Cette note sur le _Paysage à cent ponts_ est un témoignage du tempérament
poétique du peintre, et la biographie de Kiôdén affirme en effet que
Hokousaï fut un excellent poète dans la poésie Haï-kai (la poésie
populaire).
A propos du goût d'Hokousaï pour la poésie, on raconte qu'il était membre
d'une société de poètes, nommés les _sociétaires de Katsoushika_ et,
en raison de sa supériorité sur ses confrères, y exerçant une sorte de
présidence. Or dans cette société il y avait des gens de service, ignorant
que le peintre et le poète étaient le même homme, et il arriva qu'un
soir on lui apporta une lanterne dont le papier était blanc, sans aucune
ornementation; Hokousaï demanda un pinceau et dessina des tiges de
fougères, d'un trompe-l'oeil si extraordinaire que le domestique qui avait
apporté la lanterne ne put s'empêcher de crier: «Oh! vraiment, monsieur
Hokousaï, quelle disposition vous avez pour le dessin!»
On entend l'éclat de rire des _sociétaires de Katsoushika_ en train de
regarder Hokousaï peindre.