LE LAC SACRÉ

Les vagues gémissaient comme des femmes blessées,

Le lac sacré râlait sous la haine du ciel

Et l’invisible chœur des amours trépassées

Aboyait à la mort et broyait de ses ailes

Les vagues gémissant comme des femmes blessées.

* * * * *

O lac sacré, témoin de tant d’anniversaires

Et des chuchotements de tant d’âmes royales,

Toi qui vis, surgissant des dalles funéraires,

Tant de fantômes blancs étendant leurs mains pâles

Vers le témoin sacré de tant d’anniversaires!

O lac sacré, asile où les pieds nus des folles

Ont lavé leur poussière et fini leur voyage;

Firmament où les fleurs, au baiser des étoiles,

Se pâmaient et parlaient le langage des mages

Dans l’asile sacré, sous les pieds nus des folles!

O lac sacré, ô pacifique mer océane,

Adorable refuge, port des barques mystiques,

Golfe aux yeux violets, ô pensée diaphane,

Gouffre rempli de perles, gouffre métaphysique,

O lac sacré, ô pacifique mer océane!

* * * * *

Les vagues gémissaient comme des femmes blessées,

Le lac sacré râlait sous la haine du ciel

Et l’invisible chœur des amours trépassées

Aboyait à la mort et broyait de ses ailes

Les vagues gémissant comme des femmes blessées.

Divertissements: poèmes en vers · 第 17 / 104 题