Et alors se produit la chose la plus curieuse du monde. Des frissons
d’angoisse parcourent la nuit. Ce ne sont plus les petits flocons de
duvet qui pleuvent. Il entend autour de lui des froissements de petites
et de grandes ailes. Quelque chose s’enfuit on ne sait où, et ce qui
fuit effleure son visage, frôle ses vêtements et ses mains. Ce sont les
feuilles des arbres, les ailes des papillons, le chant des oiseaux. Il
comprend qu’au retour du soleil, tout son jardin sera dévasté, muet et
froid. L’aube se lève: il est presque étonné d’y voir encore les sombres
masses de feuillage. Il n’y manque pas un seul brin d’herbe. Ce n’est
pas le jardin qui s’est dénudé, c’est lui; il entre dans l’hiver, et son
courage de vivre l’abandonne.
«Bah, dit-il, ça passera comme tout passe. C’est trop d’histoire, en
vérité, pour un petit bout de fille!...»