Notes [from 1890 edition]

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(1) Le Duchat donne à ce mot la même signification qu'au mot "pécore".

Ne viendrait-il pas du mot italien "pecca", vice, défaut, ou du mot

latin "pecus", dont on a fait pécore ? (B.)

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(2) On voit par la préface de Molière qu'on distinguait deux ordres de

"précieuses", et que cette appellation ne fut pas toujours prise en

mauvaise part. Le "Grand Dictionnaire historique des Précieuses",

imprimé chez Ribou en 1661, osa nommer ce que la France avait de plus

grand, de plus poli, de plus aimable. Les Longueville, la Fayette,

Sévigné, Deshoulières, le grand Corneille, Ninon de Lenclos, sont à la

tête de cette list nombreuse, où figurent le roi, la reine et toute la

cour. (B.)

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(3) Palaprat, contemporain et ami de Molière, nous apprend que "Gorgibus"

était le nom d'un emploi de l'ancienne comédie, comme les Pasquins,

les Turlupins, les Jodelets, etc. En effet, on trouve souvent le nom

de Gorgibus dans les canevas italiens.

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(4) Cyrus et Mandane, Clélie et Aronce, sont les principaux personnages

d'"Artamène" et de "Clélie", romans alors très à la mode.

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(5) "Pousser le doux, le tendre et le passionné", expressions du temps,

dont les auteurs contemporains offrent plusieurs exemples.

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(6) La carte de "Tendre" est une fiction allégorique du roman de "Clélie".

On voit sur cette carte un fleuve d'"Inclination", une mer d'"Inimitié",

un lac d'"Indifférence", et une multitude d'autres inventions de ce genre.

Pour parvenir à la ville de "Tendre", il fallait assiéger le village de

"Billets-Galants", forcer le hameau de "Billets-Doux", et s'emparer ensuite

du château de "Petits-Soins". (Voy. "Clélie", tome I.)

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(7) Anciennement le "rabat" n'était autre chose que le col de la chemise

"rabattu" en dehors sur le vêtement, et c'est de là qu'il a pris son nom.

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(8) "Parler chrétien", c'est parler en langage intelligible. Cette

expression est venue des Vénitiens, qui disent que, comme il n'y a de

vraie religion que celle des "chrétiens", il n'y a aussi que leur

langage qui doive être entendu. (Le Duchat.)

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(9) Ce proverbe, "traiter de Turc à More", qui signifie "traiter avec

la dernière rigueur", est sans doute fondé sur ce que les Turcs et les

Mores, dans leurs anciennes guerres, ne se faisaient point de

quartier. (A.)

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(10) "Caution bourgeoise", signifie "caution solvable", "caution valable".

Molière a employé une seconde fois cette expression dans la "Critique de

l'Ecole des Femmes" : "La caution n'est pas bourgeoise." (A.)

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(11) Personnage du roman de "Clélie", à qui l'auteur a voulu donner un

caractère enjoué et plaisant. (B.) -- Dans le langage des précieuses,

on disait : "Etre un Amilcar", pour "être enjoué". (Voyez le "Grand

Dictionnaire des Précieuses, ou la Clef de la langue des ruelles",

Paris, 1669, page 21.)

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(12) On donnait le nom de "ruelles" aux assemblées de ce temps-là.

L'alcôve servait de salon, et la société s'y réunissait autour du lit

de la précieuse, qui se couchait pour recevoir ses visites. La "ruelle"

était parée avec beaucoup d'élégance et de goût, et les hommes qui en

faisaient les honneurs prenaient le nom d'"alcôvistes". (P.)

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(13) La "petite oie" se disait alors des rubans, des plumes et des

différentes garnitures qui ornaient l'habit, le chapeau, le noeud de

l'épée, les gants, les bas et les souliers. (B.)

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(14) "C'est Perdrigeon tout pur." -- "Perdrigeon" était le marchand en

vogue qui fournissait les gens du bel air. Il ne faut pas confondre ce

mot avec le nom de la belle couleur violette qui est emprunté d'une

prune nommé "perdrigon".

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(15) Les canons étaient un cercle d'étoffe large, et souvent orné de

dentelles, qu'on attachait au-dessus du genou, et qui couvrait la moitié

de la jambe. Les "importants" se rendaient ridicules par l'ampleur

démesurée de leurs canons. Voilà pourquoi ceux de Mascarille "ont un

grand quartier" de plus que ceux qu'on fait. (B.)

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(16) Locution proverbiale qui rappelle l'ancien usage où étaient les

militaires de terminer chaque côté de la moustache par quelques poils

très effilés, et de tailler en pointe le bouquet de barbe qu'on

laissait croître au milieu du menton. Cette mode venait d'Espagne. On

la retrouve dans quelques portraits du règne de Louis XIII.

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(17) L'"attaque de Gravelines" était un événement récent à l'époque

où fut jouée la pièce, c'est à dire en 1659. L'année précédente, le

maréchal de la Ferté avait pris cette ville sur les Espagnols.

Le "siège d'Arras", dont Mascarille parle plus haut, remontait à 1654.

Turenne avait fait lever ce siège au prince de Condé qui servait alors

dans l'armée espagnole. (A.)

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(18) On disait alors "se promener hors des portes", parce que Paris,

encore entouré de remparts et de fossés, avait des portes auxquelles

aboutissaient les principales rues qui vont du centre à la

circonférence. C'est sur l'emplacement de ces remparts et de ces

fossés que Louis XIV fit ensuite planter la promenade que nous nommons

"boulevards". -- "Donner un cadeau", signifiait autrefois donner une

"fête", un "repas".

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(19) Le mot "braie" a vieilli, et ne se trouve plus dans nos

dictionnaires que comme terme d'imprimerie et de marine. Du temps de

Molière, il signifiait le linge de corps. (B.)

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(20) On disait alors une "chère" comme on aurait dit une "précieuse".

Ces deux mots avaient le même sens, et étaient également à la mode ;

mais "chère" exprimait surtout l'intimité. Ce mot est resté.

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(21) "Danser proprement", pour "bien danser". Expression recherchée,

qui est restée dans notre langue, où même elle est devenue d'un usage

vulgaire. C'est ainsi que dans cette multitude de locutions bizarres

ou ridicules dont Molière s'est moqué avec tant de gaieté, il en est

un assez grand nombre que nous employons tous les jours sans nous

douter qu'elles sont un présent des "précieuses". Qui croirait, par

exemple, que nous leur devons les phrases suivantes : "Tenir bureau

d'esprit" ; "Avoir les cheveux d'un blond hardi" ; "Craindre de

s'encanailler" ; "Avoir l'humeur communicative" ; "Etre pénétré des

sentiments d'une personne" ; "Avoir la compréhension dure" ; "Revêtir

ses pensées d'expressions vigoureuses" ; "Avoir le front chargé d'un

sombre nuage" ; "N'avoir que le masque de la générosité" ; etc. ?

Toutes ces expressions, qui n'ont rien d'extraordinaire aujourd'hui,

sont citées par Saumaise comme faisant partie du nouveau dictionnaire

des "Précieuses" ; et l'on peut en conclure que cette affection de

langage, dont Molière a fait justice, n'a cependant pas été tout à

fait inutile à la langue.

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(22) "Billevesées", ou plutôt "billevezées", ainsi que l'écrit

Rabelais. Balle remplie de vent, et, par allusion, discours vains,

trompeurs. Mot composé de "bille", balle, et de "vezer", souffler, ou

de "veze", musette. De là "billevezée", comme l'explique fort bien

Furetière, pour "balle soufflée", pleine de vent. C'est précisement le

"nugae canorae" des Latins.

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Les Précieuses ridicules · 第 7 / 7 题