A MADAME A***

--ENVOI DE _ROSINE ET ROSETTE_--

Ce conte fut écrit sous un climat doré

Où nous avons vécu dans un site adoré,

Près de ma mère;

Où vous m'avez soigné comme elle, de longs jours,

Adoucissant pour moi le mal, qui fait toujours

La vie amère;

Où vous m'avez guéri, toutes deux de moitié,

Où mon âme vivait, dans sa double amitié

Tout endormie;

Où d'être aimé deux fois j'ai senti la douceur,

Car elle était ma mère, et vous étiez ma soeur

Et mon amie.

Et maintenant, le rêve adorable me suit.

Je revois ce rivage où l'on entend, la nuit,

Gémir la lame,

Et j'écoute pleurer, comme un chant qui s'émeut,

Le souvenir si doux, hélas! que rien ne peut

M'ôter de l'âme!

Paris, Juin 1862.

Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866 · 第 70 / 212 题