A documentazione di notizie inserite nel luogo opportuno in
questo libro, (sulla confisca dei beni della principessa Cristina
Belgiojoso, perpetrata dal Governo di Vienna, e sui conseguenti
imbarazzi finanziari della profuga, ecc., ecc.) valga una lettera
inedita del _generale La Fayette_ alla _principessa_.
Nel luglio del 1832, — circa due anni prima della morte, — il
generale La Fayette, da quella La Grange, dove gli erano giunti i
primi rumori della rivoluzione del luglio 1830, mandò alla nobile
profuga una lettera indirizzandola a Ginevra. Questa lettera
particolareggiata, piena di saggi consigli premurosi, consigli di
padre, e qual padre! rivela sopratutto l'affetto del La Fayette
per la bella patriota italiana, il cui slancio per la redenzione
della patria si accordava con quello magnifico ch'egli ebbe alle
prime notizie dell'insurrezione delle colonie americane contro
gli inglesi. Parlando alla principessa degli avvenimenti politici
del giorno, il La Fayette mostra quale considerazione egli le
tributi. Il grande e candido liberale tocca del conte Carlo di
_Rémusat_, il biografo di Bacone, di Channing, ecc.; lo stesso
che dopo la rivoluzione del 1830 s'accostò al Guizot, e che fu
poi, nel 1871, chiamato dal Thiers, presidente della Repubblica
francese, al ministero degli affari esteri, e morì nel 1875.
Parla del _Sismondi_, l'illustre ginevrino, lo storico delle
Repubbliche italiane, e amico anch'esso di Cristina Belgiojoso.
— _Anastasia_ e _Virginia_, nominate dal La Fayette, ne erano
le due figlie; la prima sposata a Carlo di Latour-Maubourg, la
seconda al colonnello di Lasteyrie. Il signor _Bianchi_ era un
agente della Belgiojoso. Superfluo ripetere che la madre di
Cristina, marchesa Vittoria Gherardini, in prime nozze aveva
sposato il marchese Girolamo Trivulzio, e in seconde il marchese
Alessandro Visconti d'Aragona; e che le sorelle di Cristina,
alle quali pure allude il La Fayette, erano: Teresa, che sposò
in Francia il marchese d'Aragon, Virginia, che sposò il marchese
Bonifazio Dal Pozzo di Milano, e Giulia che sposò il marchese
Rorà di Torino. Qualche altra allusione torna dubbia e oscura.
Non così quella sul Portogallo, dove allora ferveva la guerra tra
il principe Don Pedro e il fratello Don Miguel per ristabilire
sul trono donna Maria da Gloria, figlia del primo e nipote del
secondo che l'aveva privata del regno di Portogallo. Vedi anche i
_Mémoires_ del La Fayette, pubblicate dalla famiglia in 6 volumi
(1837-1840).
Ecco ora la lettera dell'immortale guerriero della libertà
americana.
La Grange, 28 Juillet 1832.
Il est bien vrai, chère amie, que nous nous faisions une féte de Vous
voir ici; mais la lettre, qui confirme notre désappointement, est fort
loin de m'avoir causé de la peine; elle a même soulagé mon inquiétude.
Déjà, lorsque Octavie m'a dit qu'au lieu de Vous reposer à La Grange,
Vous partiriez le soir même, je me reprochais d'être cause d'une
fatigue de plus. La tendresse filiale, le besoin d'embrasser M.me Votre
mère e Vos sœurs ont triomphé des exhortations et des menaces de Vos
médecins. Mais vos amis, tout en rendant hommage à Votre impatience et
à Votre révolte contre les conseils de docteurs plus habiles que nous,
ne peuvent se défendre, dans l'état précaire de Votre santé, d'une
vive anxiété pendant le voyage. Vous avez les sermons de la prudence,
et j'espère bien que les fâcheuses prédictions ne s'effectueront pas.
J'ai pourtant grand besoin d'avoir des nouvelles de Votre arrivée
à Génève. Il serait bien fâcheux que Vos souffrances revinssent en
route, dans une auberge, et loin des médecins. Au reste, le danger
sera passé lorsque Vous recevrez cette lettre. Puisse-t-elle Vous
trouver en bonne santé, et en pleine jouissance de Votre réunion aux
objets de Votre tendresse! Vous jugez, ma chére amie, que dans cette
disposition d'anxiété pour Votre voyage, j'ai plutôt à Vous remercier
qu'à Vous reprocher de n'avoir pas fait le petit détour de La Grange.
Vous nous en dédommagerez, après Votre retour; je me flatte encore
que Vous pourrez obtenir de M.me Votre mère ce que Vous avez tant
souhaité, et qu'elle voudra bien venir à Paris. Il n'y aura plus alors
de choléra; j'ai un grand desir de lui être présenté, ainsi qu'à Vos
sœurs. Elle apprendra par Vous la très grande liberté que je pris de
lui écrire dans les premiers temps de Votre arrivée. Donnez-moi des
nouvelles de Votre colonie de Genève, et des progrès de Votre grande
affaire. Je Vous dirai que, tout en admirant le noble caractère de ma
chère et filiale amie, et persuadé comme je l'étais de la sagesse du
parti qu'elle avait pris, j'ai plus souffert que je ne Vous le disais,
des embarras de Votre situation; personne n'appreciant mieux que moi
tous les mérites de Votre pauvreté, et d'après ce que je savais par le
ministre français, l'ambassade autrichienne, Vos compatriotes et Vous,
j'eusse été bien fâché de Vous voir partir pour Milan, ou pour Vienne.
Néanmoins, j'ai senti, pendant ce long espace de temps, et malgré Votre
aimable et généreux caractère, que d'après Vos habitudes de richesse,
il êtait bien pénible de Vous trouver réduite à d'étroites privations.
Il me semble, ma chére amie, que lorsque Vous vous retrouverez en
possession de Votre fortune, il serait raisonnable d'en mettre une
partie à l'abri des caprices d'un gouvernement arbitraire. Cet avis
n'est pas seulement le résultat des préventions mutuelles, qui depuis
longtemps existent entre la Cour de Vienne et le fermier de La Grange.
J'aime à penser qu'il sera partagé par tout le monde, et surtout par
madame Votre Mère, et quoique il soit beaucoup plus agrèable de jouir
ensemble de Votre réunion que de parler d'arrangements pécuniaires,
je crois que Vous auriez grand tort, l'une et l'autre, s'il m'est
permis de le dire, de ne pas Vous en occuper sérieusement, et d'une
maniére positive. Il ne faut pas Vous exposer à voir, dans les futures
contingences, recommencer l'état de gêne et d'embarras, que Vous avez
admirablement supporté, mais dont je m'affligeais beaucoup plus que
Vous.
La société, que Vous retrouverez, absorbera votre temps et vos pensées.
Il est probable néanmoins que Vous verrez M. le comte de Sismondi.
Je Vous pris de lui parler de moi. M. de Sismondi serait fort touché
d'apprendre que son _Histoire des Français_ est le seul emprunt que
Vous ayez fait à la Bibliothèque de La Grange. Je voudrais répondre à
l'aimable lettre que j'ai reçue des trois prisonniers de Venise. Il
me semble que le meilleur moyen est d'envoyer ma réponse à Lyon, où
le père de notre ami doit se trouver à présent. Chargez-Vous de mes
tendres amitiés pour notre excellent Bianchi; j'espère qu'il reviendra
avec Vous; j'ai une si douce habitude de mes rapports avec lui, que
j'éprouverais une grande peine de les voir interrompus par son absence.
Nous n'avons point de nouvelles de Portugal: je continue à bien augurer
de l'expédition. Vous compatissez, j'en suis bien sûr, à l'anxiété
de Virginie. Elle est ici avec ses filles, Rémusat et Octavie. Le
ménage Corcelles pourra revenir dans dix ou douze jours. Anastasie et
Jenny iront bientôt passer quelques semaines avec Célestine Brigode en
Fiandre. George est venu célébrer le 29 Juillet avec son bataillon:
il se partage entre Passy et La Grange. Les nouvelles de Clémentine
sont meilleures: elle éprouve encore des crampes, mais ses forces
reviennent; ses promenades réussissent mieux. On s'occupe du retour
à La Grange où Vous nous trouverez, en grande partie, réunis. Et Vous
aussi, chère Amie, Vous êtes bien partie de cette famille qui compte
sur Vous pour obtenir de M.me Votre Mère et de Vos sœurs le bonheur que
nous nous promettons, si elles reviennent avec Vous, de les recevoir
à La Grange. Je pense que Votre mari est avec Vous, ou du moins en
Suisse: chargez-Vous de mes amitiès pour lui, et tout en le remerciant
de sa bonne intention de passer à La Grange en quittant Paris, dites
lui que j'en attends l'éxécution à son retour.
Les anniversaires seront moins animés que l'année dernière.
Vous savez par les journaux tout ce que j'aurais à Vous dire. La
pluie des protocoles de Londres ne cesse pas encore. Il en est
de même des ajournements hollandais et belges. L'Allemagne se
refuse à la discipline de la Diète de Francfort et du Triumvirat
contrerévolutionnaire. On dit que l'Autriche veut voisiner par
Constance avec le pays que Vous habitez. Quant à la France, carliste,
juste milieu, et patriotique, Vous savez où nous en sommes.
La famille me charge de ses tendresses pour Vous. Rèmusat nous arrivera
demain. Nous avons eu ces jours ci plusieurs visites polonaises. Adieu,
ma chère Amie. Votre chère et filiale lettre m'a vivement touché.
Tous mes vœux, toutes mes bénédictions Vous accompagnent, en attendant
l'inexprimable bonheur de Vous revoir.