LE RÉPERTOIRE «ETNALAG»

Il est d'usage courant, pour éviter de feuilleter incessamment

l'annuaire, d'apposer près d'un téléphone un tableau sur lequel sont

inscrits les noms et les numéros des abonnés auxquels on a à faire des

appels fréquents, sinon journaliers.

Le procédé est fort pratique, mais il n'est pas indemne de tout

inconvénient.

Le tableau ne peut d'abord contenir qu'un nombre de noms toujours assez

restreint, par conséquent insuffisant le plus souvent, et il est

difficile de le maintenir dans l'ordre alphabétique absolu.

Il y a ensuite les erreurs de lecture qui font attribuer à un

correspondant les numéros de ceux qui le précèdent ou le suivent sur la

liste. Ce n'est certes pas utile d'insister sur les ennuis de tous

genres que causent ces méprises et sur les retards qu'elles apportent

aux communications.

Puis ce tableau est indiscret. Il livre au premier venu, auquel un

devoir de simple obligeance ne permet pas de refuser l'usage de

l'appareil, les noms des personnes et des maisons avec lesquelles on est

en relations constantes; renseignements qui peuvent ne pas être sans

inconvénient pour celui qui les fournit, en quelque sorte

inconsciemment, et aussi fort gênants pour la personne qui téléphone,

condamnée ainsi à un manque de discrétion aussi inévitable

qu'involontaire.

L'indiscrétion est encore plus facile et plus forcée quand le téléphone,

au lieu d'être installé dans une cabine, est placé dans un bureau, où le

tableau est à la vue de tous venants.

Pour garantir contre toute méprise et toute indiscrétion, M. Galante a

imaginé le Répertoire «Etnalag» pour appels téléphoniques.

Le Répertoire «Etnalag», comme le montre notre figure, se présente sous

la forme d'une boîte oblongue que l'on applique verticalement contre la

cloison, à côté de l'appareil.

Un bouton, sur lequel on n'a à faire qu'une simple traction, permet de

rabattre, suivant l'horizontale, le panneau antérieur.

Ce panneau constitue alors une tablette munie, sur trois de ses côtés,

de rebords entre lesquels sont maintenues deux cents fiches.

Sur chacune de ces fiches sont inscrits le nom et le numéro d'un des

abonnés au téléphone, avec lesquels on peut avoir à causer d'une façon

fréquente et régulière.

[Illustration: Ouvert.]

Le classement peut donc se faire aisément dans l'ordre alphabétique

absolu, les fiches étant indépendantes les unes des autres, et chaque

groupe d'une même lettre étant séparé des autres par un carton de

couleur portant en référence un des vingt-six caractères de l'alphabet.

[Illustration: Fermé.]

La recherche est ainsi des plus faciles et des plus rapides.

En outre, on n'a et l'on ne peut jamais avoir sous les yeux d'autre

fiche que celle dont on a besoin. Aucune indiscrétion n'est par

conséquent plus à craindre et toute méprise devient impossible, chaque

fiche ne portant qu'un seul nom et qu'un seul numéro.

On n'est donc plus exposé à des erreurs assez faciles à commettre avec

le tableau, où, à moins de suivre avec le doigt, on peut aisément

prendre pour le numéro de l'abonné celui qui figure sur la ligne

au-dessus ou sur celle au-dessous.

Dans le but de rendre les recherches plus faciles encore, M. Em. Galante

a fait établir un double jeu de cartons de classement, de deux couleurs

différentes, dont, entre autres exemples, le commerçant pourra affecter

l'un à ses vendeurs, l'autre à ses acheteurs, tandis que le simple

particulier aura, d'une couleur, les fiches spéciales de ses

fournisseurs, d'une autre, celles de ses relations mondaines.

Mais le Répertoire «Etnalag» ne préserve pas seulement des indiscrétions

et des erreurs. Il évite encore les appels inutiles.

La fiche comporte, en effet, un espace suffisant pour permettre de noter

quantité d'indications d'une réelle utilité: les adresses, les jours et

heures de présence, les divers numéros sous lesquels est desservi

l'abonné, c'est-à-dire ceux aussi bien de son usine, de sa maison de

commerce ou de son administration, que de son domicile particulier.

Pour les relations mondaines, on peut noter de la même façon les jours

et heures de réception, ainsi que les époques de villégiature.

C'est là une très grande facilité qui évite toute une série d'appels

infructueux. On sait ainsi avec certitude, sans avoir à faire la moindre

recherche sur un agenda ou sur un carnet, ou à se fier à une mémoire qui

peut être indécise ou infidèle, l'endroit et le moment opportuns pour la

communication. On évite ainsi encore une perte de temps appréciable.

Le Répertoire «Etnalag» a, en plus, sur le tableau, une indiscutable

supériorité au point de vue de l'esthétique. C'est, en effet, un élégant

coffret en beau bois verni, plus seyant et agréable à l'oeil qu'un

simple carton qui, au bout d'un certain temps d'usage, est, le plus

souvent, singulièrement sali.

Cet appareil se trouve en vente chez _M. Galante, 75, boulevard

Montparnasse, Paris_, aux prix de 12 fr. 50 (chêne verni) et 15 francs

(acajou verni).

L'Illustration, No. 3261, 26 Août 1905 · 第 32 / 34 题