On l'invite dans les environs à assister à la fonte d'une cloche. Les
réflexions que cela lui suggère se rapprochent du dithyrambe de
Schiller. Cela finit par une réflexion triste et vraie comme tout ce
qui est triste.
«Je ne suis pas en train d'écrire; il fait un vent qui souffle à tout
emporter, même les idées. Sans cela, je dirais tout ce qui m'est venu
près de ce fourneau, en pensées religieuses, gaies, tristes; ce que
j'ai coulé d'années, de siècles, de baptêmes, de glas, de noces,
d'incendies, avec cette cloche. Quand elle finira, qui sait tout ce
qui aura fini dans Andillac et dans le monde? L'âge des cloches prend
des siècles, du temps sans fin, à moins d'un malheur ou d'une
révolution. Ainsi, tous tant que nous étions là, nous ne la verrons
pas refondre. Cela seul est solennel: _ne plus voir ce qu'on voit_.
Il y a là quelque chose qui fait qu'on y attache fort les yeux, quand
ce ne serait qu'un brin d'herbe.»
Quel instinct de notre immortalité dans ces paroles!