LE GÉNÉRAL DE CASTELNAU

(_Voir notre gravure de première page._)

Un décret vient d'élever le général de division de Curières de

Castelnau, commandant l'armée de Lorraine, à la dignité de

grand-officier de la Légion d'honneur. Les quelques lignes qui, au

_Journal officiel_, justifient cette récompense éminente ont, dans leur

concision, la beauté d'une inscription lapidaire:

«Depuis le commencement de la guerre, disent-elles, son armée n'a pas

cessé de combattre et il a obtenu des résultats importants. Le général

de Castelnau a eu deux de ses fils tués, et un troisième blessé. Il n'en

a pas moins continué à exercer son commandement avec énergie.»

Et le télégramme de félicitations adressé par le général Joffre à son

fidèle et précieux collaborateur est le seul commentaire qu'on puisse

se permettre de donner à ce bref «exposé des motifs»:

«Depuis près d'un mois, écrivait le généralissime, l'armée que vous

commandez a combattu presque tous les jours et a montré des qualités

remarquables d'endurance, de ténacité et de bravoure.

»Quelque difficiles qu'aient été pour vous les circonstances, vous avez

réussi à vous maintenir sur les hauteurs du Grand Couronné, à repousser

les attaques furieuses lancées contre vous et à empêcher l'ennemi de

pénétrer dans Nancy.

«Je tiens à vous exprimer ma sympathie et vous prie de la transmettre

aux troupes placées sous vos ordres.»

Ici, pas même une allusion aux pertes cruelles qu'a faites le général de

Castelnau. Mais nous savons ce que le service de la Patrie a coûté, sans

que sa fermeté d'âme en ait été entamée, à ce père, à ce grand chef, au

sauveur de Nancy. Notre reconnaissance ne saurait aller vers lui trop

ardente.

[Illustration: L'abbé Chinot et un officier français

constatant les dégâts au-dessus de la voûte du transept.]

[Illustration: Les cendres de l'incendie, dans le chemin de

ronde, sous les arcs-boutants des bas-côtés. La voûte de

pierre de la cathédrale de Reims, mise à nu par l'incendie de

la charpente qui supportait la toiture maintenant effondrée.

_Phot. du cap. Granville Fortescue._]

L'Illustration, No. 3734, 26 Septembre 1914 · 第 15 / 24 题