Vient ensuite un long récit de l'agonie et de la mort de son frère,
touchant comme une _passion_ de l'amitié; nous le retranchons, car il
faudrait le lire tout entier. C'est l'amour qui grave les sentiments
par les plus menus détails.
Elle s'interrompt pour écouter au mois d'avril chanter une grive:
«Triste date du 2 avril! La vie est toute coupée de douleurs. Les
oiseaux n'ont pas de chagrin sans doute, du moins la grive qui chante
tout aujourd'hui sous ma fenêtre. Joyeuse petite bête! Je me suis mise
à l'écouter bien des fois, à prendre plaisir à ces sifflements,
gazouillements et salutations au printemps. Ces chants doux et
réjouissants sous un genévrier, montant avec l'air dans ma chambrette,
sont d'un effet que je ne puis dire. Valentino n'en approche pas pour
le charme: Valentino où j'entendais pourtant quatre-vingts musiciens
et du _Beethoven_. Préférer à cela une pauvre petite grive, décidément
je suis une sauvage!»