XLVII

À la suite de trois mauvaises récoltes du riz, pendant les années 1836,

1837, 1838, l'année 1839 fut une année de disette pendant laquelle les

Japonais restreignant leurs dépenses n'achetaient plus d'images, et où les

éditeurs se refusaient à faire les frais de publication d'un livre, d'une

planche séparée. En cette grève des éditeurs, Hokousaï comptant sur la

popularité de son nom, eut l'idée de composer des albums _au bout de son

pinceau_, et il trouva à vivre à peu près cette année de la vente de ces

dessins originaux vendus sans doute très bon marché.

Un de ces albums, composé de douze dessins, existe dans la collection de

M. Hayashi. Un demi-quarteron de lavis rapides, au coloriage brutal, lavis

où, sous le barbouillage hâtif, se sent le maître, dans la silhouette des

êtres et des choses. C'est Foukorokou déroulant un makimono sur lequel une

tortue vient se promener, c'est le diable déguisé en prêtre faisant sa

prière. Et ce sont aussi bon nombre de motifs déjà publiés par lui, et

qu'il répète sans pudeur: ainsi le hoche-queue sur un rocher, qui revient

si souvent dans ses dessins, ainsi le Japonais regardant s'envoler des

papillons, du _Shas-hin gwafou_.

L'album est signé: _Gwakiô rôjin manji_ (vieillard fou de dessin à l'âge

de 80 ans).

Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle · 第 59 / 154 题