La petite ville de Pont-Aven, affectionnée des artistes, vient d'offrir
à ses hôtes d'été et à de nombreux visiteurs accourus tout exprès à son
appel, une fête d'un charmant pittoresque. Placé sous le haut patronage
du poète Mistral, organisateur, dans sa province, de fêtes semblables,
et sous la présidence du délicat écrivain M. André Theuriet, ce «Pardon
des Fleurs d'ajonc» a rencontré le plus éclatant succès, encore que le
temps ne lui ait guère été favorable.
Son grand attrait consistait en un concours de costumes bretons, où l'on
a revu toutes ces courtes vestes à boutons de métal, brodées de soies
multicolores, ces jupes relevées de passementeries d'argent, ces coiffes
légères de dentelles et ces collerettes plissées fin, ces larges
ceintures, tous ces vieux ajustements si seyants de Scaer, Bannalec, de
Pont-Aven même, dont l'harmonie, un peu vive parfois, est d'un si joli
contraste dans le paysage âpre de la Bretagne.
Une reine des Fleurs d'ajonc avait été élue. En son honneur, on a chanté
de vieux airs, dit des vers et poussé des vivats. Et elle a exercé avec
infiniment de bonne grâce et de sagesse son empire éphémère sur la foule
bariolée pressée autour d'elle.
Enfin on a dansé, au son du biniou, ces pas lents, graves, presque
hiératiques, qui sont les danses de la Bretagne.