Il résulte d'un mémoire présenté à l'Académie de médecine par le docteur
Variot, que le taux de la mortalité infantile, au Creusot, pendant la
période décennale de 1893 à 1902, n'a pas dépassé 11,04%, chiffre bien
inférieur à celui de la mortalité infantile moyenne en France pendant la
même période (16%), et surtout beaucoup plus faible que celui qui a été
constaté dans les centres manufacturiers ou industriels en général et
dans les villes (20,8% dans les villes de 30.000 à 100.000 habitants).
Le facteur principal qui, au Creusot, diminue la mortalité infantile,
c'est l'élévation du salaire, qui permet aux femmes d'allaiter leurs
enfants; en outre, la «puériculture avant la naissance» y est réalisée
par ce fait que les filles-mères cessent leur travail et reçoivent
l'assistance vers le cinquième mois environ de leur grossesse; enfin,
après l'accouchement, les femmes ne sont autorisées à reprendre leurs
occupations que si un certificat médical constate qu'elles peuvent le
faire sans nuire à leur santé ni à celle de leur enfant.