NINON DE L'ENCLOS.

Anne de l'Enclos naquit à Paris le 15 mai 1616 de M. _de l'Enclos_,

gentilhomme de Touraine, et de mademoiselle _de Raconis_, son épouse,

d'une famille noble de l'Orléanois.

Madame _de l'Enclos_ vouloit faire de Ninon une dévote; mais M. _de

l'Enclos_, homme d'esprit et de plaisir, se chargea lui-même de

l'éducation de sa fille, et donna une direction toute différente à ses

inclinations.

_Ninon_ perdit ses parens de bonne heure: dès l'âge de quinze ans, elle

se trouva maîtresse d'elle-même, et d'une fortune que les dissipations

de son père avoient considérablement réduite. Elle mit son bien à fonds

perdu, et se fit, par ce moyen, un revenu suffisant pour vivre dans

l'aisance, et même obliger ses amis au besoin. Elle sut économiser sans

avarice, et dépenser sans profusion.

Plusieurs fois elle fut recherchée en mariage; mais elle chérissoit trop

l'indépendance pour contracter un pareil engagement.

Élevée dans les principes les moins sévères, et née avec des sens fort

vifs, elle se livra toute entière aux plaisirs de l'amour. Nous

n'entreprendrons point de faire l'apologie d'une conduite aussi peu

retenue; en renonçant à la principale vertu de son sexe, Ninon a sans

doute perdu une grande partie de ses droits à l'estime; mais s'il n'est

pas permis de chercher à excuser ses torts, il doit l'être au moins de

mettre sous les yeux du lecteur tout ce qui peut contribuer à les faire

juger moins rigoureusement. M. _de l'Enclos_, professant ouvertement

l'épicuréisme le plus relâché, avoit donné à sa fille des préceptes de

volupté qu'il ne confirmoit que trop par sa manière de vivre; et l'on

sait quelle influence exercent sur nos idées et nos actions de toute la

vie, les discours et l'exemple des personnes qui ont présidé à notre

éducation, sur-tout lorsque ces personnes nous ont été chères, et que

leur doctrine a flatté nos goûts, au lieu de les contrarier. Abandonnée

fort jeune à sa propre volonté, entourée de mille adorateurs que lui

attiroient ses charmes, flattée d'inspirer de l'amour, ne pouvant

s'empêcher d'en ressentir elle-même pour des hommes qui réunissoient

presque tous aux grâces de l'esprit et du corps l'éclat d'une grande

fortune ou d'un grand nom, comment _Ninon_ se seroit-elle défendue

contre tant de séductions? Elle y céda sans résistance; mais si elle fut

foible, elle ne fut point vile. Quoiqu'elle eut le tort très-grand de ne

considérer l'amour que comme une sensation et non point comme un

sentiment, on ne voit pas que ce travers d'opinion, qui auroit pu

l'entraîner aux choix les plus honteux, lui en ait jamais fait faire un

seul que la délicatesse la plus platonique eût pu désavouer. La liste de

ses amans est nombreuse; mais il n'y figure aucun nom que, pour son

honneur, on soit fâché d'y trouver inscrit; ce sont les _Condé_, les _la

Rochefoucauld_, les _Longueville_, les _Coligni_, les _Villarceaux_,

les _Sévigné_, les _d'Albret_, les _d'Estrées_, les _Gersey_, les

_d'Effiat_, les _Clérembault_, les _la Châtre_, les _Bannier_, les

_Gourville_, etc. Mais ce qui établit sur-tout une prodigieuse

différence entre _Ninon_ et les autres femmes qui, comme elle, ont fait

de l'amour une sorte de profession, c'est qu'elle ne trafiqua point de

ses faveurs. Par inclination, par caprice ou même par vanité, elle les

accordoit en pur don à l'amabilité, au mérite, à la célébrité; mais

jamais elle ne les vendit à la richesse. Elle poussoit, dit-on, les

scrupules du désintéressement jusque-là, que ceux dont elle avoit

satisfait les désirs, en perdoient le droit de lui faire accepter les

dons les plus légers.

Celle qui rejetoit les présens de l'amour comme un salaire offensant,

n'étoit pas faite pour retenir les dépôts de l'amitié. _Gourville_,

obligé de fuir du royaume, avoit confié vingt mille écus en or à

_Ninon_, dont il étoit alors l'amant, et remis pareille somme entre les

mains d'un personnage fameux par l'austérité de ses moeurs. _Gourville_

revint. L'ecclésiastique (c'en étoit un) nia le dépôt. _Gourville_, à

qui _Ninon_ dans l'intervalle avoit donné un successeur, lui fit

l'injure de la croire aussi peu fidèle en affaires qu'en amour, et il

doutoit si peu de son malheur qu'il s'épargnoit jusqu'à la peine d'aller

s'en assurer. _Ninon_ l'envoya chercher. «Mon cher _Gourville_, lui

dit-elle, il m'est arrivé un grand malheur pendant votre absence. J'ai

perdu le goût que j'avois pour vous; mais je n'ai pas perdu la mémoire.

Voici les vingt mille écus que vous m'avez confiés à votre départ de

Paris. Ils sont encore dans la cassette où vous les avez serrés

vous-même.»

_Ninon_ ne trahissoit point ses amans; elle cessoit de les aimer et le

leur disoit. Ce ne fut que pour se soustraire aux fatigantes

importunités de _la Châtre_, qu'elle lui signa ce fameux billet, où elle

faisoit de tous les sermens celui qu'elle étoit le moins en état de

tenir, le serment de n'en aimer jamais d'autre de sa vie; et elle ne se

crut pas liée un seul instant par un engagement aussi téméraire. Au

reste il est certain, d'après son caractère, que si le porteur de cette

risible cédule eût été de retour auprès d'elle, quand il lui vint en

fantaisie de manquer à la foi jurée, elle lui auroit ingénument confié à

lui-même que son billet ne valoit plus rien.

Volage en amour, mais non point perfide, _Ninon_ étoit en amitié d'une

constance à toute épreuve. Ses amans, en cessant de l'être, devenoient

ses amis, et c'étoit pour toujours. L'amitié étoit le seul sentiment

respectable à ses yeux, et elle en remplissoit religieusement tous les

devoirs. J. J. _Rousseau_ a dit: «Je n'aurois pas plus voulu d'elle pour

mon ami que pour ma maîtresse.» On ne voit pas trop par quel motif il

eût répugné si fort à être l'ami de _Ninon_; on expliqueroit plus

facilement encore pourquoi il eût refusé d'être son amant, quoiqu'à dire

vrai, _Rousseau_ lui-même eût peut-être eu bien de la peine à se

défendre de ses charmes, si elle se fût mis en tête de venir à bout de

sa philosophie.

Tous ses contemporains s'accordent à la peindre comme la plus

séduisante des femmes. Sa taille, disent-ils, étoit pleine de grâce et

de noblesse; sa figure n'étoit pas parfaitement régulière, et n'avoit

point ce grand éclat de beauté qui frappe d'abord; mais l'examen y

faisoit découvrir une foule d'agrémens et de finesses qui la faisoient

préférer aux figures les plus correctes et les plus éblouissantes. Elle

dédaignoit le luxe des habits, ou plutôt, par une coquetterie mieux

entendue, elle le rejetoit comme contraire aux intérêts de sa beauté.

Une propreté recherchée, une simplicité élégante faisoient tous les

frais de sa parure. Les charmes de sa personne se conservèrent si

long-temps, ils diminuèrent d'une manière si lente et si peu sensible,

qu'elle prolongea le don de plaire et d'exciter le désir, jusqu'à un âge

où toutes les autres femmes sont trop heureuses de ne pas exciter le

dégoût. On prétend qu'à quatre-vingts ans elle inspira une vive passion

à l'abbé _Gedoyn_. _Voltaire_ ne rejette point entièrement cette

anecdote, comme quelques autres ont fait; mais à l'abbé _Gedoyn_ il

substitue l'abbé _de Château-Neuf_, et il rabat dix années de l'âge

attribué à _Ninon_ quand elle fit sa dernière folie. Au compte même de

_Voltaire_, c'est encore avoir poussé bien loin sa carrière amoureuse.

L'abbé _Fraguier_, qui n'avoit connu _Ninon_ que dans un âge déjà

très-avancé, disoit que _quiconque vouloit faire attention à ses yeux,

pouvoit y lire encore toute son histoire_. _Chaulieu_ exprimoit

autrement la même idée: _L'amour_, disoit-il, _s'étoit retiré jusque

dans les rides de son front._

L'esprit de _Ninon_ n'étoit pas moins célèbre que ses charmes. Elle

l'avoit tout à la fois agréable et solide. Elle se l'étoit formé de

bonne heure par la lecture de nos meilleurs écrivains. A l'âge de dix

ans, _Montaigne_ et _Charron_ étoient ses livres favoris. Elle parloit

avec facilité l'italien et l'espagnol. Elle évitoit avec un soin extrême

le ridicule si commun parmi les femmes qui se croient ou sont en effet

plus instruites que les autres, celui de faire parade de leur savoir.

_Mignard_ se plaignoit de ce que sa fille, depuis madame la comtesse _de

Feuquières_, manquoit de mémoire: _Vous êtes trop heureux, Monsieur_,

lui dit _Ninon_, _elle ne citera point_. «Son entretien étoit doux et

léger, dit l'abbé _Fraguier_: le contraire la blessoit, mais il n'y

paroissoit point.» Elle n'avoit pas négligé les arts agréables; elle

dansoit avec grâce, chantoit avec goût, et jouoit très-bien du

clavecin, du luth, du tuorbe et de la guitare.

Tant d'agrémens réunis ne pouvoient manquer d'attirer chez elle l'élite

de la cour et de la ville. Les hommes les plus distingués par la

naissance, l'esprit et les talens, lui faisoient une cour assidue. Les

mères ambitionnoient pour leurs fils l'avantage d'être admis chez

_Ninon_, auprès de qui ils se formoient aux manières et au ton de la

bonne compagnie. Cette faveur n'étoit point accordée indistinctement à

tous ceux qui la sollicitoient. Un mérite reconnu, ou d'heureuses

dispositions pour en acquérir, étoient, avec la probité, les seuls

titres qui pussent la faire obtenir. _Ninon_ n'y fut trompée qu'une

fois. A la sollicitation d'un de ses meilleurs amis, elle avoit

consenti à recevoir chez elle un M. _Rémond_, dont l'éducation ne lui

fit point d'honneur. Il se signala bientôt dans le monde par toutes

sortes de ridicules. On apprit à _Ninon_ qu'il alloit se vantant partout

d'avoir été formé par elle. _Je suis comme Dieu, dit-elle, qui s'est

repenti d'avoir formé l'homme._ _Chapelle_ fut exclus de sa maison, à

cause de son ivrognerie, quoique ce défaut, qui est devenu le partage de

la dernière classe du peuple, fût encore de mode alors parmi les plus

honnêtes gens. _Chapelle_, offensé, jura que pendant un mois il ne se

coucheroit pas sans être ivre, et sans avoir fait une chanson contre

_Ninon_. Il tint parole, dit _Voltaire_.

On conçoit sans peine que les hommes, moins scrupuleux dans leurs

liaisons de tout genre, aient recherché avec empressement la société

d'une femme, disons le mot, d'une courtisane charmante, et se soient, en

quelque sorte, fait un honneur d'y être admis; mais que des femmes, à

qui le soin de leur réputation commandoit à cet égard la plus grande

réserve, n'aient point rougi d'être ouvertement les amies de _Ninon_,

voilà ce qui étonne avec raison, voilà ce qu'on ne peut expliquer que

par un mérite vraiment extraordinaire dans la personne qui les faisoit

ainsi passer par-dessus les conseils du plus sage préjugé. Cela fait

supposer aussi, que _Ninon_ mettoit dans sa conduite autant de décence

extérieure qu'il en falloit, pour que des femmes honnêtes ne fussent

point embarrassées chez elle de leur contenance. Mesdames _de la Suze_,

_de Castelnau_, _de la Ferté_, _de Sulli_, _de Fiesque_, _de la

Fayette_, _de Choisi_, _de Lambert_, _de Bouillon-Mancini_, _de

Sandwich_, etc., furent liées avec elle d'une amitié très-étroite. Elle

en avoit contracté une plus intime encore avec madame _de Maintenon_,

lorsque celle-ci n'étoit que mademoiselle _d'Aubigné_ ou madame

_Scarron_; elles couchèrent plusieurs mois ensemble dans le même lit, et

l'on assure que mademoiselle _d'Aubigné_ enleva à _Ninon_,

_Villarceaux_, son amant, sans que _Ninon_ en sût plus mauvais gré à

l'un et à l'autre. Madame _de Maintenon_, parvenue au comble de la

faveur, fit proposer à son ancienne amie de se faire dévote, et de venir

auprès d'elle à la cour. _Ninon_ refusa. Ce ne fut pas la seule fois

qu'elle sacrifia la fortune et la faveur à son amour pour le repos et la

liberté. La reine _Christine_ fit en vain mille efforts pour l'emmener

avec elle à Rome. _Christine_ dit en partant qu'elle n'avoit trouvé

aucune femme en France qui lui plût autant que _l'illustre Ninon_. C'est

dans une conversation avec cette reine que _Ninon_ qualifia les

précieuses de _jansénistes de l'amour_. Madame _de Sévigné_ n'aimoit

point _Ninon_. Dans plusieurs de ses lettres, elle parle d'elle avec

très-peu de considération. Sa prévention est excusable; le marquis _de

Sévigné_ s'occupoit peu de son avancement, mais en revanche il

travailloit assez efficacement à déranger une fortune que sa mère

mettoit tous ses soins à conserver. Madame _de Sévigné_ crut voir dans

l'amour de son fils pour _Ninon_ la cause de son indolence et de ses

dissipations. La _Champmêlé_, qui succéda à _Ninon_ dans le coeur du

marquis _de Sévigné_, eut aussi sa part de la mauvaise humeur et des

ressentimens de cette mère tendre et inquiète. En général, elle ne

ménageoit aucun de ceux qu'elle croyoit pouvoir accuser du dérangement

de son fils. Pour un ou deux soupers que celui-ci fit accepter à

_Racine_ et à _Boileau_, elle parle quelque part d'eux, comme de poëtes

faméliques, pour qui un repas pris en ville est une bonne fortune. Or,

on sait que _Boileau_ recevoit chez lui les plus grands seigneurs, et

que _Racine_ refusoit de dîner avec M. le duc _de Bourbon_, pour manger

une carpe en famille.

Revenons à _Ninon_. Plusieurs beaux esprits du temps, plusieurs

écrivains assez distingués la célébrèrent en prose et en vers. De ce

nombre furent _Scarron_, _Regnier-Desmarais_, l'abbé _de Châteauneuf_ et

_Saint-Evremont_. Ce dernier partageoit ses adorations entre elle et la

fameuse duchesse _de Mazarin_. Tout le monde connoît le joli quatrain

qu'il fit pour _Ninon_:

L'indulgente et sage nature

A formé l'âme de _Ninon_,

De la volupté d'Épicure,

Et de la vertu de Caton.

Un hommage plus flatteur encore pour elle, c'est le cas que _Molière_

faisoit de son goût et de son esprit; il la consultoit, dit-on, sur tous

ses ouvrages. Comme il lui avoit lu un jour son _Tartuffe_, elle lui fit

le récit d'une aventure qui lui étoit arrivée avec un scélérat à peu

près de la même espèce. _Molière_ rapporta qu'elle lui en avoit fait le

portrait avec des couleurs si vives et si naturelles, que, si sa pièce

n'eût pas été faite, il ne l'auroit jamais entreprise, tant il se

seroit cru incapable de rien mettre sur le théâtre d'aussi parfait que

le _Tartuffe_ de mademoiselle _de l'Enclos_. _Voltaire_ trouve

l'anecdote peu vraisemblable, quoiqu'on en ait pour garant l'abbé _de

Châteauneuf_, qui disoit la tenir de _Molière_ lui-même. On peut

l'adopter, en admettant que _Molière_ a parlé avec un peu trop de

modestie sur son propre compte, et d'exagération sur celui de _Ninon_,

qui l'avoit frappé d'admiration par son talent pour saisir et peindre le

ridicule.

Ses contes et ses bons mots lui avoient fait de bonne heure une

réputation. On cite d'elle une foule de réflexions profondes ou

ingénieuses. Nous n'en rapporterons que quelques-unes. Elle eut, à l'âge

de vingt-deux ans, une maladie qui la mit au bord du tombeau. Ses amis

déploroient sa destinée qui l'enlevoit à la fleur de son âge. _Ah!_

dit-elle, _je ne laisse au monde que des mourans._ Ce mot est bien

philosophique. _La beauté sans les grâces_, disoit-elle souvent, _est un

hameçon sans appât_. Elle disoit un jour à _Saint-Evremont_ qu'_elle

rendoit grâces à Dieu tous les soirs de son esprit, et qu'elle le prioit

tous les matins de la préserver des sottises de son coeur._ Elle

prétendoit qu'_une femme sensée ne devroit jamais prendre d'amant sans

l'aveu de son coeur, ni de mari sans le consentement de sa raison._

_Ninon_ avoit le talent des vers; mais elle en faisoit rarement usage.

Le Grand-Prieur _de Vendôme_ avoit essayé inutilement de se faire aimer

d'elle; indigné de ses refus, il mit un jour sur sa toilette ce

quatrain:

Indigne de mes feux, indigne de mes larmes,

Je renonce sans peine à tes foibles appas:

Mon amour te prêtoit des charmes,

Ingrate, que tu n'avois pas.

Elle y répondit par cette plaisante parodie:

Insensible à tes feux, insensible à tes larmes,

Je te vois renoncer à mes foibles appas;

Mais si l'amour prête des charmes,

Pourquoi n'en empruntois-tu pas?

Le bonheur dont jouissoit _Ninon_ ne fut troublé qu'une fois, mais ce

fut par l'accident le plus affreux. L'un des deux fils qu'elle avoit eus

de _Villarceaux_, ignorant qu'elle étoit sa mère, devint éperdument

amoureux d'elle, et lorsque voulant mettre fin à cette fatale passion,

elle lui eût révélé le secret de sa naissance, l'infortuné jeune homme

alla se poignarder de désespoir. Son autre fils, nommé _la Boissière_,

fit une espèce de fortune; il devint capitaine de vaisseau, et mourut à

Toulon, en 1732, âgé de 75 ans.

Tout le monde sait que _Voltaire_ fut présenté à _Ninon_ au sortir du

collége par l'abbé de _Châteauneuf_, et qu'elle lui laissa par son

testament deux mille francs pour acheter des livres.

_Ninon_ mourut à Paris dans sa maison de la rue des Tournelles, au

Marais, le 17 octobre 1706, sur les cinq heures du soir, à l'âge de

quatre-vingt-dix ans et cinq mois.

On a écrit plusieurs fois sa vie. _Voltaire_ impatienté de voir paroître

tant de _mémoires_ sur elle, disoit: _Si cette mode continue, il y aura

bientôt autant d'histoires de Ninon que de Louis XIV._

Lettres de Mmes. de Villars, de Coulanges et de La Fayette, de Ninon de L'Enclos et de Mademoiselle Aïssé accompagnées de notices bibliographiques, de notes explicatives par Louis-Simon Auger · 第 186 / 267 题