Saint-Mihiel continue à être le but de combats acharnés; les Allemands
qui l'occupent sont de plus en plus pressés par nos troupes. Celles-ci
sont parvenues à trois kilomètres à peine de la ville, dans la
presqu'île du Camp des Romains et sur la route d'Apremont, au bois
d'Ailly, non moins proche de Saint-Mihiel.
Sur les Hauts de Meuse, nous avons eu raison de tous les assauts; la
lutte d'artillerie y semble terrible; une attaque violente fut repoussée
le 19; le 24, nos canons détruisaient trois batteries allemandes dont
une de ces batteries lourdes qui ont une portée si considérable. Tout
le long des Côtes, ce que l'on pourrait appeler la défense mobile du
camp retranché de Verdun tient l'ennemi à distance des forts; elle l'a
repoussé à Champlon et a gagné sur lui, au Nord de la place.
Dans la plaine de Woëvre même, nous tenons une longue ligne depuis
Apremont jusqu'à Pont-à-Mousson. Le 21 nous pénétrions dans le bois de
Mort-Mare, au Nord de cette ligne; nous faisons un nouveau bond dans ces
bois le 23 et, le même jour, débordions la forêt dite Bois-le-Prêtre, au
Nord de Pont-à-Mousson. Nous paraissons progresser beaucoup sur cette
rive gauche de la Moselle.
Entre Nancy et la Seille nous reprenons nettement l'offensive.
Aux dernières nouvelles, nous avions chassé les Allemands entre les
forêts de Parroy, au Nord-Est de Lunéville, et de Bezange-la-Grande,
entre cette ville et la Seille, et nous pénétrions en Lorraine annexée.