II

Ce 21 août 1771.

Il est vrai, Monsieur, que je ne vous ai point écrit de Genève, ainsi

que je m’y étais engagé. Ce n’est pas, cependant, que mon séjour dans

cette ville ait été dénué d’événements. Mais ce n’est pas quelque action

dont j’aie eu à tirer de l’honneur que j’aurais eu à vous conter.

J’éprouvai une nouvelle déconvenue, et la plus imprévue qui fût. Encore

vous paraîtra-t-elle plaisante, et je confesse que j’en souris,

aujourd’hui.

Mon arrivée dans cette ville eut lieu dans le temps que le jour tombait.

Cette circonstance amena une discussion entre le voiturier qui me

conduisait et les gardes des remparts, qui exigèrent un péage pour nous

ouvrir les portes. Ils soutinrent qu’il était l’heure où l’on ne pouvait

entrer dans Genève qu’en acquittant un droit. Le voiturier protestait

qu’il ne faisait pas encore nuit et que les portes étaient indûment

fermées. La discussion se prolongeait et le ton se montant de part et

d’autre, ce débat se fût éternisé si, avec quelque impatience, je

n’eusse demandé quelle était l’importance du litige. Il ne s’agissait

que de trois sols, que je me hâtai de donner, mais mon cocher se mit à

pester contre moi, qui prenais le parti des gardes, et me menaça de me

laisser là, car, en ce qui le concernait, il ne voulait pas avoir le

démenti de son assertion. Je lui fis remarquer que, pendant le temps

qu’il poursuivait cette chicane, la nuit était devenue complète. Il

remonta sur son siège en maugréant et me déposa à l’hôtel de _l’Écu de

Genève_. J’y fus bien traité, mais à un prix fort élevé, et, me faisant

scrupule de ménager les dépenses de M. Sellon, qui se voulut charger de

tous les frais du voyage, j’allai m’installer, le lendemain, à l’auberge

du _Sécheron_, où l’hôte est plus accommodant, encore que sa maison ait

vue sur le lac.

J’allai remettre la lettre qui m’avait été confiée, au correspondant de

M. Sellon; il est dans des affaires de banque, et j’ai su, depuis, qu’il

passait pour un des plus riches citoyens de Genève, mais la pièce où il

me reçut, sans rien qui reposât l’œil, où il n’y a que des cartes des

postes de France, de Suisse et d’Allemagne et des tableaux indiquant les

changes, me parut d’une austérité glaciale, et je le plaignis en

moi-même de ne vivre que dans les chiffres. Il me fit ses offres de

service, mais avec une si froide politesse que je déclinai l’invitation

de loger chez lui. Cette froideur, ce renfermé, ne sauraient, paraît-il,

préjuger de la droiture des intentions, mais, en quelques minutes,

j’avais senti l’ennui me gagner à ce point que je ne respirai librement

que dehors. J’avais d’ailleurs éprouvé quelque gêne de la manière

attentive dont il m’avait observé. Apparemment s’étonnait-il que j’eusse

été choisi comme messager par M. Sellon.

Cette ville de Genève a de fort belles parties, et d’autres qui ne

consistent qu’en rues mal percées et étroites, pavées de cailloux

pointus. Dans le quartier marchand, des arcades de bois assombrissent

les boutiques. Il règne là, cependant, une grande activité. Pour se

garer d’une voiture ayant peine à se frayer un passage, un homme, qui

portait des fagots, me heurta. Je m’aperçus bientôt qu’il avait fait à

la hauteur de l’épaule, une légère déchirure à mon habit. Cherchant à la

faire réparer au plus tôt, j’avisai une sorte de mercerie, où je

pénétrai au hasard, exposant mon désir. J’y fus accueilli par une grande

belle fille qui me dit qu’elle s’entendait fort bien à ce genre de

travail, pour lequel elle ne me demandait qu’un jour. Je lui répondis,

puisqu’elle paraissait complaisante, que j’étais étranger à la ville,

que mon porte-manteau était peu garni, et que c’était sur-le-champ que

je souhaitais qu’elle se mît à l’œuvre. Elle sourit, en protestant que

j’étais bien pressé, mais, sur mes instances, elle consentit à prendre

sans délai son aiguille. Je m’excusai de demeurer en simple veste, mais

je fis avec enjouement cette réflexion que je ne pouvais à la fois lui

livrer mon habit et le garder. Durant le temps qu’elle travaillait, nous

causâmes, et peu à peu, de bonne entente. Elle me conta qu’elle avait

perdu ses parents, qu’elle n’avait plus de famille, et que, avec un

modeste héritage, elle avait acquis ce petit magasin, qui la faisait

vivre.

--Mais, lui dis-je, vous avez en votre personne assez d’agrément pour

qu’on vous fasse la cour!

Elle répliqua que, dans sa condition, elle avait le grand tort de se

montrer délicate, qu’elle n’épouserait point un rustre, et que ses

prétentions, parce qu’elles n’étaient guère réalisables, la conduiraient

vraisemblablement à rester fille. Ce n’était pas sans quelque mélancolie

qu’elle parlait ainsi.

--Vous aimerez, cependant, et vous n’êtes point faite pour rester

toujours insensible.

--On voit, Monsieur, que vous venez de France, et vous avez accoutumé de

tenir des propos galants. Mais je vous avertis qu’ils seraient ici

considérés comme une impertinence. Nos dames de Genève affectent la

sévérité.

--Ne font-elles que l’affecter?

--Elles en ont tout au moins les dehors et cachent bien, si elles en

ont, leurs intrigues.

Elle avait prononcé ces mots, assez malicieusement.

--Mais voici votre habit, reprit-elle, l’accroc ne saurait s’apercevoir,

à présent.

Je la priai de me fixer le prix de son travail, accompli si

obligeamment.

--C’est une bagatelle, je n’ai eu que plaisir à vous rendre ce petit

service.

J’insistai; elle pensa se fâcher.

--Hé bien, Mademoiselle Julie (elle m’avait dit son nom), puisque nous

sommes sur le pied de l’amitié, il me faut permettre de vous revoir.

--A quoi pensez-vous, Monsieur, vous ai-je donc paru imprudente?

--Hélas, point du tout, mais j’ai pour vous la plus vive sympathie.

Songez, au demeurant, que ne point me refuser l’agrément de votre

compagnie serait charité; je ne connais personne dans cette ville, et

j’y respire déjà l’ennui. Aurais-je le malheur de vous faire peur?

--Aucunement, mais on interprète si facilement à mal les plus innocentes

distractions!

--Il n’y a, en effet, que parfaite candeur dans le désir que je vous

exprime, et vous ne sauriez que faire fond sur ma discrétion.

A la vérité, Monsieur, je n’avais déjà plus ces intentions innocentes,

dont je faisais profession. En voyage, quand les sens deviennent

brûlants, il ne faut point trop faire le renchéri. Les impétuosités de

la jeunesse ne rendent pas difficile. Cette fille avait du moins de la

fraîcheur, elle semblait bien faite, et je pensai qu’elle m’aiderait à

passer le temps, durant les quelques jours que je devrais rester à

Genève. Mes attentions, évidemment, la flattaient. Dans cette

République, où il y a une hiérarchie très marquée entre ses citoyens,

elle n’était point habituée aux égards d’un homme de condition. Je la

pressai d’accepter que je la retrouvasse le soir même; elle avait une

manière de ragoût de vertu qui me piquait, et vous verrez que cette

vertu n’était point jouée et qu’elle n’avait, jusque-là, cédé à aucune

tentation. Je ne sais comment je trouvai des mots qui la touchèrent, et

l’inclinèrent, non point en un instant, à secouer tout au moins, ses

préjugés de bienséance. En fait, la continence me pesait à tel point que

je n’ai qu’une médiocre confusion à avouer que je me fusse contenté

d’une moins intéressante personne qu’elle. Mes discours la ravissaient;

elle n’avait jamais entendu des compliments tels que ceux que je lui

adressais, et, quelque pudeur qu’elle voulût garder, il était manifeste

qu’elle fut dans un grand trouble. Je ne pus, cependant, qu’enserrer sa

taille de mes mains, sans qu’elle me permît de toucher à sa gorge, mais,

tandis qu’elle se défendait en invoquant la décence habituelle de sa

conduite, il y avait du feu dans ses yeux. Il me fallut bien prendre

patience jusqu’au soir, où je pensai être assuré du succès. Elle me dit

que je la rencontrerais aux Eaux-vives, qui est un endroit favorable à

une promenade nocturne, car il importait, pour sa considération, qu’elle

ne fût point aperçue.

«Je ne m’explique point, me dit-elle, l’ascendant que vous avez, si

promptement, pris sur moi, et qui détermine une faiblesse fort en

désaccord avec les principes auxquels je suis attachée.»

Je lui jurai, avec la facilité qu’on a à faire ces serments-là, que

j’étais infiniment sensible à sa complaisance et que je m’appliquerais à

ce qu’elle ne s’en pût repentir.

Elle fut exacte au rendez-vous. La nuit était assez noire. Je repris

l’entretien sur le ton que je l’avais commencé. Elle me dit qu’elle

était confondue de sentir, pour la première fois, de tels mouvements de

son cœur, mais que mes paroles avaient une douceur qui la charmait. Elle

n’en opposait pas moins de la résistance aux privautés que je tentais de

me permettre, car j’étais dans un état à ne plus me satisfaire de

soupirs et qui m’incitait à presser les choses. Enfin, après deux heures

que nous passâmes à raisonner (car vous n’empêcherez pas une Genevoise

de raisonner, fût-ce dans les moments où cette manière de philosophie

est la plus inopportune) sur le mystère des attractions subites, elle

s’humanisa. Elle avait cependant, un reste de crainte d’être découverte,

par quelque hasard, en ma compagnie, et de devenir l’objet de

médisances, et elle m’avoua que sa réserve venait maintenant de ces

alarmes auxquelles, se fiant à mes protestations de simple amitié, elle

n’avait pas d’abord songé. Elle me confia qu’elle ne se sentait plus en

mesure de contrarier mes desseins.

--Venez en mon logis, dit-elle, je suis assurée que vous y pourrez

pénétrer sans scandale, c’est là que nous mêlerons librement nos

baisers, et vous vous convaincrez que si je vous ai refusé des arrhes,

ce n’était pas le désir de vous les donner qui me faisait défaut.» Elle

m’indiqua un chemin assez étroit, encore qu’il passât pour carrossable,

qui, à son avis présentait toute sûreté pour rentrer en ville. Elle

était, dans ce moment, fort disposée à dépeindre la solitude morale dans

laquelle elle avait vécu, et, certain, désormais, d’un dénouement

heureux, je l’écoutais avec quelque intérêt. Si bien que nous

n’entendîmes pas s’approcher (à la vérité c’était un fait imprévu sur

cette mauvaise route) une sorte de charrette que son conducteur,

revenant à vide, menait à vive allure. Il ne nous distingua que trop

tard pour arrêter son cheval, et dans notre surprise, nous nous jetâmes

en hâte de côté. Le malheur voulut qu’il y eut un fossé, où tomba fort

rudement Julie. Elle poussa un cri de douleur, qui fit se retourner

l’homme, dans le temps que je me précipitais pour la relever.

--«Hélas, fit-elle, je suis blessée... J’ai des plaies sur tout le

corps». Elle était, en effet, toute meurtrie, et je m’effrayai des

conséquences de sa chute. Le charcutier qui avait provoqué l’accident,

eut la conscience de s’en rendre responsable. Julie, après qu’elle avait

poussé ce gémissement, avait perdu ses sens. Ce maladroit m’aida à la

transporter dans sa voiture. Dans l’embarras où j’étais il donna le

conseil de la mener à l’hôpital. Elle ne rouvrait les yeux que pour se

plaindre de ses souffrances, et elle les refermait aussitôt.

Nous arrivâmes à l’hôpital. Je recommandai Julie aux soins des personnes

qui reçoivent les malades, mais il ne me fut pas permis d’avoir accès

dans la salle où on la déposa. Ainsi, avant même qu’elle eût commencé,

se terminait ma nuit d’amour. Au demeurant, je m’affligeais sincèrement

du malheur arrivé à cette fille.

Je vins, le lendemain, m’informer de son état. Je fus conduit auprès du

chirurgien qui, tout d’abord me considéra fort sévèrement; du moins me

rassura-t-il, en ce qui concernait les suites de l’accident.--Ce ne

sont, fit-il, que lésions n’affectant rien d’essentiel, et qui seront

tôt guéries. Je priai qu’on me laissât réconforter par ma présence cette

victime d’un malencontreux hasard, car je lui devais cette marque

d’intérêt, et il était de mes intentions de faire en sorte qu’on eût

pour elle des ménagements et qu’on la tirât de la salle commune pour la

mettre en une chambre décente.

Le chirurgien refusa avec hauteur, en me disant qu’il me trouvait bien

osé d’attester ainsi un attachement blâmable. Je répondis, non sans un

peu d’impatience, que j’étais seul juge de mes actions. Il haussa les

épaules de telle façon que, si je n’eusse songé qu’un éclat pourrait

nuire à Julie, je me fusse tout à fait fâché. Dans le même temps, il fit

venir une sorte de greffier, qui m’invita fort peu civilement à me

nommer et à donner, dans le détail, les circonstances de la chute.--Plus

on appartient par sa naissance à un rang distingué, reprit le

chirurgien, plus les excès sont coupables.» Je me rappelais que Julie

m’avait parlé de l’austérité qu’on affiche dans cette ville, et je

pensai que c’était prendre bien au sérieux une affaire arrangée avec une

fille à qui j’avais plu et qui n’avait point les dehors d’une

intrigante. Il fallait que ce sermonneur jouât le courroucé, car, de

bonne foi, méritais-je un si furieux discrédit pour une bagatelle?

Je fis tenir à Julie, par un subalterne, un billet où je l’assurais de

ma sollicitude, puis, j’occupai mon temps comme je le pus, et je ne

manquai point d’aller rôder à Ferney, dans le cas, où, par fortune,

j’eusse pu apercevoir M. de Voltaire. Je ne vis que la façade du

château, de longues et belles avenues, des berceaux de feuillage et des

charmilles, et un jardinier me voulut bien montrer l’antique tilleul,

superbement touffu, sous lequel, assis sur un banc de gazon, vient rêver

le grand homme.

Ce fut deux jours plus tard que je reçus de Julie la lettre la plus

extraordinaire du monde, je vous la transcris:

«Mon ami, je ne saurais vous dire la stupeur qui m’accable. Quand je fus

étendue sur le lit de l’hôpital, le chirurgien qu’on avait prévenu

m’examina avec soin. Il ordonna qu’on me dévêtît. J’avais à ce moment

repris conscience, et la pudeur me fit opposer quelque résistance à ce

qu’on ôtât mes derniers vêtements. Il dit qu’il était nécessaire que cet

examen portât sur tout mon corps. Les investigations furent, en effet,

minutieuses. Elles le furent à ce point que, soudain, il eut un

mouvement de surprise. «--Suis-je donc gravement atteinte? lui

demandai-je.--Ce n’est pas cela, répondit-il: il ne s’agit que de

contusions. Mais j’ai besoin de l’avis expérimenté d’hommes de science.»

Il les avait apparemment mandés en hâte, car, le lendemain, au matin il

n’y avait pas moins de cinq médecins autour de moi, qui exigeaient que

je me dévoilasse entièrement. Ils eurent l’indiscrétion de me tâter de

très près, en dépit de mes protestations contre la liberté qu’ils

prenaient. Chacun d’eux se voulut assurer par lui-même d’une

particularité qui semblait les préoccuper fort. Puis ils hochèrent la

tête, parurent opiner dans le même sens et se retirèrent, me laissant

dans une grande incertitude de la raison de leur curiosité, pour

délibérer. Quelques heures s’étaient passées lorsque on introduisit deux

auditeurs du Grand Conseil. Ils me dirent que les magistrats, instruits

par les médecins, avaient résolu de faire cesser sans délai le scandale

de mon travestissement. Comme je m’étonnais fort de ces propos, dont la

signification m’échappait, ils reprirent, non sans dureté, que je devais

bien savoir que j’étais un homme, encore que faiblement constitué, et

qu’un arrêt était intervenu qui m’attribuait désormais le sexe masculin

et m’obligeait à m’habiller en homme, sous peine du fouet et de la

prison... Vous imaginez, mon ami, l’émoi que me causa cette révélation,

et la douleur que j’éprouve, alors que tous les mouvements de mon cœur

m’entraînaient vers vous! Ma vertu, le calme de mes sens, jusqu’au

moment où je vous vis, l’éducation que je reçus dès mon enfance, ne

m’avaient point laissé de doutes sur mon sexe. Je suis pourtant un

homme, puisque la Faculté exige que je le sois, et que la loi le

commande. Comment vous peindre, dans le temps que je vous écris, encore

sous le coup de cette incroyable nouvelle, le trouble dans lequel elle

me jette! Ma sensibilité proteste vainement contre cette décision.

Qu’allez-vous penser! Il n’était rien de plus vrai cependant que la

tendresse que je sentais pour vous.»

A la vérité, cette lettre me pétrifia. Je la relus plusieurs fois avant

de pouvoir tenir pour certain un tel événement. D’autant que, bien que

mes hardiesses eussent été réprimées, je me souvenais avoir frôlé un

sein qui palpitait. Il fallait bien, quoique j’en eusse, s’en rapporter

à l’opinion de six anatomistes. Je compris alors la sévérité du

chirurgien à mon égard. Je vous avoue que j’eus chaud, tout à coup, en

songeant au péril auquel j’avais été exposé, de la meilleure foi du

monde. Je ne vous en dirai pas plus sur ce sujet. Dieu merci, cet être

singulier, qui, tout au moins, pensait bien en femme, avait, pendant une

conversation qui s’animait, écarté les témérités de ma main.

Il n’y avait point là de la faute de la prétendue Julie. Son ignorance

de l’étrangeté de sa conformation attestait sa sincérité. Mais je fus

fort embarrassé pour répondre à ce déroutant message: je pris le parti

d’envoyer à l’hôpital, pour qu’on le remît à la personne qui changeait

de sexe, un assez galant habit de cavalier.

Cet impair m’avait causé du dépit. Je cherchai des distractions, et le

hasard m’en fit trouver avec une dame ayant vraiment tous les attributs

féminins, qui me prouva qu’il n’est point de plus trémoussante compagne

de lit qu’une prude, quand elle a pris toutes ses sûretés pour la

discrétion de ses plaisirs. En les partageant, j’oubliai la date que

m’avait assignée le correspondant de M. Sellon pour qu’il me remît la

réponse dont je devais être porteur. Quand je vins le trouver, il me dit

que mon retard était fort heureux, car si je fusse parti auparavant, les

déterminations contenues dans sa lettre n’eussent point été les mêmes

que celles qu’il avait pu prendre, d’après des informations qui lui

étaient arrivées, et qui modifiaient favorablement la face des choses.

A mon retour à Paris, je reçus les compliments de M. Sellon pour une

tergiversation dont il louait la prudence. Il était fort content du

résultat de mon voyage. Se moquait-il? Il m’assura que j’étais plus

propre aux affaires que je ne le voulais penser.

Lettres galantes du chevalier de Fagnes · 第 29 / 62 题