L'autre camp des Romains.
_On entend des cris de bataille_; MARCIUS ET AUFIDIUS _entrent par
différentes portes et se rencontrent_.
MARCIUS.--Je ne veux combattre que toi: je te hais plus que l'homme qui
viole sa parole..
AUFIDIUS.--Ma haine égale la tienne, et l'Afrique n'a point de serpent
que j'abhorre plus que ta gloire, objet de ma jalousie. Affermis ton
pied.
MARCIUS.--Que le premier qui reculera meure l'esclave de l'autre, et que
les dieux le punissent encore dans l'autre vie!
AUFIDIUS.--Si tu me vois fuir, Marcius, poursuis-moi de tes clameurs
comme un lièvre.
MARCIUS.--Tullus, pendant trois heures entières, je viens de combattre
seul dans les murs de Corioles, et j'y ai fait tout ce que j'ai voulu.
Ce sang dont tu vois mon visage masqué, n'est pas le mien; pour te
venger, appelle et déploie toutes tes forces.
AUFIDIUS.--Fusses-tu cet Hector, ce foudre de vos fanfarons d'ancêtres,
tu ne m'échapperais pas ici.
(Ils combattent sur place: quelques Volsques viennent au secours
d'Aufidius: Marcius combat contre eux, jusqu'à ce qu'ils se retirent
hors d'haleine.)
AUFIDIUS, _en se retirant aux Volsques_.--Plus officieux que braves,
vous m'avez déshonoré par votre sotte assistance.
(Ils fuient poussés par Marcius.)