LE PARDON DES FLEURS D'AJONC _Voir les gravures, page 142._

La petite ville de Pont-Aven, affectionnée des artistes, vient d'offrir

à ses hôtes d'été et à de nombreux visiteurs accourus tout exprès à son

appel, une fête d'un charmant pittoresque. Placé sous le haut patronage

du poète Mistral, organisateur, dans sa province, de fêtes semblables,

et sous la présidence du délicat écrivain M. André Theuriet, ce «Pardon

des Fleurs d'ajonc» a rencontré le plus éclatant succès, encore que le

temps ne lui ait guère été favorable.

Son grand attrait consistait en un concours de costumes bretons, où l'on

a revu toutes ces courtes vestes à boutons de métal, brodées de soies

multicolores, ces jupes relevées de passementeries d'argent, ces coiffes

légères de dentelles et ces collerettes plissées fin, ces larges

ceintures, tous ces vieux ajustements si seyants de Scaer, Bannalec, de

Pont-Aven même, dont l'harmonie, un peu vive parfois, est d'un si joli

contraste dans le paysage âpre de la Bretagne.

Une reine des Fleurs d'ajonc avait été élue. En son honneur, on a chanté

de vieux airs, dit des vers et poussé des vivats. Et elle a exercé avec

infiniment de bonne grâce et de sagesse son empire éphémère sur la foule

bariolée pressée autour d'elle.

Enfin on a dansé, au son du biniou, ces pas lents, graves, presque

hiératiques, qui sont les danses de la Bretagne.

L'Illustration, No. 3261, 26 Août 1905 · 第 7 / 34 题