LA PETITE FLEUR BLEUE

Le valet de chambre Loschek, homme de confiance du prince impérial

auquel il était attaché de toujours, entra dans la chambre à coucher à

sept heures et demie, comme à l’ordinaire. Il tira les rideaux, passa

dans la salle de bains, donna des ordres à un valet, revint, prépara le

linge et les vêtements. Puis il se dirigea vers le lit étroit qui

occupait un angle de la pièce. Le prince ne s’éveilla pas. Loschek un

instant le regarda. Les lèvres plissées du vieux valet de chambre, le

petit hochement de tête qu’il eut montraient qu’il avait pitié de

l’homme qui dormait là si profondément. Tout de même, il se pencha et

lui mit la main sur l’épaule...

Une heure plus tard, Rodolphe commençait sa journée officielle dans un

grand salon de réception aux boiseries blanc et or. Un aide de camp l’y

attendait devant un bureau où il venait de déposer quelques dossiers.

Les heures passaient lentement, signatures à donner, conseil à présider,

délégations à recevoir. La discussion la plus passionnante de la matinée

fut avec le chef de l’intendance, sur la qualité du poli destiné à faire

briller les boutons des uniformes. Il y avait une commande à faire.

Cette grave question engageait, paraît-il, des centaines de milliers de

couronnes. Excédé, le prince ne fut libre qu’un peu avant midi. Son aide

de camp en le quittant lui rappela qu’il y avait déjeuner chez Sa

Majesté à 1 h. 3/4 en l’honneur des deux princes prussiens de passage et

qu’il viendrait le chercher à 1 h. 1/2.

--Décorations prussiennes de rigueur, dit-il. Dans l’après-midi V. A.

accompagne les princes aux courses du Prater.

Une fois seul, Rodolphe se dirigea vers une porte que lui ouvrait

Loschek, il suivit de longs couloirs, monta des escaliers et arriva

enfin dans un salon de dimensions restreintes, assez bas de plafond. Une

chambre était voisine. Rodolphe depuis un an environ y couchait. Ce

petit appartement où il aimait à se retirer donnait sur l’Amalien Hof et

de ses fenêtres on voyait l’aile du palais où habitait l’impératrice. Le

salon était meublé avec un confort qui étonnait dans cet austère palais.

Des meubles de cuir anglais, un divan, des coussins, une moquette sur le

parquet, un tapis persan, des fleurs, un bureau moderne derrière

l’écritoire duquel brillait le crâne poli d’une tête de mort. Au milieu

de cette pièce se tenait debout, encore un peu ému de la longue et

périlleuse traversée de la Hofburg, M. Szeps.

Lorsqu’il aperçut le prince impérial, sa maigre figure s’éclaira.

Rodolphe lui prit la main, l’entraîna vers le divan, le fit asseoir,

s’assit auprès de lui, prit un carafon sur un plateau que lui tendait

Loschek et remplit deux verres.

--Mon cher Szeps, j’ai une heure de récréation après la plus ennuyeuse

des matinées. Je vous la consacre. Mais, pour l’amour de Dieu, pas

d’affaires. J’en ai assez. Causons librement de toutes choses, à bâtons

rompus.

Une conversation s’engagea sur le ton le plus simple; pas un mot chez

Rodolphe, pas un accent pour faire sentir à son interlocuteur la

distance qui les séparait. Manifestement le prince était, non pas dans

un jour, car les jours étaient longs et son humeur changeante, mais dans

une heure de détente, dans une atmosphère de confiance dont il jouissait

pleinement. Des sujets politiques furent effleurés, mais non traités.

Szeps s’inquiéta lorsqu’il apprit que les nouvelles particulières de la

Hofburg au sujet de la santé de l’empereur Frédéric III d’Allemagne

étaient mauvaises et qu’on ne pouvait espérer une guérison.

--Ce sera un désastre pour la cause libérale, Monseigneur. Tous les amis

de la liberté se réjouissaient à l’idée de voir cet homme noble sur le

trône d’Allemagne et V. A. sur celui des Habsbourg.

Rodolphe eut un geste indifférent.

--Voilà ce que mes meilleurs amis ne devraient pas me souhaiter,

Szeps... Quant aux Allemands, ils auront un maître, mon cher cousin

Guillaume. Si celui-là n’amène pas la ruine de la dynastie des

Hohenzollern, il faudra croire qu’il y a un Dieu qui protège les rois et

les fous.

Szeps leva les bras au ciel dans un geste de désespoir. Il verrait à

Vienne les hommes contre lesquels il luttait depuis tant d’années

prendre une force nouvelle à la disparition de l’empereur libéral

d’Allemagne. Comme ceux de sa race, il excellait à peser les

impondérables, à mesurer le jeu subtil des influences. Il regarda le

prince en face de lui. Il lut sur sa figure les traces visibles de la

fatigue. Le teint plus pâle, les yeux creusés l’alarmèrent. Ah! si

celui-là venait à leur manquer! Il traduisit la suite cachée de ses

pensées par une question inattendue, qui ne rimait à rien ou trop

visiblement aux nouvelles que Rodolphe venait de donner:

--Est-ce que Votre Altesse se porte bien?

Cela d’un ton si troublé que le prince impérial ne put s’empêcher

d’éclater de rire.

--Beaucoup mieux que notre pauvre Frédéric, dit-il en prenant encore un

verre de porto. J’ai l’air fatigué aujourd’hui. Cela est naturel, je

suis fatigué. Et comment ne le serais-je pas? J’ai soupé chez Sacher

avec Philippe de Cobourg et Hoyos jusqu’à trois heures du matin. Il y

avait de jolies filles, Szeps, et le tokay était excellent. Mais à 7 h.

1/2 ce bourreau de Loschek me tirait hors du lit. Et je ne suis pas

sorti ce matin. J’ai fait une besogne de gratte-papier. Seul le grand

air me remettra. Aussi j’irai aux courses cet après-midi.

--Ah, Monseigneur, Monseigneur, quels soucis vous me donnez! dit Szeps

en se penchant vers lui.

Il avait l’air d’une vieille bonne qui morigène un enfant adoré.

A ce moment, la porte du salon s’ouvrit doucement et Loschek entra, un

plateau d’argent à la main. Il vint jusqu’à son maître et lui tendit le

plateau sur lequel il y avait une lettre. Rodolphe en reconnut

l’écriture,--celle de sa femme. Cela suffit à changer son humeur.

--Tu sais bien, Loschek, que je ne veux pas qu’on me dérange quand je

suis ici, dit-il sur un ton rude.

Loschek rentra la tête dans ses épaules.

--La princesse a ordonné que ce mot fût porté tout de suite. J’ai eu

peur qu’elle ne vînt elle-même.

Rodolphe prit la lettre, s’excusa auprès de Szeps et la lut. Il la jeta

sur un meuble et dit seulement:

--Il n’y a pas de réponse. Dis à la princesse que je la verrai à 1 h.

1/2 avant d’aller déjeuner chez l’empereur.

Il parlait sur un ton sec. Szeps s’étonnait de la transformation qui

venait de se faire chez le prince. Il s’était redressé, sa figure se

contractait, ses yeux brillaient et leur expression était dure.

Manifestement il ne faisait aucun effort pour se contenir et, en effet,

ne se contint pas. Devant le journaliste stupéfait, il se laissa

emporter par la colère.

--Est-ce une vie? dit-il. Il n’y a pas une pièce dans ce palais où je

puisse avoir la paix, pas un coin où je sois assuré d’être seul une

heure. Ma femme--qu’elle aille au diable!...--ne me laisse pas souffler!

C’était la première fois qu’il parlait ainsi de la princesse devant

Szeps. La pire obligation du métier de prince est peut-être de

dissimuler toujours. Une contrainte perpétuelle accable. Il faut

calculer jusque dans la fureur et mesurer ses emportements. Rodolphe

comprit en un clin d’œil qu’il n’avait pas à se retenir devant Szeps. Il

était sûr de sa discrétion éprouvée sur un autre terrain. En outre le

journaliste n’était pas en contact avec le monde de la Hofburg. Rien de

ce qu’il entendrait ne retentirait dans les cercles aristocratiques.

Aussi le prince se détendit avec la joie d’un homme qui s’est longtemps

contenu et qui, soudainement, éclate.

Szeps devant cette colère étalée ne savait quelle attitude prendre. Hors

du domaine des idées, il était timide. Il n’avait pas demandé ces

confidences, il ne savait qu’en faire. Le prince, revenu au sang-froid,

lui en voudrait d’avoir écouté ces confessions sur sa vie privée. Leur

amitié si précieuse, si utile, en souffrirait. Mais, quelle que fût la

gêne de Szeps, il n’avait pour l’instant qu’à se taire. Il se replia sur

lui-même, de plus en plus petit dans un coin du canapé.

Le prince parlait des scènes dont sa femme jalouse l’accablait.

--Cela finira par un scandale, nous ne l’éviterons pas...

Il se promenait de long en large, fébrilement.

--Un scandale! répéta Szeps terrifié.

--Mais oui, un scandale. Elle ne s’arrêtera pas à moins. Dans cette

lettre encore, elle menace de me quitter et de retourner à Bruxelles.

--Mais c’est impossible, dit Szeps avec force. Monseigneur, c’est

impossible!... Dans votre position...

Ces derniers mots eurent un effet inattendu sur le prince. Il s’arrêta,

une lueur de gaîté passa sur son visage.

--Ah! cela, c’est drôle, mon cher Szeps, voilà que vous employez

exactement les mêmes mots que le père supérieur des jésuites.

--Le père supérieur des jésuites, dit Szeps interloqué, je vous avoue,

Monseigneur, que je ne comprends pas...

--Il était ici hier, dit Rodolphe, conscient de l’effet que ces paroles

allaient produire et regardant son interlocuteur avec malice.

Szeps restait atterré. Le prince poursuivit:

--Il venait me parler de ce sujet même, à l’instigation de ma femme sans

doute. Je n’aurai plus la paix, si les jésuites s’en mêlent. Ils veulent

que je donne un héritier à la Couronne.

--Avec raison, interrompit Szeps, avec raison, Monseigneur.

--Et, continua le prince, le révérend père voulait tâter le terrain pour

savoir si quelqu’un, à la place de ma femme, avait pris de l’influence

ici. Je connais ces messieurs: s’il devait y avoir une favorite en

titre, je ne la tiendrais que de leurs mains.

Szeps n’en put supporter davantage. Il bondit.

--Monseigneur, cria-t-il, attention, attention, je vous en supplie. Ce

sont les gens les plus dangereux du monde. Ils travaillent, comme ils

disent, _ad majorem Dei gloriam_; alors, ils se permettent beaucoup...

Ce serait une chose funeste, abominable... (il cherchait ses mots)

impossible...

Cette fois-ci le prince rit franchement. Il mit la main sur l’épaule du

journaliste:

--Ne vous inquiétez pas, mon petit Szeps, ces messieurs ne me tiennent

pas encore... (Il s’arrêta un instant.) Mais il y a une place à prendre,

c’est vrai... une place à prendre... Songez-y, Szeps, la chose peut

avoir de l’importance.

Il y eut un silence. De nouveau l’expression du prince changea. Il

allait lentement à travers la chambre, la tête baissée.

Soudain, il vint à Szeps, s’assit à côté de lui, lui offrit un verre de

porto, et le regardant bien en face, continua d’une voix un peu sourde:

--Puisque nous parlons aujourd’hui de sujets défendus, mon cher Szeps,

avez-vous jamais réfléchi à ce que peut être la vie privée d’un homme

comme moi? Le plus pauvre bougre a le droit de choisir sa femme. «Il

faut que chaque Jeannot trouve sa Jeannette», dit Voltaire. Mais pour

nous autres, princes, la raison d’État décide... Et si je n’ai pas

trouvé ma Jeannette?... Tant pis, je suis bouclé jusqu’à la fin. Vous me

direz que je puis avoir des distractions au dehors et qu’elles ne

manquent pas. Parbleu, je le sais bien. Mais quand on a une femme

querelleuse, ce n’est pas la distraction que l’on cherche hors de chez

soi, c’est l’oubli... C’est un peu plus grave. Les femmes..., c’est tout

de même curieux, Szeps, que les femmes arrivent là entre vous et moi qui

n’avons jamais parlé que de politique. Mais avec ces gaillardes-là, il

faut s’attendre à tout. Où ne se risquent-elles pas?...

Il se mit à rire d’une façon un peu étrange qui inquiéta Szeps.

--Je suis le prince impérial... et jeune encore, et assez mal marié,

chacun le sait... Vous imaginez ce que cela peut déchaîner... disons de

curiosité chez les femmes. Oui, elles ont envie de me voir de plus près,

de tenter leur chance. Eh! il y a un rôle à jouer! Intrigue et amour

(Cabale und Liebe), beau programme féminin... Qui ne voudrait s’y

essayer, jeune fille ou femme, oui, jeunes filles aussi. Pourquoi

pas?... Qui ne désire exercer une influence? Qui n’a quelque chose à

demander? Songez, Szeps, au nombre de gens qui ont tout à gagner à

amener une jolie fille ici, dans cette pièce même où nous sommes. Songez

aux propos à double entente, ou tout simplement aux propositions

cyniques que je reçois... Mon père est âgé déjà. On spécule sur ma

prochaine accession au pouvoir. Il faut prendre ses positions à

l’avance... Mettre la main sur le prince impérial, quelle affaire!...

Qui la refuserait?

Le prince se tut et regarda au loin, comme s’il avait oublié la présence

de Szeps. Sa figure jusqu’alors belle et douloureuse prit une expression

cynique que le journaliste ne lui connaissait pas et qui l’effraya.

--Qui la refuserait? reprit-il, comme se parlant à lui-même. Pas même

vous, Szeps, qui êtes l’honnêteté même... Vous avez une fille, je crois,

je vous la demanderais, me l’amèneriez-vous?

--Mais, Monseigneur, s’écria Szeps bouleversé.

--Quel âge a-t-elle? dit le prince impitoyablement.

--Ma Rachel a quinze ans, répondit le journaliste perdant la tête devant

le tour imprévu qu’avait pris la conversation.

--Quinze ans! l’âge de Juliette... Il est vrai que le Roméo a la

trentaine. Qu’importe? il régnera peut-être demain. Voilà ce qui compte!

Voilà ce qu’il ne faut pas oublier! Vous me tiendriez de deux manières,

par les idées... et d’une autre façon aussi...

Le pauvre Szeps, au désespoir de voir l’homme sur qui il fondait tant

d’espérances se montrer dans une lumière si crue, se cachait la tête

entre les mains. Mais le prince s’amusant à ce jeu cruel poursuivit:

--Pensez-y, Szeps, il y a d’illustres précédents dans l’histoire de

votre peuple. Souvenez-vous de Mardochée offrant sa nièce Esther au Roi

des Rois, Assuérus. Quel oncle prévoyant quel grand politique!

Szeps aux trois quarts anéanti eut enfin le courage d’intervenir.

--Monseigneur, Monseigneur, je vous en prie, arrêtez-vous... je ne puis

vous laisser... je ne prévoyais pas... Sans doute, j’ai pensé souvent à

l’isolement où vous vivez et, comme je m’honore d’être votre ami, je

m’en suis affligé. Comme je regrette que votre rang si élevé vous

empêche de fréquenter nos milieux... Oui, il y a là des femmes d’une

grande culture, dévouées aux idées les plus généreuses, de nobles

caractères... Vous y trouveriez une amie sûre qui vous soutiendrait aux

heures difficiles dans votre tâche ardue... Mais ma Rachel est trop

jeune; elle va à l’école; ses traits ne sont pas encore formés. A cause

de ses études, et parce qu’elle a les yeux un peu faibles, elle porte

des lunettes...

A ce mot inattendu, le prince éclata de rire.

--Des lunettes! voilà qui sauve la jeune Rachel. Ah, ah, ah!...

Il riait nerveusement et ce rire faisait mal aux nerfs sensibles de

Szeps. Szeps se recroquevillait sur le divan. Que n’eût-il donné pour

être à cette heure au _Neues Wiener Tagblatt_? Comme il regrettait les

longues, passionnantes et pourtant si paisibles discussions politiques

qu’il avait eues avec le prince impérial. Voilà qu’il était jeté sur une

mer orageuse où il ne pouvait gouverner son frêle esquif. Il était là,

attendant la prochaine bourrasque. Pour se donner une contenance, il

essuya les verres de son lorgnon.

Le prince, cependant, se calmait. Il se promenait encore machinalement

de long en large, mais sa figure s’était détendue. Finalement, il vint

s’asseoir en face de Szeps et c’est d’une voix assez triste qu’il

s’adressa de nouveau à lui avec cette franchise qui lui donnait tant de

charme.

--Je vous demande pardon, Szeps. Au vrai, je suis dégoûté de la vie que

je mène. Croyez-vous que je sois fait pour la débauche? Pas du tout, je

la subis, comme une maladie, une maladie incurable, hélas! Elle se

repaît et se fortifie d’espoirs déçus, de renoncements quotidiens, du

désir impérieux d’oublier, de la détresse où l’on tombe à voir ce qu’il

y avait peut-être de bon et de noble en soi disparaître, englouti peu à

peu dans un flot d’amertumes quotidiennes. Il y a en moi un désir qui ne

peut se satisfaire de fraîcheur et de pureté. J’apparais cynique, c’est

l’envers de la sentimentalité qui ne veut pas mourir dans mon cœur. Il y

a toujours là ce qu’on appelle naïvement la petite fleur bleue; elle se

nourrit d’idéal et de rêve. Eh bien, Szeps, elle a la vie dure, je vous

en réponds. Elle se plaint et proteste à sa manière. J’aimerais bien

étouffer cette voix importune, je n’y arrive pas... Elle entretient des

illusions absurdes, elle me parle d’un bonheur qui n’est pas fait pour

moi. Bah! je finirai bien par la tuer... Je vous donne rendez-vous dans

un an.

Il parlait sur un ton dont l’ironie ne cachait pas la sincérité. Szeps

maintenant s’attendrissait. Quel homme était ce prince impérial! Quelle

nature généreuse et noble! Voilà que de nouveaux liens se formaient

entre eux. Comment ne pas le chérir?

A ce moment, la porte du salon s’entr’ouvrit et Loschek apparut. Le

prince sursauta.

--J’allais oublier un déjeuner officiel. Heureusement cet animal, dit-il

amicalement en montrant le vieux serviteur, me rappelle à mon devoir.

Szeps, ne m’en veuillez pas de l’heure tourmentée que je vous ai fait

passer. Nous réparerons cela la prochaine fois.

Déjà, il se hâtait vers le salon où sa femme, la princesse Stéphanie,

l’attendait à 1 h. 1/2. Le prince désireux d’éviter un tête à tête avec

l’irascible princesse pendant le long parcours de ses appartements à

ceux de l’empereur l’avait malicieusement convoquée à l’instant même où

le jeune aide de camp dont il connaissait la ponctualité venait le

prendre dans le salon de réception.

Mayerling · 第 10 / 47 题