Les montagnes d'Outre-Tage n'ont qu'en un bien petit nombre d'endroits
un aspect de chaînes régulières; ce ne sont pour la plupart que des
protubérances à faible saillie s'élevant au-dessus de larges plateaux à
base ravinée. L'ensemble de la contrée manque de relief et de variété;
on pourrait se croire partout au milieu du même paysage. Toute cette
région, comprise entre le Tage et les montagnes de l'Algarve, est la
moins belle du Portugal. A l'exception de la serra da Arrabida, qui se
dresse entre les deux estuaires de Lisbonne et de Setúbal, elle n'offre
que des plaines basses, des collines aux pentes monotones, des bois, des
broussailles, des landes nues, où de rares groupes d'habitations se
montrent comme des îles au milieu de la mer. Les terres basses qui
bordent la rive gauche du Tage et le littoral marin, sont formées d'une
épaisse couche de sable fin, reposant sur une argile compacte, et
portant encore çà et là des bois de pins maritimes et des bouquets de
chênes-lièges (_azinheiras_), reste des antiques forêts qui recouvraient
toute la contrée. Plus haut sont les grandes landes ou _charnecas_, avec
leur variété infinie de broussailles et d'arbustes à verdure permanente.
Ce sont des bruyères d'espèces diverses, dont quelques-unes ont jusqu'à
deux mètres de hauteur, des cistes, des genévriers, des romarins, des
myrtes et des chênes rampants, dont l'épaisse ramure, d'un verpâle,
s'élève à peine au-dessus du tapis des autres plantes. Mais la diversité
des végétaux, la multitude des fleurs roses et blanches qui les couvrent
jusqu'au milieu de l'hiver, n'empêchent pas que l'aspect général du pays
ne soit monotone et triste, à cause du manque presque absolu des
cultures. Sur les collines plus élevées, presque toutes composées de
schistes pailletés de mica, la nature finit même par devenir presque
sombre; là tout est recouvert de ces cistes (_cistus ladaniferus_) aux
feuilles résineuses. C'est le prolongement occidental de la zone des
_jarales_ qui s'étendent sur des milliers de kilomètres carrés dans la
sierra Morena et d'autres régions montagneuses de l'Espagne.
Le massif le plus élevé de la Lusitanie méridionale se trouve sur la
frontière même du Portugal, entre les vallées du Tage et du Guadiana:
c'est la serra de São Mamede, appelée aussi serra de Portalegre: ses
chaînons parallèles de roches granitiques, abritant d'étroits vallons,
où coulent, soit vers le nord-ouest, soit vers le sud-est, des affluents
des deux fleuves, atteignent plusieurs centaines de mètres au-dessus du
plateau, et même le plus haut sommet dépasse 1,000 mètres en altitude
totale. Au sud de la large dépression qu'a utilisée le chemin de fer de
Lisbonne à Badajoz, apparaît un deuxième massif granitique moins élevé,
dressé sur le plateau comme une sorte de citadelle aux mille bastions
avancés, et d'un aspect assez grandiose quand on le regarde des bords du
Guadiana, qui coule à sa base orientale: c'est la serra de Ossa, connue
également sous les noms des diverses villes qui se trouvent dans le
voisinage, Elvas, Estremoz, Evora. Elle se rattache, par les hautes
ondulations du plateau, à différentes _serras_ qui viennent abaisser
leurs escarpements aux rives du Guadiana et du Sadão et dans les plaines
uniformes dites Campo de Beja. Ces plaines se continuent, au sud, par le
célèbre «champ d'Ourique», où deux cent mille Maures, commandés par cinq
rois, eurent à subir, au milieu du douzième siècle, la désastreuse
défaite qui permit aux princes du Portugal de fonder leur monarchie.
C'est depuis cette bataille et les massacres qui en furent la
conséquence que les plaines situées au sud du Tage se changèrent en un
désert.
Toutes les hauteurs qui occupent la partie méridionale de l'Alemtejo
appartiennent au système de la sierra Morena d'Espagne. Les contre-forts
de la sierra de Aroche et ceux de la sierra de Aracena, si riches en
minerai de cuivre, s'entremêlent en un dédale de collines dans la partie
du Portugal disposée en forme de triangle irrégulier, sur la rive gauche
du Guadiana. Le fleuve ne les arrête pas; rétréci entre les parois qu'il
a rongées, il est en maints endroits réduit aux dimensions d'un canal,
et même au défilé dit _Pulo do Lobo_ ou «Saut du Loup», il descend en
rapides de rochers en rochers. C'est en aval de ce défilé seulement, à
la ville de Mertola, qu'il devient navigable pour les petites
embarcations; à peine une soixantaine de kilomètres de ce grand fleuve
peuvent être utilisés pour le transport des denrées.
A l'ouest du Guadiana, les montagnes du système marianique se continuent
parallèlement au rivage maritime. Assez basses d'abord, les chaînes sont
de simples «hauteurs des terres» ou _cumeadas_, puis elles s'élèvent
jusqu'à 500 mètres dans la serra do Malhão et dans la serra da Mezquita.
Un plateau, raviné par les torrents supérieurs de la Mira, rejoint ces
massifs à la serra Caldeirão ou du «Chaudron», ainsi nommée, dit-on, en
Portugal d'un cratère de volcan, et à la chaîne qui se termine au nord
du cap Sines par la cime de l'Ataraya ou la «Montagne du Guet». Un autre
plateau, seuil où passera le chemin de fer de l'Algarve à Lisbonne,
continue le système principal et va former la base du beau groupe de la
serra de Monchique, massif angulaire du Portugal. Au delà de ces monts,
une arête aiguë, dite «l'Échine de Chien», s'avance dans la péninsule
terminale, entre les deux mers de l'occident et du sud, et va rejoindre
les rochers de Saint-Vincent et de Sagres, jadis «sacré», d'où le nom
qu'il porte encore [216].
[Note 216: Altitudes du Portugal au sud du Tage:
Serra de São Mamede 1,025 mèt.
» de Ossa 649 »
Foya de Monchique 903 »
Ataraya 308 »
Beja (Campo de Beja) 252 »
Ourique (Campo de Ourique) 222 »
]
Pour les anciens, le promontoire Sacré était «l'éperon du navire
d'Europe». D'après les récits antiques, ceux qui allaient voir, du haut
de ce cap, le soleil se coucher dans la mer, le voyaient cent fois plus
grand qu'il ne paraît ailleurs et pouvaient entendre le sifflement de
l'astre immense s'éteignant dans les flots. Strabon se donne la peine de
discuter et de combattre cette opinion populaire, bien conforme
d'ailleurs à l'idée que les Grecs non cultivés se faisaient des bornes
du monde: comme les caps occidentaux des pays des Callaïques et des
Armoricains, le promontoire Sacré paraissait être la «Fin des Terres»;
mais, au lieu de terminer le continent du côté des brumes et des frimas,
il avait du moins l'avantage d'être tourné vers la lumière du Midi: «les
dieux, dit Artémidore, venaient s'y reposer la nuit de leurs travaux et
de leurs voyages à travers le monde.» A l'origine de l'histoire moderne,
Henri le Navigateur, le célèbre Infant, y installa son école
hydrographique, dirigée par Jacome de Majorque, et c'est de là qu'il
épiait lui-même le retour des expéditions envoyées à la recherche des
îles et à la reconnaissance des rivages lointains. Peu de localités ont,
aux yeux de l'historien géographe, plus d'intérêt que cette pointe
terminale du continent d'Europe. Les paisibles travaux auxquels on s'y
est livré pendant tant d'années pour arriver à la connaissance du chemin
direct des Indes, lui paraissent avoir plus d'importance que la
sanglante bataille navale, dite de Saint-Vincent, qui se livra dans ces
parages, en 1797, et qui se termina, au profit des Anglais, par la
destruction d'une flotte espagnole.
[Illustration: Nº 174.--PROMONTOIRE DE SAGRES.]
Les collines de Sagres appartiennent, comme celles du Tage, à la
formation volcanique; mais elles semblent avoir perdu toute activité. Un
seul phénomène géologique de la côte méridionale de l'Algarve pourrait
faire supposer qu'un lent travail intérieur se continue sous cette
région du Portugal. Une grande partie du rivage de l'Algarve est bordé
de flèches sablonneuses qui s'allongent en un deuxième rivage au devant
de la côte, de manière à former pour les petites barques une sorte
d'allée marine à l'abri des vents du large. Cette levée, bâtie par les
vagues en pleine mer, est d'autant plus curieuse qu'elle se développe
parallèlement aux rivages d'un territoire montagneux: dans presque
toutes les autres parties de la Terre où se reproduit le phénomène des
cordons littoraux, c'est au large de plaines qui s'étendent à perte de
vue dans l'intérieur de la contrée. On a remarqué, en outre, que la
plupart des cordons littoraux bordent des côtes qui subissent un
mouvement général de lente dépression: là où les campagnes riveraines
s'immergent graduellement, les flots, qui viennent se heurter sans cesse
contre le bord, reprennent les débris arénacés et les redressent en
longues plages qui marquent souvent le tracé de l'ancienne côte. Les
géologues n'ont point encore constaté directement de phénomènes de
dépression du sol dans l'Algarve portugais; mais l'existence de flèches
côtières est déjà un indice fort remarquable: il donne une grande
probabilité à l'opinion de ceux qui considèrent le littoral compris
entre le promontoire de Sagres et la bouche du Guadiana, comme situé
dans une aire d'affaissement. Les traditions, plus ou moins vagues, qui
se rapportent à un effondrement des rivages de Cádiz et à la rupture de
l'isthme d'Hercule, devenu le détroit de Gibraltar, sont une
confirmation lointaine de cette hypothèse sur les mouvements du sol
lusitanien.
[Illustration: Nº 175.--GÉOLOGIE DE L'ALGARVE.]
Le voyageur qui atteint la cime de l'une des serras qui servent de
limite méridionale aux plaines uniformes de l'Alemtejo est frappé du
singulier contraste que présentent avec le versant du nord les
déclivités de l'Algarve tournées vers le midi. D'un côté, les vastes
solitudes, presque le désert; de l'autre, les forêts de châtaigniers,
les villages se montrant çà et là sur les terrasses, les villes blanches
au bord de la mer; les flottilles de bateaux pêcheurs sur les flots
bleus. Au nord s'étend le morne espace jusqu'au vague horizon; au sud,
des paysages variés et charmants se succèdent jusqu'à la limite précise
tracée par l'écume de la houle. Le contraste n'est pas moins grand dans
le genre de vie des habitants des deux provinces. Les gens de l'Alemtejo
sont les plus graves des Portugais; ils n'aiment même pas la danse.
Très-clair-semés au milieu de leurs landes, les uns s'occupent
d'agriculture, les autres sont partiellement nomades à la suite de leurs
troupeaux de porcs et de brebis. Les bergers parcourent des bois
d'_azinheiras_ dont les glands nourrissent leurs pourceaux, puis
traversent le Tage en été pour aller dans les hauts pâturages des
montagnes du Beira; à la fin de l'automne, ils reviennent vers le sud et
font paître leurs moutons dans les fourrés de cistes qui recouvrent une
si grande partie de l'Alemtejo. De leur côté, les gens de l'Algarve,
trois fois plus nombreux en proportion de l'étendue de leur territoire,
sont obligés d'utiliser plus industrieusement le sol: ils le cultivent
en céréales, en vignes, en vergers, en jardins, et quoique la terre leur
donne amplement en échange de leur travail, ils demandent à la mer
poissonneuse un supplément de nourriture [217]. La faible population
relative de l'Alemtejo s'explique en partie par ce fait, que la plupart
des guerres ont eu pour théâtre ses vastes plaines doucement ondulées;
elle s'explique aussi par le régime de la grande propriété qui prévaut
dans cette province: le paysan ne possède point la terre; il la cultive
sans amour et les fièvres naissent des terrains où séjourne l'humidité.
Du temps de la domination romaine, ces régions étaient fort peuplées,
ainsi que le prouve la quantité de pierres à inscriptions que l'on a
découvertes éparses sur le sol.
[Note 217:
Superficie. Population en 1871. Popul. kilom.
Alemtejo 24,387 kil. car. 331,500 14
Algarve 4,850 » 188,500 39
__________________ _________ ____
29,237 kil. car. 520,000 18
]
La différence d'altitude et d'exposition a pour conséquence nécessaire
un grand contraste des climats. Sans doute les plaines de l'Alemtejo ont
quelque chose d'africain par leur monotonie même et par l'aspect général
de leur flore de plantes basses et de broussailles; mais l'Algarve, avec
ses forêts d'oliviers, ses groupes de dattiers, ses agavés, ses cactus
épineux, ses fourrés de palmiers nains, semble déjà presque tropicale.
La température moyenne y est fort élevée; sur le littoral, elle n'est
guère inférieure à 20 degrés centigrades. L'abri que la serra de
Monchique et les autres montagnes forment contre les vents du nord et du
nord-ouest, et, d'autre part, l'obstacle que les levées sableuses du
littoral opposent en maints endroits au libre passage des brises
marines, contribuent à rendre les ardeurs de l'été plus intenses. Quand
souffle le vent d'est ou «vent d'Espagne», la chaleur est très-vive et
souvent accompagnée de miasmes qui répandent la fièvre: _De Espanha nem
bom vento nem bom casamento_. «D'Espagne, ni de bon vent ni de bon
mariage,» dit le proverbe.
[Illustration: Nº 176.--FLÈCHES DE TAVIRA.]
On a longtemps cité Villanova de Portimão, au sud de la serra de
Monchique, comme la ville d'Europe dont la température moyenne serait la
plus élevée. Depuis il a été constaté que diverses localités d'Espagne
peuvent lui disputer cet honneur; mais il n'en reste pas moins vrai que
le littoral de l'Algarve appartient, avec la région du bas Guadalquivir
et des côtes méditerranéennes de l'Andalousie et de Murcie, à la zone
européenne des chaleurs les plus torrides. C'est à bon droit que cette
partie de la Lusitanie a reçu des Arabes le même nom que le littoral
marocain tourné vers l'Atlantique, et qui, plus tard, devint aussi
momentanément la conquête des Portugais: les deux moitiés du vaste
hémicycle de côtes étaient pour eux les deux pays de Gharb (Garbe), les
deux Algarves ou «régions de l'Occident» situées en dehors de la mer
Intérieure. Quoique devenu chrétien, l'Algarve portugais ou d'Aquem-Mar
(en Deçà de la Mer) a gardé son vieux nom arabe, de même que dans sa
population, restée mahométane jusqu'au milieu du treizième siècle,
persistent toujours, en dépit de la langue, les éléments berbers et
sémitiques.
Dans le haut Alemtejo, si faiblement peuplé, les villes sont peu
nombreuses et sans grande importance: elles ne seraient que de gros
villages sans le voisinage de l'Espagne et le commerce de transit dont
elles sont les intermédiaires. Crato est de nos jours la station
principale sur le chemin de fer qui rejoint le Tage et le Guadiana, de
même que sa voisine Portalegre était le grand relais sur la route de
terre. Plus au sud, Elvas, où l'on voit un bel aqueduc mauresque à
quatre rangs d'arcades, est bâtie en amphithéâtre sur les pentes de sa
montagne au milieu de vergers dont on vante les prunes, et couronnée de
citadelles, qui passaient au siècle dernier pour un chef-d'oeuvre
d'architecture militaire; elles font face à la ville espagnole de
Badajoz, ainsi qu'à la place forte d'Olivença, que les traités de Vienne
attribuaient formellement au Portugal, mais que l'Espagne n'a jamais
voulu rendre. Sur une des montagnes de la serra de Ossa s'élève
Estremoz, célèbre dans tout le Portugal par ses _búcaros_, jarres de
terre élégamment modelées et répandant une douce odeur. Montemor, aux
vieilles ruines, commande, du haut d'un sommet, l'immense étendue des
landes et des bois monotones. Evora, au centre de la province, domine
aussi de vastes plaines du haut de sa colline; située jadis sur la
grande voie romaine que reliait le bassin du Guadiana à l'estuaire de
Lisbonne, _Ebura_ ou _Ebora Cerealis_ était une ville populeuse; au
moyen âge, elle devint la deuxième résidence des rois et un lieu de
réunion des Cortes: il ne reste de sa grandeur passée qu'un bel aqueduc
romain restauré, les fragments d'un temple de Diane à colonnes
corinthiennes et d'anciens débris féodaux.
Beja, l'antique _Pax Julia_ ou _Colonia Pacensis_, n'est guère non plus
qu'une ruine du passé, tandis que dans la péninsule formée par le
Guadiana et le Chanza, un hameau, naguère inconnu, São Domingos, devient
une ville active et commerçante. Les gisements de pyrites de cuivre et
d'autres métaux qui se trouvent en abondance dans les montagnes
environnantes, prolongement occidental de celles de Rio-Tinto et de
Tharsis, sont exploités avec une grande intelligence par des industriels
anglais, et, depuis 1859, fournissent annuellement à l'industrie plus de
100,000 tonnes de minerai: elles pourraient en livrer le double; mais
leur importance provient surtout du soufre qu'elles contiennent et qui
sert à la fabrication de l'acide sulfurique. Les mines de São Domingos,
avec leur matériel de magasins, d'usines, de chemins de fer, sont
considérées comme pouvant servir de modèle à tous les travaux du même
genre. Ce sont elles qui ont rendu son mouvement au bas Guadiana, gardé
à son entrée par Castro Marim, l'ancienne place d'armes où se
préparaient les expéditions contre les Maures, et Villa Real de Santo
Antonio, naguère simple bourgade de pêcheurs. Chaque année, six cents
navires viennent franchir la barre pour prendre à Villa Real leurs
chargements de minerai. Le village de Pomarão, où vient aboutir la voie
ferrée de São Domingos, au confluent du Guadiana et du Chanza, est aussi
devenu un vaste entrepôt et un port d'embarquement très-actif.
L'ancienne capitale de l'Algarve européen, du temps des Maures, était la
ville de Silves, de nos jours fort déchue et située dans l'intérieur des
terres, loin de tout commerce. Faro, la capitale actuelle, a du moins
l'avantage d'être bâtie au bord de la mer et de posséder un port bien
abrité, mais sans profondeur, d'où les petits navires de cabotage
exportent les fruits de toute espèce, et les thons, les sardines, les
huîtres, qui font la richesse du pays. Tavira, également défendue des
vagues et des vents de la haute mer par un cordon littoral, a les mêmes
facilités de commerce et les mêmes denrées d'échange que la capitale:
c'est la plus jolie ville de l'Algarve. Loulé, située dans une charmante
vallée de l'intérieur, est aussi une cité gracieuse, et lorsque les
valétudinaires qui se rendent maintenant à Nice, à Cannes, en Algérie, à
Madère, auront appris le chemin de l'Algarve, nul doute que Loulé, Lagos
et d'autres localités voisines ne soient considérées comme des «villes
d'hiver», propices au rétablissement de la santé. Déjà les thermes ou
Caldas de Monchique sont réputés au loin, non seulement par l'efficacité
de leurs eaux, mais par la douceur du climat et la beauté des paysages.
C'est de là, dit-on, que viennent les meilleures oranges du Portugal
[218].
[Note 218: Principales villes de l'Alemtejo et de l'Algarve:
Evora 13,000 hab.
Elvas 12,000 »
Faro 10,000 »
Tavara 9,000 »
Loulé 8,500 »
Lagos 8,000 »
Portalegre 6,500 »
Beja 6,600 »
]
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