La scène est dans une rue de Rome.
(Une troupe de plébéiens mutinés paraît armée de bâtons, de massues et
autres armes.)
PREMIER CITOYEN.--Avant d'aller plus loin, laissez-moi vous parler.
PLUSIEURS CITOYENS _parlant à la fois_.--Parlez, parlez.
PREMIER CITOYEN.--Êtes-vous tous bien résolus à mourir, plutôt que de
souffrir la faim?
TOUS,--Nous y sommes résolus, nous y sommes résolus.
PREMIER CITOYEN.--Eh bien! vous savez que Caïus Marcius est le grand
ennemi du peuple?
TOUS.--Nous le savons, nous le savons.
PREMIER CITOYEN.--Tuons-le, et nous aurons le blé au prix que nous
voulons. Est-ce une chose arrêtée?
TOUS.--Oui, n'en parlons plus: c'est une affaire faite; courons,
courons.
SECOND CITOYEN.--Un mot, bons citoyens.
PREMIER CITOYEN.--Nous sommes rangés parmi les _pauvres citoyens_[1],
les patriciens parmi les _bons_. Ce qui fait regorger les autorités nous
soulagerait: s'ils nous cédaient à temps ce qu'ils ont de trop, nous
pourrions faire honneur de ce secours à leur humanité. Mais ils nous
trouvent trop chers. La maigreur qui nous défigure, le tableau de notre
misère, sont comme un inventaire qui détaille leur abondance. Notre
souffrance est un gain pour eux. Vengeons-nous avec nos piques avant que
nous soyons devenus des squelettes, car les dieux savent que ce qui me
fait parler ainsi, c'est la faim du pain et non la soif de la vengeance.
[Note 1: SECOND CITOYEN.--_One word, good citizens._ PREMIER
CITOYEN.--_We are accounted poor citizens; The patricians good._
_Good_ signifie à la fois bon et solvable.]
SECOND CITOYEN.--Voulez-vous agir surtout contre Caïus Marcius?
LES CITOYENS.--Contre lui d'abord, c'est un vrai chien pour le peuple.
SECOND CITOYEN.--Mais songez-vous aux services qu'il a rendus à son
pays?
PREMIER CITOYEN.--Parfaitement, et nous aurions du plaisir à lui en
tenir bon compte, s'il ne se payait lui-même en orgueil.
TOUS.--Allons, parlez sans fiel.
PREMIER CITOYEN.--Je vous dis que tout ce qu'il a fait de glorieux, il
l'a fait dans ce but. Il plaît à de bonnes âmes de dire qu'il a tout
fait pour la patrie: je dis, moi, qu'il l'a fait d'abord pour plaire à
sa mère, et puis pour avoir le droit d'être orgueilleux outre mesure.
Son orgueil est monté au niveau de sa valeur.
SECOND CITOYEN.--Ce qu'il ne peut changer dans sa nature, vous le
mettez à son compte comme un vice; vous ne l'accuserez pas du moins de
cupidité?
PREMIER CITOYEN.--Et quand je ne le pourrais pas, je ne serais pas
stérile en accusations: il a tant de défauts que je me fatiguerais à les
énumérer. (_Des cris se font entendre dans l'intérieur_.) Que veulent
dire ces cris? L'autre partie de la ville se soulève; et nous, nous nous
amusons ici à bavarder. Au Capitole!
TOUS.--Allons, allons.
PREMIER CITOYEN.--Doucement!--Qui s'avance vers nous?
(Survient Ménénius Agrippa.)
SECOND CITOYEN.--Le digne Ménénius Agrippa, un homme qui a toujours aimé
le peuple.
PREMIER CITOYEN.--Oui, oui, il est assez brave homme! Plût aux dieux que
tout le reste fût comme lui!
MÉNÉNIUS.--Quel projet avez-vous donc en tête, mes concitoyens? Où
allez-vous avec ces bâtons et ces massues?--De quoi s'agit-il, dites, je
vous prie?
SECOND CITOYEN.--Nos projets ne sont pas inconnus au sénat; depuis
quinze jours il a vent de ce que nous voulons: il va le voir aujourd'hui
par nos actes. Il dit que les pauvres solliciteurs ont de bons poumons:
il verra que nous avons de bons bras aussi.
MÉNÉNIUS.--Quoi! mes bons amis, mes honnêtes voisins, voulez-vous donc
vous perdre vous-mêmes?
SECOND CITOYEN.--Nous ne le pouvons pas, nous sommes déjà perdus.
MÉNÉNIUS.--Mes amis, je vous déclare que les patriciens ont pour vous
les soins les plus charitables.--Le besoin vous presse; vous souffrez
dans cette disette: mais vous feriez aussi bien de menacer le ciel de
vos bâtons, que de les lever contre le sénat de Rome dont les destins
suivront leur cours, et briseraient devant eux dix mille chaînes plus
fortes que celles dont vous pourrez jamais l'enlacer. Quant à cette
disette, ce ne sont pas les patriciens, ce sont les dieux qui en sont
les auteurs: ce sont vos prières, et non vos armes qui peuvent vous
secourir. Hélas! vos malheurs vous entraînent à des malheurs plus
grands. Vous insultez ceux qui tiennent le gouvernail de l'État, ceux
qui ont pour vous des soins paternels, tandis que vous les maudissez
comme vos ennemis!
SECOND CITOYEN.--Des soins paternels? Oui, vraiment! Jamais ils n'ont
pris de nous aucun soin. Nous laisser mourir de faim, tandis que leurs
magasins regorgent de blé; faire des édits sur l'usure pour soutenir les
usuriers; abroger chaque jour quelqu'une des lois salutaires établies
contre les riches, et chaque jour porter de plus cruels décrets pour
enchaîner, pour assujettir le pauvre! Si la guerre ne nous dévore pas,
ce sera le sénat: voilà l'amour qu'il a pour nous!
MÉNÉNIUS.--Votre malice est extrême: il faut que vous en conveniez, ou
bien souffrez qu'on vous taxe de folie.--Je veux vous raconter un joli
conte. Peut-être l'aurez-vous déjà entendu; mais n'importe, il sert à
mon but, et je vais le répéter pour vous le faire mieux comprendre.
SECOND CITOYEN.--Je vous écouterai volontiers, noble Ménénius; mais
n'espérez pas tromper nos maux par le récit d'une fable; cependant, si
cela vous fait plaisir, voyons, dites.
MÉNÉNIUS.--«Un jour tous les membres du corps humain se révoltèrent
contre l'estomac. Voici leurs plaintes contre lui: ils disaient que,
comme un gouffre, il se tenait au centre du corps, oisif et inactif,
engloutissant tranquillement la nourriture, sans jamais partager le
travail des autres organes qui se fatiguaient à voir, à entendre, à
parler, à instruire, à marcher, à sentir, ayant tous leurs fonctions
mutuelles, et servant, en ministres laborieux, les désirs et les voeux
communs du corps entier. L'estomac répondit...»
SECOND CITOYEN.--Ah! voyons, seigneur, ce que l'estomac répondit.
MÉNÉNIUS.--Je vais vous le dire. «Il répondit, avec une sorte de
sourire, qui ne venait pas des poumons (car si je fais parler l'estomac,
je peux bien aussi le faire sourire), il répondit donc, avec dédain,
aux membres mutinés et mécontents qui, le voyant tout recevoir, lui
portaient une envie aussi raisonnable que celle qui vous anime contre
nos sénateurs, parce qu'ils ne sont pas comme vous....
SECOND CITOYEN.--La réponse de votre estomac! quelle fut sa
réponse?--Ah! si la tête majestueuse et faite pour la couronne; si
l'oeil, sentinelle vigilante; si le coeur, notre conseiller; le bras,
notre soldat; la jambe, notre coursier; la langue, notre trompette; si
tous les autres membres, et cette foule de menus organes qui soutiennent
et conservent notre machine; si tous...
MÉNÉNIUS.--Quoi donc! il me coupe la parole, cet homme-là! Eh bien!
quoi? Voyons.
SECOND CITOYEN.--Si tous voyaient ce cormoran d'estomac, le gouffre du
corps humain, prétendre leur faire la loi...
MÉNÉNIUS.--Eh bien! après?
SECOND CITOYEN.--Si les principaux agents se plaignaient de l'estomac,
qu'aurait-il à répondre?
MÉNÉNIUS.--Je vous le dirai, si vous pouvez m'accorder un peu de ce qui
est si rare chez vous, un peu de patience; vous la saurez, la réponse de
l'estomac.
SECOND CITOYEN.--Vous nous la faites bien attendre.
MÉNÉNIUS.--Remarquez bien ceci, mon ami. Notre grave estomac était
réfléchi, et nullement inconsidéré comme ses accusateurs. Voici sa
réponse: «Il est vrai, mes amis, vous qui faites partie du corps,
dit-il, que je reçois d'abord toute la nourriture qui vous fait vivre,
et cela est juste, car je suis l'entrepôt et le magasin du corps entier.
Mais si vous y réfléchissez, je renvoie tout par les fleuves de votre
sang jusqu'au coeur qui est la cour de l'âme, et jusqu'à la résidence du
cerveau: car les canaux qui serpentent dans l'homme, les nerfs les plus
forts, les veines les plus petites, reçoivent de moi cette nourriture
suffisante qui entretient leur vie, et quoique vous tous à la fois, mes
bons amis» (c'est l'estomac qui parle, écoutez-moi)...
SECOND CITOYEN.--Oui, oui. Bien! bien!
MÉNÉNIUS.--«Quoique vous ne puissiez pas voir tout de suite ce que je
distribue à chacun en particulier, je peux bien, pour résultat du compte
que je vous rends, conclure que vous recevez de moi la farine la plus
pure, et qu'il ne me reste à moi que le son.» Eh bien! qu'en dites-vous!
SECOND CITOYEN.--C'était une réponse. Mais quelle application en
ferez-vous?
MÉNÉNIUS.--Les sénateurs de Rome sont ce bon estomac, et vous, vous êtes
les membres mutinés. Examinez leurs conseils et leurs soins; pesez bien
toute chose dans l'intérêt de l'État, vous verrez que tout le bien
public, auquel vous avez part, vous vient du sénat, et jamais de
vous-mêmes.--Qu'en penses-tu, toi que je vois tenir dans cette assemblée
la place du gros orteil dans le corps humain?
SECOND CITOYEN.--Du gros orteil, moi! comment cela?
MÉNÉNIUS.--Parce qu'étant un des plus bas, des plus lâches et des plus
pauvres partisans de cette belle révolte, tu vas le premier en avant.
Misérable, toi qui es du sang le plus vil, tu es le premier à faire
courir les autres là où tu as quelque chose à gagner.--Allons, préparez
vos bâtons et vos massues. Rome et ses rats sont à la veille de se
battre: il y aura du mal pour un des deux partis. (_Caïus Marcus
arrive_.)--Noble Marcius, salut!
MARCIUS.--Je vous remercie.--De quoi s'agit-il, coquins de factieux,
qui, en grattant la gale de vos prétentions, n'avez fait qu'une croûte
de vous-mêmes?
SECOND CITOYEN.--Nous avons toujours vos douces paroles.
MARCIUS.--Celui qui t'adresserait de douces paroles serait un
flatteur qui m'inspirerait un sentiment au-dessous de l'horreur.--Que
demandez-vous, chiens hargneux, qui n'aimez ni la paix ni la guerre! La
guerre vous fait peur, la paix vous rend orgueilleux. Celui qui se fie à
vous, au lieu de trouver des lions, ne trouve que des lièvres; au lieu
de trouver des renards, ne trouve que des oies. Vous n'êtes pas plus
sûrs que le charbon sur la glace, ou que la grêle au soleil. Votre vertu
consiste à ériger en homme vertueux celui que ses crimes soumettent aux
lois, et à blasphémer contre la justice qu'on lui rend. Quiconque mérite
la grandeur, mérite votre haine. Vos affections ressemblent au goût d'un
malade, dont les désirs se portent sur tout ce qui peut augmenter son
mal. S'appuyer sur votre faveur, c'est nager avec des nageoires de
plomb, c'est vouloir trancher le chêne avec des roseaux. Allez vous
faire pendre! Qu'on se fie à vous! Chaque minute vous voit changer de
résolution, appeler grand l'homme qui naguère était l'objet de votre
haine, et donner le nom d'infâme à celui que vous nommiez _votre
couronne_!--Quelle est donc la cause qui vous fait élever, des
différents quartiers de la ville, ces clameurs séditieuses contre
l'auguste sénat? Lui seul, sous les auspices des dieux, vous tient
en respect: sans lui, vous vous dévoreriez les uns les autres.--Que
cherchent-ils?
MÉNÉNIUS,--Du blé taxé à leur prix, et ils disent que les magasins de
Rome sont pleins!
MARCIUS.--Qu'ils aillent se faire pendre! _Ils disent_! Quoi! ils se
tiendront assis au coin de leur feu, et prétendront savoir ce qui se
fait au Capitole! juger quel est celui qui peut s'élever, celui qui
prospère et celui qui décline, soutenir les factions, arranger des
mariages imaginaires, dire que tel parti est fort, et mettre sous leurs
souliers de savetier ceux qui ne sont pas à leur gré! Ils disent que le
blé ne manque pas!..... Si la noblesse mettait un terme à sa pitié, et
si elle laissait agir mon épée, je ferais une carrière pour enterrer des
milliers de ces esclaves, et leurs cadavres s'entasseraient jusqu'à la
hauteur de ma lance.
MÉNÉNIUS.--Mais les voilà, je crois, à peu près persuadés; car
bien qu'ils manquent abondamment de discrétion, ils se retirent
lâchement.--Que dit, je vous prie, l'autre troupe?
MARCIUS.--Elle est dispersée. Qu'ils aillent se faire pendre! ils
disaient que la faim les pressait, et nous étourdissaient de proverbes:
_La faim brise les pierres; il faut nourrir son chien; la viande est
faite pour être mangée; les dieux ne font pas croître le blé seulement
pour les riches_. Tels étaient les lambeaux de phrases par lesquels ils
exhalaient leurs plaintes. On a daigné leur répondre. On leur a accordé
leur demande, une demande étrange qui suffirait à briser le coeur de
la générosité, et à faire pâlir un pouvoir hardi! ils ont jeté leurs
bonnets en l'air comme s'ils eussent voulu les accrocher aux cornes de
la lune, et ils ont poussé des cris de jalouse allégresse.
MÉNÉNIUS.--Que leur a-t-on accordé?
MARCIUS.--D'avoir cinq tribuns de leur choix pour soutenir leur vulgaire
sagesse. Ils ont nommé Junius Brutus; Sicinius Vélutus en est un autre:
le reste... m'est inconnu.--Par la mort! la canaille aurait démoli tous
les toits de Rome, plutôt que d'obtenir de moi cette victoire. Avec
le temps, elle gagnera encore sur le pouvoir, et trouvera de nouveaux
prétextes de révolte.
MÉNÉNIUS.--Étrange événement!
MARCIUS, _au peuple_.--Allez vous cacher dans vos maisons, vils restes
de la sédition.
LE MESSAGER.--Où est Caïus Marcius?
MARCIUS.--Me voici. Que viens-tu m'annoncer?
LE MESSAGER.--Les Volsques ont pris les armes, seigneur.
MARCIUS.--J'en suis content; nous allons nous purger de notre superflu
moisi.--Voyez, voilà les plus respectables de nos sénateurs!
(On voit entrer Cominius, Titus Lartius, d'autres sénateurs, Junius
Brutus et Sicinius Vélutus.)
PREMIER SÉNATEUR.--Ce que vous nous avez annoncé dernièrement était la
vérité, Marcius: les Volsques ont pris les armes.
MARCIUS.--Ils ont un général, Tullus Aufidius, qui vous embarrassera.
J'avoue ma faiblesse, je suis jaloux de sa gloire; et si je n'étais pas
ce que je suis, je ne voudrais être que Tullus.
COMINIUS.--Vous avez combattu ensemble.
MARCIUS.--Si la moitié de l'univers était en guerre avec l'autre, et
qu'il fût de mon parti, je me révolterais pour n'avoir à combattre que
lui: c'est un lion que je suis fier de pouvoir chasser.
PREMIER SÉNATEUR.--Brave Marcius, suivez donc Cominius à cette guerre.
COMINIUS.--C'est votre promesse.
MARCIUS.--Je m'en souviens, et je suis constant. Oui, Titus Lartius,
vous me verrez encore frapper à la face de Tullus.--Quoi! l'âge vous
a-t-il glacé? Resterez-vous ici?
TITUS.--Non, Marcius: appuyé sur une béquille, je combattrais avec
l'autre, plutôt que de rester spectateur oisif de cette guerre.
MÉNÉNIUS.--O vrai fils de ta race!
PREMIER SÉNATEUR.--Accompagnez-nous au Capitole, où je sais que nos
meilleurs amis nous attendent.
TITUS.--Marchez à notre tête: suivez, Cominius, et nous marcherons après
vous. Vous méritez le premier rang.
COMINIUS.--Noble Marcius!
PREMIER SÉNATEUR, _au peuple_.--Allez-vous-en! retournez chez vous.
Retirez-vous.
MARCIUS.--Non, laissez-les nous suivre: les Volsques ont du blé en
abondance. Conduisons ces rats pour ronger leurs greniers.--Respectables
mutins, votre bravoure se montre à propos: je vous en prie, suivez-nous.
(Les sénateurs sortent; le peuple se disperse et disparaît.)
SICINIUS.--Fut-il jamais homme aussi orgueilleux que ce Marcius?
BRUTUS.--Il n'a point d'égal.
SICINIUS.--Quand le peuple nous a choisis pour ses tribuns...
BRUTUS,--Avez-vous remarqué ses lèvres et ses yeux?
SICINIUS.--Non, mais ses railleries.
BRUTUS.--Dans sa colère, il insulterait les dieux mêmes.
SICINIUS.--Il raillerait la lune modeste.
BRUTUS.--Que cette guerre le dévore! Il est si orgueilleux qu'il ne
mériterait pas d'être si vaillant.
SICINIUS.--Un homme de ce caractère, enflé par les succès, nous dédaigne
comme l'ombre sur laquelle il marche en plein midi. Mais je mitonne que
son arrogance puisse se plier à servir sous les ordres de Cominius.
BRUTUS,--La gloire est tout ce qu'il ambitionne, et il en est déjà
couvert. Or, pour la conserver ou l'accroître encore, le poste le plus
sûr est le second rang. Les événements malheureux seront attribués au
général; lors même qu'il ferait tout ce qui est au pouvoir d'un mortel,
la censure irréfléchie s'écrierait, en parlant de Marcius: «Oh! s'il
avait conduit cette entreprise!»
SICINIUS.--Et si nos armes prospèrent, la prévention publique, qui est
entêtée de Marcius, en ravira tout le mérite à Cominius.
BRUTUS.--Allez; la moitié des honneurs de Cominius seront pour Marcius,
quand bien même Marcius ne les aurait pas gagnés; et toutes ses fautes
deviendront des honneurs pour Marcius, quand bien même il ne les
mériterait nullement.
SICINIUS.--Partons, allons savoir comment la commission sera rédigée et
de quelle façon Marcius partira pour cette expédition, plus grand que
s'il était seul à commander.
BRUTUS.--Allons.
(Ils sortent.)