aussi bien que moi tout ce qu'il y avait de philosophie, de
courage dans sa manière prompte et simple de se soumettre aux
circonstances, et de charité, d'élévation, de pénétration dans ses
jugements sur les caractères.
Eclairée sur les objets de ses affections, elle les aimait malgré leurs
défauts qu'elle ne cherchait à cacher qu'aux yeux du monde, elle les
aimait dans leurs succès comme dans leurs revers, car elle était exempte
d'envie, et ce qui est plus rare, et plus beau, elle savait en même
temps s'abstenir de toute générosité de parade.
Ses procédés envers les amis malheureux paraissaient le résultat d'une
douce inspiration plutôt que le produit d'un calcul de vertu formulé
d'avance: rien en elle n'annonçait la contrainte, et tout avait le
charme du naturel: mère, fille, soeur, amie excellente, elle n'employait
sa vie qu'à faire du bien aux personnes qui lui étaient chères, et loin
de se vanter de tant de dévouement, elle était la dernière à
s'apercevoir des sacrifices qu'elle faisait; elle en obtenait le prix
sans le demander; enfin on pardonnait en elle ce qu'on hait dans les
autres: la jalousie; elle était jalouse.. mais seulement des affections
et jamais des avantages; cette inquiétude exempte d'exigence et de
vanité désarmait les coeurs les plus fiers et les attachait sans les
révolter: l'envie inspire le mépris, la jalousie mérite la compassion.
Telle était la femme à qui j'écrivais cette lettre au moment d'entrer à
Moscou; celui qui m'aurait dit alors qu'avant de la publier j'y
ajouterais une si triste note, m'aurait découragé pour tout le reste du
voyage.
Elle était si aimée, si vivante, qu'on ne peut croire à sa mort, même en
la pleurant. Elle revit dans tous nos souvenirs; chacun de nos plaisirs,
chacune de nos peines, la font renaître dans notre imagination, et
désormais notre vie ne sera qu'une continuelle évocation de cette vie
que nous n'eussions jamais dû voir s'éteindre.
Ce n'est pas moi seul que je désigne ici par ce mot _nous_, je parle
pour tous ceux qui l'ont aimée, c'est-à-dire bien connue, pour sa
famille, surtout pour sa mère qui lui ressemble, et je suis assuré que
malgré la distance qui nous sépare en ce moment ils retrouveront une
partie de leurs sentiments dans l'expression des miens.]
[21: Madame O'Donnell était fille de madame Sophie Gay et soeur de madame
Delphine de Girardin.]
[22: _Les salons d'une femme_, expression nouvellement empruntée aux
restaurateurs par les gens du grand monde.]
[23: Le dernier patriarche de Moscou. (_Note du Voyageur_.)]
[24: L'Empereur. (_Ibid._)]
[25: Peu s'en fallut que ce malheur auquel je croyais avoir échappé ne
m'arrivât. Le mal d'yeux qui commençait, quand j'écrivais cette lettre,
n'a fait qu'augmenter pendant tout mon séjour à Moscou et plus loin;
enfin, au retour de la foire de Nijni, il a dégénéré en une ophthalmie
dont je me ressens encore.]
[26: Schnitzler, dans sa statistique, décrit ainsi le territoire du
gouvernement de Moscou; je copie littéralement:
«Généralement le sol est maigre, fangeux et peu fertile, et quoique près
de la moitié de sa surface soit en culture, il n'est nullement
proportionné à la population et ne donne qu'un produit très-médiocre,
insuffisant pour la consommation,» etc., etc. (_La Russie, la Pologne et
la Finlande_, par M. J. H. Schnitzler, Paris, chez J. Renouard, 1835.
Page 37.)]
[27: C'est le titre qu'on donnait alors aux grands-ducs de Moscou.
(_Note du Voyageur_.)]
[28: Le palais d'hiver à Pétersbourg fut brûlé le 29 décembre 1837.]
[29: Karamsin n'a sûrement pas cherché à exagérer ce qui pouvait
déplaire à de tels juges.]
[30: M. de Tolstoï, que j'ai cité ailleurs, expose en ces termes la
doctrine des hommes politiques de son pays:
«Et qu'on ne dise pas qu'un seul homme peut faillir, que ses aberrations
peuvent amener de graves catastrophes, d'autant plus qu'aucune
responsabilité ne domine ses actes.
[...]
«Est-il possible d'admettre l'absence du sentiment patriotique dans un
homme appelé par la Providence à gouverner ses semblables? un tel prince
serait une exception monstrueuse.
«Pour ce qui regarde la responsabilité, elle existe dans la malédiction
des peuples[31] et dans les tables de l'histoire qui burine sans pitié
les méfaits des puissants de la terre. Où en serait l'Empire de Russie
si Pierre-le-Grand eût été gêné dans l'exercice de son pouvoir?
«Où en seraient les Russes, si des députés se réunissaient chaque année
pour passer six mois à délibérer sur des mesures dont la plupart d'entre
eux n'ont aucune idée? Car la science gouvernementale n'est pas innée;
et que deviendrions-nous, si nous n'avions pas à la tête des destinées
de la Russie un monarque dont la pensée sage et énergique, _libre de
tout contrôle_, n'est dirigée que vers un seul but: le bonheur de la
Russie[32]?» (_Coup d'oeil sur la Législation russe_. Pages 143, 144.)]
[31: Elle n'existe pas dans un pays où l'on bénit la tyrannie dans ses
derniers excès. (_Note du Voyageur_.)]
[32: Ceci suffit, je pense, pour prouver que les idées politiques des
Russes les plus éclairés de nos jours ne diffèrent pas beaucoup de
celles des sujets d'Ivan IV, et que dans leur idolâtrie monarchique ils
ne cessent de confondre le despotisme absolu avec un gouvernement
tempéré. (_Ibid._)]
[33: Karamsin d'où ceci est extrait cite les sources. (_Ibid._)]
[34: Les enfants boyards sont un corps de trois cent mille hommes
tenanciers de la couronne, institués comme une noblesse secondaire par
Ivan III, aïeul d'Ivan IV.]
[35: Le supplice de ceux-ci fut simple: grâce enviée de bien des
malheureux sous ce règne. (_Note du Voyageur_.)]
[36: Donc _la commune_ était la Russie entière, moins les six mille
bandits gagés par le Czar. (_Ibid._)]
[37: Qui plus tard fut l'assassin de l'héritier du trône et l'usurpateur
de la couronne. (_Ibid._)]
[38: Ce dévouement de la victime du tyran est certainement une espèce de
fanatisme particulière aux hommes de l'Asie et aux Russes. (_Ibid._)]
[39: On peut voir tous les jours à la cour de l'Empereur Nicolas un
grand seigneur, surnommé tout bas l'_empoisonneur_, et qui plaisante de
ce sobriquet.]
[40: Je suppose qu'il y a ici une erreur du traducteur, et qu'il
faudrait substituer le mot d'_autocratie_ à celui d'_aristocratie_; mais
je copie littéralement. (_Note du Voyageur_.)]
[41: Tel est le terme assigné par Karamsin à la tyrannie d'Ivan IV, qui
régna cinquante ans. (_Ibid._)]
[42: Comparaison vraiment russe et qui montre combien l'étude de
l'histoire est inutile quand on en tire des conséquences forcées.
Néanmoins, il faut le répéter, Karamsin est un esprit distingué; mais il
est né et il a vécu en Russie. (_Ibid._)]
[43: Et vous osez qualifier du titre de martyre une telle servilité!
(_Ibid._)]
[44: Copie littérale. (_Ibid._)]
[45: _Voyez_ dans son Code ou Concordance des lois au chap. VI, les art.
1, 2, 6 et 8.]
[46: Bruce.]
[47: Ici Pierre-_le-Grand_ n'est-il pas plus odieux, s'il est possible,
qu'Ivan IV _le Terrible_?]
[481: Pleurer sur sa victime est un des traits du caractère russe.
(_Note du voyageur_.)]
[49: Ceci est pris de Laveau. J'ai lu ailleurs que cette église avait
été construite sous Vassili-le-Béni, auquel on attribuait le même trait
d'inhumanité dont Laveau accuse Ivan IV.]
[50: _Voyez_ la Chronique de Moscovie, par P. Petrius suédois, imprimée
en allemand, à Leipsick, en 1620, in-4, part. II, p. 159. Cette espèce
d'esclavage commença vers le milieu du XIIIe siècle et dura près de deux
cent soixante ans. Note par Coste. _Essais de Montaigne_, livre Ier,
chap. 48 des Destriès, p. 14 de l'édition de Paris, Firmin Didot frères,
1836, en un seul volume. (_Note de l'Éditeur de Montaigne_.)]
[51: _Voir_ plus loin le danger d'une telle illusion et la détention
arbitraire d'un Français. Vol. IV, APPENDICE.]
[52: Je savais ce fait, et je l'ai noté ailleurs.]