Dans la campagne près de Dunsinane, et en vue d'une forêt.
_Entrent avec des enseignes et des tambours_ MALCOLM, LE VIEUX SIWARD ET
SON FILS, MACDUFF, MENTEITH, CAITHNESS, ANGUS, LENOX, ROSSE; _soldats en
marche._
MALCOLM.--Cousins, j'espère que le jour n'est pas loin où nous serons en
sûreté chez nous.
MENTEITH.--Nous n'en doutons nullement.
SIWARD.--Quelle est cette forêt que je vois devant nous?
MENTEITH.--La forêt de Birnam.
MALCOLM.--Que chaque soldat coupe une branche d'arbre et la porte devant
lui: par-là nous dissimulerons à l'ennemi notre force, et tromperons
ceux qu'il enverra à la découverte.
LES SOLDATS.--Vous allez être obéi.
SIWARD.--Nous n'avons rien appris, si ce n'est que le tyran, plein de
confiance, se tient ferme dans Dunsinane et nous y laissera mettre le
siège.
MALCOLM.--C'est sa principale ressource, car, partout où l'on en trouve
l'occasion, les grands et les petits se révoltent contre lui. Il n'est
servi que par des machines qui lui obéissent de force, tandis que leurs
coeurs sont ailleurs.
MACDUFF.--Nous jugerons justement après l'événement qui ne trompe point.
Ne négligeons aucune des ressources de l'art militaire.
SIWARD.--Le temps approche où nous apprendrons décidément ce que nous
avons et ce que nous devons. Les idées spéculatives nous entretiennent
de leurs espérances incertaines, mais les coups déterminent l'événement
d'une manière positive: c'est à ce but qu'il faut que la guerre marche.
(Ils se mettent en marche.)