M. de Flammermont regarda sa fiancée d'un air piteux.

--Vous croyez, balbutia-t-il, que c'est bien utile?

--C'est plus qu'utile, c'est indispensable.

Le jeune comte ne put retenir un formidable bâillement.

Fricoulet se mit à rire et s'adressant à Mlle Ossipoff.

--Vous le rendrez fou, ce pauvre Gontran, dit-il, avec toutes ces

planètes et tous ces satellites.

--Sans compter, riposta le fiancé de Séléna, que mon _vade mecum_--les

_Continents célestes_--s'étend longuement sur ce sujet et que, d'un

moment à l'autre, votre père peut arriver, me _pousser une colle_, et

alors...

Il eut un geste qui signifiait qu'alors c'était le rêve de bonheur

détruit.

La jeune fille demeura un moment pensive; puis un sourire effleura ses

lèvres, et elle dit:

--Attendez un moment.

Légère comme un oiseau, elle sortit de la machinerie, gravit les degrés

qui conduisaient aux cabines supérieures et revint, au bout de cinq

minutes, tenant à la main un mince rouleau de papier qu'elle tendit à M.

de Flammermont, avec ces mots:

--Voici votre affaire.

--Qu'est-ce que cela? demanda le jeune homme en détachant une faveur

bleue, fanée, fripée, qui servait d'attache aux papiers. À peine y

eût-il jeté les yeux qu'il s'écria:

--Votre écriture.

Et aussitôt, lisant les lignes écrites en tête des premiers feuillets.

Aventures extraordinaires d'un savant russe; III. Les planètes géantes et les comètes · 第 42 / 75 题