TABLEAU DE M. TOULMOUCHE.

Artistes et poètes ont célébré à l'envie les blancs frimas et les forêts

couronnées des neiges de décembre: pour M. Toulmouche, le peintre des

intérieurs mondains, l'hiver, c'est Paris avec ses joies, ses soirées et

ses fêtes, c'est la richesse et le luxe promenant leurs élégances sur

les tapis moelleux des salons étincelants de mille lumières. Voyez cette

jeune femme magnifiquement parée, qui attend le moment de monter en

voiture pour se rende au bal; elle avance vers la cheminée le bout d'un

pied mignon, tandis que de son éventail ouvert elle s'abrite contre les

ardeurs d'un foyer trop vif: les cheveux négligemment relevés et ornés

d'une simple fleur, les épaules nues, pourquoi laisse-t-elle pendre

ainsi ce joli bras qui n'est pas encore ganté? Entend-elle déjà le

murmure approbateur qui saluera son entrée ou bien regrette-t-elle

l'absence de celui à qui seul elle aurait été heureuse de paraître belle

et digne d'être admirée?--Coquetterie ou amour, deux sentiments qui sont

bien de la femme, et auxquels fait involontairement songer la vue de

cette jeune personne, représentée ainsi pensive dans tout l'éclat de sa

parure et de sa beauté.

L'Illustration, No. 1604, 22 novembre 1873 · 第 15 / 28 题