[1] This Jefferies was the most infamous Chief Justice that ever existed in
England. Charles II. and James II. well acquainted with his talents for
chicane, his debauchery and blood-thirstiness, his baseness and his crimes,
made use of him to exterminate, with the sword of law, all those worthy men
who defended the constitution from their tyranny.
I often quote the History of England; unhappily for us it is too little
known in France.
[2] Most authors who have not studied the rights of men, fall into this
error. I have remarked elsewhere (Vol. II of the _Journ. du Licee_, No. 4,
page 222) that a writer, who, notwithstanding, deserves our esteem, for
having written against the despotism of the Turkish government, has
suffered himself to be drawn into it. M. le Baron de Tott says that the
Moldavians are thievish, mean and faithless. To translate these words into
the language of truth, we must say, the Turks, the masters of the
Moldavians, are unjust, robbers, villains, and tyrants; and that the
Moldavians revenge themselves by opposing deceit to oppression, etc. Thus,
the people are almost everywhere wrongfully accused.
[3] There was, however, a Negro author at London, whose productions are not
without merit, and were lately published in two volumes. His name was
Ignatius Sancho. He wrote in the manner of Sterne.
SUR L'ÉTAT GÉNÉRAL, LE GENRE D'INDUSTRIE, LES MOEURS, LE CARACTÈRE, ETC.
DES NOIRS, DANS LES ÉTATS-UNIS
"Dans les quatre états du nord et dans ceux du midi, les noirs libres sont,
ou domestiques, ou tiennent de petites boutiques, ou cultivent la terre.
Vous en voyez quelques-unes sur les bâtimens destinés au cabotage. Peu
osent se hasarder sur les vaisseau employés aux voyages de long cours,
parce qu'ils craignent d'être transportés et vendus dans les iles.--Au
physique, tous ces noirs sont généralement vigoureux,[1] d'une forte
constitution, capables des travaux les plus pénibles; ils sont généralement
actifs.--Domestiques, ils sont sobres et fidèles.--Ce portrait s'applique
aux femmes de cette couleur.--Je n'ai vu faire aucune distinction entr'eux
à cet égard et les domestiques blancs, quoique ces derniers les traitent
toujours avec mépris, comme étant d'une espèce inférieure.--Ceux qui
tiennent des boutiques, vivent médiocrement, n'augmentent jamais leurs
affaires au-dela d'un certain point. La raison en est simple: quoique
partout on traite les noirs avec humanité, les blancs qui ont l'argent, ne
sont pas disposés à faire aux noirs des avances, telles qu'elles les
missent en état d'entreprendre le commerce en grand; d'ailleurs, il faut
pour ce commerce quelques connoissances préliminaires, il faut faire un
noviciat dans un comptoir, et la raison n'a pas encore ouvert aux noirs la
porte du comptoir. On ne leur permet pas de s'y asseoir à côté des
blancs.--Si donc les noirs sont bornés ici à un petit commerce de détail,
n'en accusons pas leur impuissance, mais le préjugé des blancs, qui leur
donnent des entraves. Les mémes causes empéchent les moirs qui vivent à la
compagne d'avoir des plantations étendues; celles qu'ils cultivent sont
bornées, mais généralement assez bien cultivées: de bons habits, _une log
house_, ou maison de bois en bon état, des enfans plus nombreux les font
remarquer des Européens voyageurs, et l'oeil du philosophe se plaît à
considérer ces habitations, où la tyrannie ne fait point verser de pleurs.
Dans cette partie de l'Amerique, les noirs sont certainement heureux; mais
ayons le courage de l'avouer, leur bonheur et leurs talens ne sont pas
encore au degré où ils pourroient atteindre.--Il existe encoure un trop
grand intervalle entre eux et les blancs, sur-tout dans l'opinion publique,
et cette difference humiliante arrête tous les efforts qu'ils feroient pour
s'élever. Cette difference se montre par-tout. Par exemple, on admet les
noirs aux écoles publiques; mais ils ne peuvent franchir le seuil d'un
collège. Quoique libres, quoique indépendans, ils sont toujours eux-mêmes
accoutumés à se regarder comme au-dessous du blanc; il y a des droits
qu'ils n'out pas.[2] Concluons de là qu'on jugeroit mal de l'étendue, de la
capacité des noirs, en prenant pour base celle des noirs libres dans les
états du nord.
Mais quand on les compare aux noirs, esclaves des états du midi, quelle
prodigieuse différence les sépare! Dans le midi, les noirs sont dans un
état d'abjection et d'abrutissement difficile à peindre. Beaucoup sont
nuds, mal nourris, logés dans de miserables huttes, couchés sur la
paille.[3] On ne leur donne aucune éducation; on ne les instruit dans
aucune religion; on ne les marie pas, on les accouple; aussi sont ils
avilis, paresseux, sans idées, sans énergie.--Ills ne se donneroient
aucune peine pour avoir des habits, ou de meilleures provisions;
ils aiment mieux porter des haillons que de les raccommoder. Ills
passent le dimanche, qui est le jour du repos, entièrement dans
l'inaction.--L'inaction est leur souverain bonheur; aussi travaillent-ils
pen et nonchalamment.
Il faut rendre justice à la vérité; les Américains du midi traitent
doucement les esclaves, et c'est un des effets produits par l'extension
générale des idées sur la liberté; l'esclave travaille moins par-tout; mais
on s'est borné là. Il n'en est pas mieux, ni pour la mourriture, ni pour
son habillement, ni pour ses moeurs, ni pour ses idées; ainsi le maître
perd, sans que l'esclaves acquière; et s'il suivoit l'exemple des
Americains du nord, tous deux gagneroient au changement.
On a cru généralment jusqu'à ces derniers temps, que les nègres avoient
moins de capacité morale que les blancs; des auteurs même estimables l'ont
imprimé.[4] Ce préjugé commence à disparoitre; les états du nord pourroient
fournir des exemples du contraire. Je n'en citerai que deux frappans; le
premier, prouvera, qu'avec l'instruction, on peut rendre les noirs propres
à toutes les professions; le second, que la tête d'un nègre est organsée
pour les calculs les plus étonans, et par conséquent pour toutes les
sciences.
J'ai vu, dans mon séjour à Philadelphie, un noir, appelé Jacques Derham,
médecin, qui exerce dans la Nouvelle-Orleans, sur le Mississippi; et voici
son histoire, telle qu'elle m'a été attestée par plusieurs médecins.--Ce
noir a été élevé dans une famille de Philadelphie, où il a appris à lire, à
écrire, et où on l'a instruit dans les principes du christianisme. Dans sa
jeunesse, il fut vendu au feu docteur Jean Kearsley le jeune, de cette
ville, qui l'employoit pour composer des médecines, et les administrer á
ses malades.
A la mort du docteur Kearsley, il passa dans différentes mains, et il
devint enfin l'esclave du docteur George West, chirurgien du seizième
regiment d'Angleterre, sous lequel, pendant la dernière guerre en Amérique,
il remplit les fonctions les moins importantes de la médecine.
A la fin de la guerre, le docteur West le vendit au Docteur Robert Dove, de
la Nouvelle-Orleans, qui l'employa comme son second. Dans cette condition,
il gagna si bien la confiance et l'amité de son maître, que celui-ci
consentit à l'affranchir deux ou trois ans après, et à des conditions
modérées.--Derham s'étoit tellement perfectionné dans la medecine, qu'à
l'époque de sa liberté, il fut en état de la pratiquer avec succès à la
Nouvelle-Orleans.--Il a environ 26 ans; il est marié, mais il n'a point
d'enfans; la medecine lui rapporte 3000 dollars, ou 16000 l. environ par
an.
J'ai causé, m'a dit le docteur Wistar, avec lui sur les maladies aiguës et
épidémiques du pays où il vit, et je l'ai trouve bien versé dans la méthode
simple, usitée par les modernes pour le traitement de ces maladies.--Je
croyois pouvoir lui indiquer de nouveaux remèdes; mais ce fut lui qui me
les indiqua.--Il est modeste, et a des manières très-engageantes; il parle
francois avec facilité et a quelques connoisances de l'espagnol. -- Qoique
né dans une famille religieuse, on avoit, par accident, oublié de le faire
baptiser. En conséquence, il s'est adressé au docteur Withe pour recevoir
le baptême; il le lui a conféré, apres l'en avoir jugé digne, non-seulement
par ses connoisances, mais par son excellente conduite.
Voice l'autre fait, tel qu'il m'a été attesté, et imprimé par le docteur
Rush,[5] célèbre médecin et auteur, établi à Philadelphie et plusieurs
détails m'en ont été confirmés par l'épouse de l'immortel Washington, dans
le voisinage duquel ce nègre est depuis longtemps.
Son nom est Thomas Fuller; il est né en Afrique, et ne sait ni lire ni
écrire; il a maintenant soixante-dix ans, et a vécu toute sa vie sur la
plantation de M^{me} Cox, a quatre milles d'Alexandrie. Deux habitans
respectables de Pensylvanie, MM. Hartshom et Samuel Coates, qui
voyageoient en Virginie, ayant appris la facilité singuliere que ce noir
avoit pour les calculus les plus compliques, l'envoyèrent chercher, et lui
firent differentes questions.
Première. Etant interrogé, combien de secondes il y avoit dans une année et
demie, il repondit en deux minutes, 47,304,000, en comptant 365 jours dans
l'année.
Deuxième. Combien de secondes auroit vécu un homme âgé de soix-ante-dix ans
dix-sept jours et douze heures? Il répondit dans une minute et demie,
2,210,500,800.
Un des Americains qui l'interrogeoit et qui vérifioit ses calculs avec la
plume, lui dit qu'il se trompoit, que la somme n'étoit pas si considerable;
et cela étoit vrai: c'est qu'il n'avoit pas fait attention aux années
bissextiles; il corrigea le calcul avec la plus grande célérité.
Autre question. Supposez un laboureur qui a six truies, et que chaque
truie en met bas six autres la première année, et qu'elles multiplient dans
la même proportion jusqu'à, l' fin de la huitème année: combien alors de
truies aura le laboureur, s'il n'en perd aucune? Le vieillard répondit en
dix minutes, 34,588,806.
La longueur du temps ne fut occasionée que parce qu'il n'avoit pas d'abord
compris la question.
Après avoir satisfait à toutes les questions, il raconta l'origine et les
progrès de son talent en arithmétique.--Il compta a'abord jusqu'a 10, puis
100; et s'imaginoit alors, disoit-il, être un habile homme. Ensuite il
s'amusa à compter tous les grains d'un boisseau de ble, et successivement
il sut compter le nombre de rails ou morceaux de bois necessaires pour
enclore un champ d'une telle étendue, ou de grains nécessaires pour le
semer.--Sa maîtresse avoit tiré beaucoup d'advantages de son talen; il ne
parloit d'elle qu'avec la plus grande reconnoissance, parce qu'elle ne
l'avoit jamais voulu vendre, malgre les offres considerables qu'on lui
avoit faites pour l'acheter.--Sa tête commençoit à foiblir.--Un des
Americains lui ayant dit que c'étoit dommage qu'il n'eut pas recu de
l'éducation: Non, maître, dit-il; il vaut mieux que je n'aie rien appris,
car bien des savans ne sont que des sots.
Ces exemples prouveront, sans doute, que la capacité des nègres peut
s'étendre a tout; ils n'ont besoin que d'instruction et de liberté.--La
différence qui se remarque entre ceux qui sont libres et instruits et les
autres, se montre encore dans leurs travaux.--Les terres qu'habitent et les
blancs et les noirs, soumis à ce rêgime, sont infiniment mieux cultivées,
produisent plus abondamment, offrent par-tout l'image de l'aisance et du
bonheur; et tel est, par exemple, l'aspect du Connecticut et de la
Pensylvanie.--Passez dans le Maryland ou la Virginie, encore une fois, vous
croyez être dans un autre monde. Ce ne sont plus des plaines bien
cultivées, des maisons de campagne, propres et meme élégantes, des vastes
granges bien distribuées; ce ne sont plus des troupeaux nombreux de
bestiaux gras et vigoureux: non, tout dans le Maryland et la Virginia,
porte l'empreinte de l'esclavage; sol brulé, culture mal entendue, maisons
délabrées, bestiaux petits et peu nombreux, cadavres noirs ambulans; en un
mot, vous y voyez une misère réelle a côté de l'apparence du luxe.
On commence à s'appercevoir, même dans les états méridionaux, que nourrir
mal un exclave est une chétive économie, et que le fonds placé dans
l'esclavage ne rend pas son interêt. C'est peut-être plus à cette
considération, plus encore à l'impossibilité pécuniaire de recruter; c'est
plus, dis-je, à ces considérations qu'à l'humanité, qu'on doit
l'introduction du travail libre dans une partie de la Virginie, dans celle
qui avoisine la belle rivière de la Shenadore. Aussi croiroit-on, en la
voyant, voir encore la Pensylvanie.
Osons l'espérer, tel sera un jour le sort de la Virginie, quand elle ne
sera plus souillée par l'esclavage; et ce terme n'est peut-être pas
eloigné. Il n'y a des esclaves que parce qu'on les croit nécessaires á la
culture du tabac, et cette culture décline tous les jours et doit décliner.
Le tabac, qui se ciiltive près de l'Ohio et du Mississippi, est infiniment
plus abondant, de meilleure qualité, exige moins de travaux. Quand ce tabac
se sera ouvert le chemin de l'Europe, les Virginiens seront obligés de
cesser sa culture, et de demander à la terre du blé, des pommes de terre,
de faire des prairies et d'élever des bestiaux. Les Virginiens judicieux
prévoient cette revolution, l'anticipent, et se livrent à la culture du
blé.--A leur tête, on doit mettre cet homme étonnant, qui, général adoré,
eut le courage d'être republican sincère; qui, couvert de gloire, seul, ne
s'en souvient plus; héros dont la destinée unique sera d'avoir sauvé deux
fois sa patrie, de lui ouvrir le chemin de la prospérité, apres avoir
ouvert celui de la liberté. Maintenant _entièrement_ occupé[6] du soin
d'améliorer ses terres, d'en varier le produit, d'ouvrir des routes, des
communications, il donne à ses compatriotes un exemple utile, et qui sans
doute sera suivi. Il a cependant, dois-je, le dire? une foule nombreuse
d'esclaves noirs.--Mais ils sont traites avec la plus grande humanité. Bien
nourris, bien vêtus, n'ayant qu'un travail modéré à faire, ils bénissent
sans cesse le maître que le Ciel leur a donné.--Il est digne sans doute
d'une âme aussi élevée, aussi pure, aussi désinteressé, de commencer la
révolution en Virginie, d'y preparer l'affranchissement des nègres.--Ce
grand homme, lorsque j'eus le bonheur de l'entretenir, m'avoua qu'il
admiroit tout ce qui se faissoit dans les autres états, qu'il en desiroit
l'extension dans son propre pays; mais il ne me cacha pas que de nombreux
obstacles s'y opposoient encore, qu'il seroit dangereux de heurter de front
un préjugé qui commencoit à diminuer.--Du temps, de la patience, des
lumières, et on le convaincra, me dit-il. Presque tous les Virginiens,
ajoutoit-il, ne croyent pas que la liberté des noirs puisse sitôt devenir
générale. Voilà pourquoi ils ne veulent point former de société qui puisse
donner des idées dangereuses à leurs esclaves. Un autre obstacle s'y
oppose. Les grandes propriétés éloignent les hommes, rendent difficiles les
assemblées, et vous ne trouverez ici que de grands propriétaires.
Les Virginiens se trompent, lui disois-je; il est evident que tôt ou tard
les nègres obtiendront par-tout leur liberté, que cette révolution
s'étendra en Virginie. Il est done de l'intérêt de vos compatriotes de s'y
préparer, de tacher de concilier la restitution des droits des nègres avec
leur propriété. Les Moyens à prendre, pour cet effet, ne peuvent être
l'ouvrage que d'une société, et il est digne du sauveur de l'Amerique d'en
être le chef, et de rendre la liberté à 300,000 hommes malheureux dans son
pays. Ce grand homme me dit qu'il en desiroit la formation, qu'il la
seconderoit; mail il ne croyoit pas le moment favorable.--Sans doute des
vues plus élévees absorboient alors son attention et remplissoient son âme;
le destin de l'amerique étoit prêt à étre remis une seconde fois dans ses
mains.
C'est un malheur, n'en doutons pas, semblable société n'existe pas dans le
Maryland et dans la Virginie; car c'est au zèle constant de celles de
Philadelphie et de New-Yorck qu'on doit tous les progrès de cette
révolution en Amerique, et la naissance de la société de Londres.
Que ne puis-je ici vous peindre l'impression dont j'ai été frappé en
assistant aux séances de ces trois sociétés!--Quelle gravité dans la
contenance des membres! quelle simplicité dans leurs discours! quelle
candeur dans leurs discussions! quelle bienfaisance! quelle énergie dans
leur résolution! Chacun s'empressoit d'y prendre part, non pour briller,
mais pour être utile.--Avec quelle joie ils apprirent qu'il s'élevoit une
société semblable à la leur dans Paris, dans cette capitale immense, si
célèbre en Amerique par l'opulence, le faste, l'influence sur un vaste
royaume, et sur presque tous les états de l'Europe! Avec quel empressement
ils publièrent cette nouvelle dans toutes leurs gazettes, et répandirent
partout la traduction du premier discours lu dans cette société! Avec
quelle joie ils virent dans la liste des membres de cette société, un nom
cher à leurs coeurs, et qu'ils ne prononcent qu'aves attendrissement, et
les noms d'autres personness connues par leur énergie et leur patriotisme!
Ils ne doutoient point que si cette société s'étendoit, bravoit les
obstacles, s'unissoit avec celle de Londres, les lumières repandues par
elles sur le trafic des nègres et sur son infamie inutile, n'éclairassent
les gouvernmens, et n'en determinassent la suppression.
Ce fut, sans doute, à cet élan de joie et d'espoir, et aux recommendations
flatteuses que j'avois emportées d'Europe, plus qu'à mes foibles travaux,
que je dus l'honneur qu'ils me firent de m'associer à leur rang.
Ces sociétés ne se bornèrent pas à ces démonstrations; elles nommèrent dés
comités pour m'assister dans mes travaux; leurs archives me furent
ouvertes.
Ces sociétés bienfaisantes s'occupent maintenant de nouveaux prospects pour
consommer leur oeuvre de justice et d'humanité; elles s'occupent à creer de
nouvelles sociétés dans les états qui n'en out point; c'est ainsi qu'il
vient de s'en élever une dans l'état de Delaware.--Elles forment de
nouveaux projets pour décourager l'esclavage et le commerce des
esclaves.--Cest ainsi que, pour arrêter les ventes scandaleuses qui s'en
font encore dans New Yorck,[7] à des enchères publiques, tous les membres
se sont engagés à ne jamais employer l'officier public, l'huissier-priseur
qui présideroit à de pareilles ventes. Mais c'est sur-tout à sauver des
mains de la cupidité des esclaves, qu'elle voudroit et ne doit pas retenir,
que la société de Philadelphie est ingénieuse.--Un esclave est-il
maltraité, il trouve dans elle une protection assurée et gratuite.--Un
autre a fini son temps, et est toujours détenu; elle reclame ses
droits.--Des étrangers amènent des noirs, et ne satisfont pas à la loi; la
société en procure le benefice à ces malheureux nègres.--Un des plus
célèbres avocats de Philadelphie, dont j'aime à vanter les talents et
l'amitié qui nous unit, M. _Myers Fisher_, lui prête son ministère, presque
toujours avec succès, et tojours avec désintéressement. Cette société s'est
apperçue que de nombreuses assemblées, n'avoient pas d'action, parce que le
mouvement se perdoit en se divisant en trop de membres; elle a créé
plusiers comités, toujours en activite; elle sollicite des créations
semblables dans tous les états; afin que par-tout les loix sur l'abolition
de la traite et sur l'affranchissement soient executées; afin que par-tout
on presente des pétitions aux legislatures, pour obtenir de nouvelles loix
pour les cas non prévus. --Enfin, c'est a cette société, sand doute, que
l'on devra un jour de semblables établissemens dans le midi. J. P. Brissot,
(Warville). --"_Nouveau Vouage dans les États-Unis de l'Amerique
Septentrionale, 1788_," Tome Second, 31-49.