En 1799 Hokousaï publie _Azouma Asobi_, PROMENADE DE L'EST (Promenade de
la capitale de l'Est, qui est Yédo), un volume en noir, republié en trois
volumes en couleur, l'année 1802.
Des intérieurs de ville et des paysages vilainement coupés de langues
de nuages rouges, couleur de soleil couchant, dissimulant tout ce que
l'artiste ne trouve pas d'intérêt à dessiner, procédé qu'abandonna plus
tard Hokousaï.
Dans le premier volume: la vue intéressante du temple sinthoïste Shimméi
avec sa sobre architecture, et le pont de Nihon-bashi avec la foule
grouillante qui l'emplit tout le jour.
Dans le second volume: une boutique de _nori_, la plante marine comestible
dont il se fait au Japon une grande consommation; une maison de thé où
se tient sur la porte une _guésha_; une rue du quartier marchand de
Sourouga-tebô; une boutique de poupées à Jikkendana, avant la fête des
filles, avec les pyramides des caisses, le petit monde de ses vendeuses,
la queue interminable des acheteurs allant jusqu'au bout de la rue;
une teinturerie à la porte de laquelle un teinturier tend ses étoffes;
une tuilerie; l'hôtel des Hollandais, Nagasakiya, devant lequel un
rassemblement de curieux regarde trois habitants de l'hôtel à une fenêtre;
la boutique du libraire Tsoutaya, l'éditeur d'Outamaro, avec sa marque
faite d'une feuille de vigne vierge surmontée du pic de Fouzi-yama, sur
une lanterne, et ses piles d'images, et ses commis en train de faire des
rangements, et l'annonce de ses albums nouveaux sur les planches de bois
de la devanture.
Dans le troisième volume: la cour du temple Asakousa emplie de la presse
des acheteurs et des acheteuses devant les petites boutiques de la cour;
un atelier d'armurier où un ouvrier martèle une pièce et où sont suspendus
une selle, des étriers, des gants pour l'escrime du sabre.